jeudi 24 mai 2018

La carte bancaire : l'apogée avant l'extinction ?

Les spécialistes s'interrogent régulièrement sur le devenir de l'argent liquide et des bons vieux chéquiers. Mais, la carte bancaire ne pourrait-elle pas les précéder dans leur disparition ? Bien que jamais autant utilisée, partout les graines de son extinction germent. Retour sur un paradoxe.


L’usage en hausse constante de la carte bancaire
 
L’utilisation de la carte bancaire continue de progresser depuis le tournant du millénaire. Le groupe CB indique même que, depuis 2001, le nombre de paiement par carte bancaire a dépassé celui effectué par chèque. En 2016, ce sont près de 66,5 millions de cartes bancaires qui étaient en circulation en France pour 10,6 milliards d’opérations. La carte bancaire représente la moitié des paiements en volume dans l’hexagone, devant les prélèvements (18 %), les virements (18 %) ou les chèques (13 %).
 
Loin de s’essouffler, les vents porteurs sont renforcés par de constantes innovations techniques, technologiques et réglementaires. La carte bancaire profite aussi d’une concurrence accrue qui souhaite bonifier l’expérience utilisateur (gain de temps, praticité). Désormais, les banques traditionnelles n’ont plus le monopole. Les banques en ligne, les banques mobiles, les Fintech et même les acteurs non bancaires s’invitent sur ce segment, pour les particuliers comme pour les professionnels. La carte bancaire reste omniprésente dans les chiffres, parfaitement sécurisée (taux de fraude de 0,037 % en 2016), et plébiscitée par l’Union européenne comme l’atteste le plafonnement des commissions d’interchange de paiement établi à 0,3 % du montant, ce qui favorise les petits paiements chez les commerçants.
 
Fin de la carte bancaire ? Les alternatives et l'expérience utilisateur
 
Pourtant, les plus belles années de la carte bancaire pourraient être derrière elle, interrogeant même son devenir. Pour Sia Partners, deux alternatives risquent de la rendre obsolète. Certaines innovations s’attaquent d’abord à la nature même de la carte bancaire. Outre les cas du paiement biométrique et de la monnaie électronique, le virement instantané est une solution déjà proposée par le groupe BPCE depuis le 25 avril dernier. Tous les feux sont au vert pour que le virement instantané séduise les clients : paiement en temps réel de pair-à-pair ou par smartphone, démocratisation du paiement mobile par le biais d’un simple numéro de téléphone, entrée en vigueur de la DSP2.
 
Enfin, d’autres alternatives à la carte bancaire s’attaquent au support matériel (puce et codes d’identification) : e-commerce (Paypal), application mobile (Paylib, Lydia, etc.), Selfie Pay (MasterCard) et paiement par objets connectés (montres, lunettes, porte-clés, etc.). Les banques sont forcément attentives à ce qui constitue pour elles une manne d’argent substantielle. En 2015, la part des commissions totales, dont une proportion importante est issue des activités monétiques, avoisinait 40 % du produit net bancaire de l’activité de banque de détail en France. De là à sauver le soldat rémunérateur de carte bancaire…il n'est pas évident que la concurrence et les innovations leur laissent le choix.
 
Article rédigé par Olivier B. - le  - www.banques-en-ligne.fr
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

mardi 22 mai 2018

Les méthodes managériales confrontées au droit du travail français

Le management du personnel [1] redevient d’actualité à l’occasion de la sortie du livre DRH, la machine à broyer [2], sorti le 15 mars dernier.

C'est l’occasion de faire le point sur deux approches managériales les plus connues et les plus controversées : le principe de Peter et le ranking.

La première méthode est la plus connue, du fait de son ancienneté (presque 50 ans), et a été popularisée par la caricature qui en a été faite : le principe de Dilbert, avec un gros succès d’édition.
 
Le principe de Peter
 
Ce n’est rien d’autre qu’une théorie empirique basée sur les observations personnelles [3] des deux auteurs [4] aux États-Unis.

La théorie
Le livre portant le nom de ce principe est paru en 1969. Analysant divers dysfonctionnements dus à des erreurs ou à l’application de directives strictes, les auteurs en ont déduit une théorie comprenant des lois scientifiques diverses : un principe, un corollaire, un théorème, un paradoxe etc. L’existence précédant l’essence, les auteurs n’ont fait qu’habiller leurs constatations plus ou moins scientifiquement.

La démarche scientifique est pauvre, s’appuyant sur des généralités, des ressentis personnels. Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire qu'« avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité ». L'ouvrage de Peter et Hull a pu faire l'objet d'études universitaires ayant étudié sa validité par la modélisation ou par la confrontation à des cas réels, certaines concluant à sa validité complète ou partielle [5].

Le coup de gueule de Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, sur la journée de solidarité: "Tout travail mérite salaire!"



Lors de "Radio Brunet", Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, a fait en quelques instants une démonstration sur la polémique, chaque année, sur la journée de solidarité chômée par certains et travaillée par d'autres.
 
Chaque année, c'est toujours la même question: faut-il travailler en ce lundi de Pentecôte ?

dimanche 20 mai 2018

Le secteur de l’assurance est-il voué à l’ubérisation ?

C’est un fait : les habitudes des consommateurs évoluent, au même titre que leurs besoins. Les professionnels font alors en sorte d’adapter leurs offres afin de rester en phase avec cette réalité. Les services comme Netflix ont révolutionné le monde de la télédiffusion, tout comme Uber l’a fait avec les transports. Qu’en est-il du secteur de l’assurance ? Le Canada se penche sur la question.
 
 
Canadian Industrial Outlook : Banking, c’est le nom du rapport de Conférence Board du Canada dans son rapport annuel de 2018. Dans ce document, il est clairement stipulé que les attentes des consommateurs font l’objet de changements majeurs. L’évolution des technologies y est pour beaucoup, si bien que bien des secteurs n’en finissent pas de se réinventer pour rester dans l’air du temps. La question se pose alors : est-ce que le secteur des assurances sera aussi touché par cette évolution dans un futur proche ou lointain ? En tout cas, le Canada entreprend des actions pour que cela n’aille pas dans le sens d’Uber avec les transports.
 
Se réinventer, une nécessité incontournable
 
L’essor des nouvelles technologies modifie peu à peu les habitudes des consommateurs. Désormais, ils se rapprochent essentiellement des solutions rapides, pratiques, peu onéreuses, etc. Le plus souvent, cela passe par la dématérialisation.
 
D’ailleurs, la recrudescence des banques en ligne, des différents moyens de paiements et de transactions, sans oublier les ventes de produits ou services en ligne, illustre parfaitement la situation. Pour rester dans la course et espérer voir grandir leurs parts de marché, les professionnels doivent emboîter le pas et se réinventer sans cesse. Ici, l’enjeu est d’inclure les nouvelles technologies dans leurs stratégies marketing.
 
Changer la relation entre les assureurs et leurs clients
 
Le secteur de l’assurance n’y coupera pas : la relation qui lie les professionnels à leurs clients doit suivre le courant des choses, même s’il s’agit d’un secteur plus règlementé et plus complexe. Qu’il s’agisse d’assurance santé, d’assurance habitation ou autres, de nouveaux codes vont devoir s’appliquer pour permettre aux souscripteurs d’avoir une offre adaptée voire sur-mesure, avec des services instantanés et en adéquation avec les contraintes de mobilité.
 
L’investissement dans les innovations numériques devra alors figurer parmi les priorités des professionnels de l’assurance. Par exemple, il faudra mettre en place une interface pratique et opérationnelle pour mettre en contact les clients et leurs assureurs, investir dans des systèmes de cryptage des données des clients pour leur garantir la meilleure sécurité de leurs informations personnelles, etc.
 
Le Canada s’oriente vers un meilleur encadrement du métier
 
Au Canada, il est impératif que cette transition soit encadrée. D’après l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes, cela évitera que des acteurs non réglementés s’accaparent le marché, comme l’a fait Uber avec les transports. Un projet de loi a d’ailleurs été déposé en octobre 2017 par le ministre canadien des Finances, Carlos Leitão. Ce projet de loi 141 a pour vocation d’apporter des réformes au secteur financier canadien, notamment pour permettre aux professionnels de l’industrie de l’assurance de s’adapter aux solutions en ligne.
Le jeudi 17 mai 2018 à 16:43 - www.lecomparateurassurance.com

BPCE présente des résultats stables avant de changer de dirigeant

François Pérol a présenté jeudi soir les résultats trimestriels de BPCE, en légère baisse, avant de passer la main à Laurent Mignon (photo). Une fois de plus, Natixis fait figure de locomotive. - BERTRAND GUAY/AFP
François Pérol a présenté jeudi soir les résultats trimestriels de BPCE, en légère baisse, avant de passer la main à Laurent Mignon. Une fois de plus, Natixis tire son épingle du jeu.
 
Cap symbolique pour BPCE et sa banque de financement et d'investissement Natixis : jeudi soir, François Pérol a présenté pour la dernière fois les résultats trimestriels du groupe mutualiste en tant président du directoire, avant de passer la main, à partir du 1er juin à Laurent Mignon, pour l'heure à la tête de Natixis .
 
« Nous avons assuré une transition que je crois exemplaire à la tête du groupe. Je laisse un groupe qui est en bonne santé et en développement dans l'ensemble de ses métiers, et je le laisse dans d'excellentes mains », a salué François Pérol à quelques jours de  son départ pour la banque Rothschild .
 
Ce changement de gouvernance donne une note de solennité à des résultats marqués logiquement par les mêmes difficultés que celles connues par les autres banques françaises
 
Le PNB se maintient
 
A fin mars, le groupe mutualiste parvient ainsi tout juste à maintenir son produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires, à 6,01 milliards d'euros (en baisse de 0,8 %). Ses frais de gestion progressent en outre de 1,2 % (à change courant), marqués par la contribution au fonds bancaire de résolution unique (FRU) qui augmente de 31 % à 340 millions d'euros. A 605 millions d'euros, le résultat net part du groupe recule de quelque 3 % par rapport à la même période de 2017.
Marges sous pression
 
Dans le détail, la banque de proximité et assurance souffre le plus, avec un PNB trimestriel en recul de 2,9 % d'une année sur l'autre, à 4,2 milliards d'euros, malgré la bonne dynamique du crédit et de la collecte d'épargne, ainsi que le relais d'activité que constitue l'assurance. L'effet persistant des taux bas sur la marge d'intérêt devient décidément mordant pour les banques.
 
Les métiers portés par Natixis enregistrent en revanche une croissance de leur activité. Si la filiale marque le pas dans la banque dite de grande clientèle, qui comprend notamment le conseil en fusions et acquisitions, elle a, contrairement à BNP Paribas et Société Générale, tiré partie de l'instabilité des marchés en début d'année en faisant nettement augmenter ses recettes dans la gestion d'actifs.
 
Natixis en grande forme
 
Ce pôle voit ainsi ses revenus progresser de 20,2 % sur un an dans le cas de la gestion d'actifs (à change constant) pour atteindre les 777 millions d'euros. En revanche, la banque de grande clientèle souffre d'un effet de change défavorable (en raison du renforcement de l'euro face au dollar), mais maintient une activité en hausse de 1,3 % au premier trimestre 2018. Au total, la filiale cotée a dégagé un bénéfice trimestriel net de 323 millions d'euros (+15 % sur un an).
 
À noter
 
Nicolas Namias a été nommé directeur général du Groupe BPCE, en charge des finances, de la stratégie, des affaires juridiques et du secrétariat du conseil de surveillance, membre du directoire.
 
Edouard Lederer