vendredi 28 novembre 2014

Il veut en finir avec les "postures" des politiques

INTERVIEW François Pérol, le président du directoire du groupe BPCE se désole du "jeu de rôle détestable" auquel se livrent les responsables politiques.


 (ERIC PIERMONT / AFP)
(ERIC PIERMONT / AFP)

Comment qualifier la relation entre le monde politique et le business ?


Objectivement, elle est mauvaise. Dans une période récente, j’ai été frappé par la difficulté des hommes politiques à exprimer librement un point de vue et à s’engager, même dans un cercle restreint. Récemment un ministre recevait des patrons avant le sommet de Davos. Alors que c’était une occasion parfaite pour engager un dialogue libre, il a servi une langue de bois à débiter au rabot… Entre les patrons et les politiques, le dialogue n’est pas assez confiant. Les patrons ne font pas de politique, ils cherchent simplement à faire avancer leur entreprise. Ils devraient pouvoir parler des choses par leur nom sans être voués aux gémonies.

 
 
Comment améliorer cette relation ?

Il faudrait surmonter ces jeux de rôles détestables, dans lesquels les politiques attendent des patrons une opposition de principe à une réforme, pour qu’elle passe. Et en finir avec les postures. Dire que l’ennemi, c’est la finance, est par exemple une posture. Quand un pays a 2.000 milliards de dette sur les marchés, ce langage ne correspond pas à la réalité.

Quelle mesure prioritaire pour faire bouber le pays ?

Il y a une mine d’or derrière la volonté de simplification. Le discours récent va dans ce sens, mais malheureusement les actes sont différents. L’interdiction du travail à temps partiel de moins de 24 heures, la loi sur les stages, le volet de la loi Hamon sur la transmission d’entreprise, la loi pénibilité… Toutes ces mesures partent d’excellentes intentions, mais elles compliquent la vie des dirigeants. Dans notre secteur, la revue de qualité des actifs nous a demandé un travail considérable. Certaines équipes ont explosé les horaires. L’inspection du travail nous a épinglés. Résultat, tous les cadres vont être obligés de badger à l’entrée et à la sortie des bureaux. Cette mesure est mal vécue… 








jeudi 27 novembre 2014

Banque Populaire : naissance d’un poids lourd régional

La nouvelle entité adoptera le siège de Banque Populaire Lorraine Champagne à Metz -
Banque populaire lorraine champagne

La fusion de Banque Populaire Alsace avec celle de Lorraine Champagne sera entérinée ce jeudi. La nouvelle entitée formera la deuxième caisse régionale du réseau derrière la BRED.


Après l’approbation à 96% par les sociétaires alsaciens, le 18 novembre, ce sera au tour des lorrains et champardenais de valider, jeudi, la fusion des deux banques populaires pour former la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne . Avec 21 milliards d’euros de total de bilan, 600 millions d’euros de produit net bancaire et un résultat net de l’ordre de 100 millions d’euros prévisionnels en 2015, celle-ci sera la plus puissante du réseau après la BRED à Paris. Elle emploiera 3000 salariés dans 272 agences répartis sur 9 départements.

Un regroupement inéluctable

Rétroactive au 1er janvier 2014, l’opération se traduit par l’absorption par la banque de Lorraine Champagne de celle d’Alsace. Dans un contexte politique exacerbé par la réforme territoriale, lors de l’assemblée extraordinaire de Colmar un ancien administrateur s’est ému de la « subite fusionnite » et de « la liquidation d’une entreprise alsacienne de plus ».

Anticipant les critiques, le président Thierry Cahn, pressenti pour prendre la tête du nouvel établissement aux côtés de Dominique Wein, actuel directeur général de la BPLC, a souligné que ce regroupement était inéluctable compte tenu des nouvelles contraintes réglementaires. L’actuelle directrice générale de la Banque populaire d’Alsace, Christine Jacglin, a par ailleurs assuré que, si le siège strasbourgeois disparaissait au profit de celui de Metz, Strasbourg conserverait des fonctions importantes et centrales, tandis que le pôle de Mulhouse-Sausheim serait spécialisé dans la numérisation et les moyens de paiement.

Pas de plan social

Les dirigeants des deux établissements actuels se sont par ailleurs engagés à ce qu’il n’y ait pas de plan social. Un message déjà délivré aux partenaires sociaux alsaciens fin juillet, mais qui n’avait pas empêché un « avis réservé » de leur part sur les modalités. A l’inverse, les représentants du personnel avaient salué la cohérence économique du projet de fusion.

Cette fusion n’est peut être pas la dernière. Annoncée depuis déjà longtemps et encore récemment démentie, celle des Caisses d’Epargne Lorraine Champagne-Ardenne et Alsace, « ne serait plus tabou », selon un observateur lorrain qui déclare « les mêmes causes provoquant souvent les mêmes effets »...
Christian Lienhardt et Pascal Ambrosi - Les Echos.fr
correspondants à Strasbourg et à Nancy

Cap sur l'environnement

 MINISTRES, ÉLUS, ONG, ET SYNDICATS SONT RÉUNIS À PARIS

Le nouveau rendez-vous, présidé par François Hollande, doit faire de la France la nation de l’excellence environnementale. La 3 e conférence environnementale, organisée jusqu’à demain, permettra d’étudier des pistes nouvelles pour rendre la France plus verte. Une mise au vert générale. Autour de François Hollande, ministres, parlementaires, syndicats, collectivités, entreprises et ONG ont rendez-vous aujourd’hui et demain à Paris pour la 3 e conférence environnementale.

 Le but : fixer le cap « écologique » pour les douze prochains mois, avec en point de mire, fin 2015, la 21 e conférence climatique mondiale dont la France sera l’hôte. [...] suite

LA CFTC SE MOBILISE

Ils ont, eux aussi, leur mot à dire sur la question. Les représentants des organisations syndicales seront présents à la conférence. Selon la CFTC, l’année 2015 devrait être celle d’une « plus grande prise de conscience » de la cause environnementale.

Ainsi, la confédération s’engage à intégrer dans ses revendications, en parallèle des dimensions sociales et économiques, un « pilier écologique » qui est devenu aujourd’hui « incontournable ». Par ailleurs, toujours selon la CFTC, une nouvelle approche de la croissance, et de la nature des investissements qui y sont attachés, doit être prise en compte pour l’avenir.

Extrait de la page 4 : Grand angle WWW.DIRECTMATIN.FR N°1592 

mercredi 26 novembre 2014

Plans sociaux: Le projet de loi Macron veut faciliter les licenciements collectifs

Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron à Tokyo le 25 novembre 2014
Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron à Tokyo le 25 novembre 2014 - Yoshikazu Tsuno AFP


«Aberrant». Philippe Louis le président de la CFTC, n’en revenait pas ce mardi en apprenant les nouvelles dispositions du projet de loi Macron sur l'activité visant à faciliter les plans sociaux.

«Coup de boutoir»

Selon les informations de l’AFP, plusieurs articles du projet qui doit être présenté le 10 décembre en Conseil des ministres prévoient en effet de modifier en profondeur les conditions entourant les licenciements collectifs en faveur des entreprises. Parmi eux figure notamment la possibilité pour l'employeur de fixer unilatéralement les critères d'ordre des licenciements, sans accord des syndicats.

Le projet stipule également que dans les entreprises en redressement ou liquidation, le plan social devra être proportionné «au regard des moyens dont dispose l'entreprise» et non plus du groupe auquel elle appartient. Enfin, lorsque le feu vert administratif instauré depuis la réforme de juillet 2013 est annulé pour «insuffisance de motivation», cette annulation sera «sans incidence sur la validité du licenciement et ne donne(ra) pas lieu au versement d'une indemnité à la charge de l'employeur», prévoit le texte.

«Nous n’étions pas du tout informés de ces mesures: je ne vois pas comment on peut ainsi modifier l’équilibre de l’accord sur la sécurisation de l’emploi conclu par les partenaires sociaux en 2013 sauf à annuler purement et simplement cet accord», a réagi le patron de la CFTC, qui dénonce un «coup de boutoir» totalement contraire au «dialogue social» pourtant prôné par le gouvernement.

Les syndicats «consultés» jeudi

Si ces articles sont passés relativement inaperçus, ils constituent pourtant une «grave remise en cause du droit du travail», a réagi pour sa part à l’AFP Judith Krivine, avocate de la CGT au sein du cabinet Dellien. Ces dispositions «visent à contrer des juridictions administratives qui ne seraient pas favorables aux entreprises» et y voit «un nouveau geste au Medef».

«Quand on sait comment les capitaux peuvent passer facilement d’un établissement à une entreprise et à un groupe, on imagine facilement combien il sera facile aux entreprises de prétendre ne plus rien avoir à verser aux salariés dans les négociations», souligne Philippe Louis.

Du côté des entreprises, Déborah David, juriste chez Jeantet Associés, a salué au contraire auprès de l’AFP des «dispositions très positives» permettant de «corriger les imperfections de la loi de sécurisation de l'emploi» et de «remettre les juridictions administratives sur le droit chemin»

Contacté par l’AFP, Bercy a tenté de temporiser arguant que le «but» est de «ne pas faire invalider des PSE entiers pour des motifs de pure forme d'une décision administrative extérieure à ce PSE». Les partenaires sociaux «seront consultés» sur les modifications jeudi, lors d'une réunion de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), précise-t-il.


Claire Planchard - 20minutes.fr


mardi 25 novembre 2014

L'obligation d'employer des travailleurs handicapés est renforcée

L'obligation d'employer des travailleurs handicapés est renforcée
Firma V - Fotolia
 Les employeurs ont désormais l'obligation d'inscrire un plan de maintien des travailleurs handicapés, au sein des accords conclus dans l'entreprise.

Dès qu'elles emploient au moins 20 salariés, les entreprises qu'elles soient publiques ou privées, doivent employer des travailleurs handicapés et autres bénéficiaires de l'obligation d'emploi à hauteur de 6 % de leur effectif total.

Pour s'acquitter de cette obligation, l'employeur peut embaucher directement des personnes handicapées en CDI ou en CDD (Contrat à durée indéterminée ou déterminée), à temps plein ou à temps partiel, mais également dans le cadre de contrats d'apprentissage, ou de contrats de professionnalisation.

Des exonérations possibles


L'employeur peut également se libérer de son obligation d'emploi en versant une contribution financière à l'Association pour la gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) ou conclure un accord de branche, de groupe, d'entreprise ou d'établissement agréé prévoyant la mise en oeuvre d'un programme annuel ou pluriannuel en faveur des travailleurs handicapés.

Ce programme annuel ou pluriannuel doit obligatoirement comporter un plan de maintien dans l'entreprise afin de développer les démarches préventives contre le risque de désinsertion professionnelle des salariés handicapés.

Stéphanie Alexandre - Le Particulier.fr

Icade et Banque Populaire Rives de Paris

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
   
Paris, le 24 novembre 2014
   
Icade et Banque Populaire Rives de Paris inaugurent Pushed Slab, 19.000 m² de bureau dans le 13ème arrondissement à Paris. 
        
Jean-Paul Dumortier, Président de Banque Populaire Rives de Paris, Yves Gevin, Directeur Général de Banque Populaire Rives de Paris et Serge Grzybowski, Président-directeur général d'Icade, ont inauguré l'immeuble tertiaire Pushed Slab en présence de Jérôme Coumet, Maire du 13ème arrondissement de Paris, de Son Excellence Monsieur Ed Kronenburg, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en France, et de Winy Maas, l'architecte du projet.

Lancé en 2012, cet immeuble de 19.000 m² sur 6 étages a fait l'objet d'une acquisition en VEFA par Banque Populaire Rives de Paris. Cet immeuble de bureaux s'intègre au programme général de la ZAC de la Gare de Rungis, comprenant des logements, un EPHAD, une crèche et un jardin public.

Conçu par l'architecte Néerlandais Winy Maas, de l'agence MVRDV, l'immeuble est un symbole architectural fort : deux grandes mains imaginaires venant pousser littéralement les étages jusqu'à leur point de rupture pour ouvrir une fenêtre urbaine entre Paris et sa première couronne, de façon à ménager des vues et proposer des terrasses à tous les niveaux.

Inscrit dans le Plan Climat de la ville de Paris, Pushed Slab est l'un des premiers bâtiments tertiaires certifiés HQE à avoir obtenu le label BBC à Paris. Grâce à sa façade en bois, le bâtiment réduit significativement son bilan carbone. L'installation de panneaux solaires en toiture et l'utilisation de matériels à grande efficacité énergétique (centrales de traitement d'air et terminaux implantés dans les bureaux), permettront de diviser par deux les consommations de l'immeuble, par rapport à celles d'un bâtiment conforme à la RT 2005, et assureront la production de 90MW/an.

La Banque Populaire Rives de Paris se félicite du succès commercial de l'opération, l'immeuble ayant d'ores et déjà trouvé un locataire de grande qualité pour la quasi-totalité de sa surface.

A PROPOS D'ICADE 
        
Société immobilière d'investissement cotée et filiale de la Caisse des Dépôts, Icade est un acteur majeur du Grand Paris et du développement territorial capable d'apporter des solutions globales, durables, innovantes et adaptées aux besoins de ses clients et aux enjeux de la ville de demain.
   
Contact : Marianne de Battisti - Membre du Comité exécutif en charge des Grands comptes, des Relations Institutionnelles et de la Communication -01 41 57 70 30- marianne.de.battisti@icade.fr    

A PROPOS DE BANQUE POPULAIRE RIVES DE PARIS 
        
La Banque Populaire Rives de Paris est une banque régionale coopérative du groupe BPCE. Présente sur sept départements d'Ile-de-France et l'Oise, elle accompagne toutes ses clientèles, particuliers, professionnels et entreprises, à travers un réseau de 230 agences.
   
Forte de plus de 680 000 clients - dont un sur trois est sociétaire - elle affichait, fin 2013, un
produit net bancaire de 526,4 millions d'euros et un résultat net de 83,3 millions d'euros.

Elle s'appuie sur l'expertise de près de 2 620 collaborateurs pour poursuivre une politique de développement basée sur la capacité à accompagner tout ceux qui participent au développement économique et social de son territoire.

Contact : Dominique Ziegler - Directrice Générale Adjointe, Secrétaire Générale 
        
01 73 07 48 46 - dominique.ziegler@rivesparis.banquepopulaire.fr


Zone Bourse.com



lundi 24 novembre 2014

Affaire Pérol : l’Elysée s’était « affranchi des règles »

Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'économie et des finances, au côté de son directeur de cabinet, Claude Guéant, et du directeur de cabinet adjoint, François Pérol, le 07 octobre 2004 à Bercy.
Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'économie et des finances, au côté de son directeur de cabinet, Claude Guéant, et du directeur de cabinet adjoint, François Pérol, le 07 octobre 2004 à Bercy. | PASCAL PAVANI / AFP

L’affaire Pérol, avec ses manœuvres, ses intrigues, son non-respect des règles déontologiques est emblématique des années Sarkozy. Elle est aussi typique de ces affaires dans lesquelles les proches de l’ancien président sont rattrapés par les juges, quand l’ancien chef de l’Etat, protégé par son immunité, échappe à toute poursuite.


Le 7 novembre, le parquet national financier demandait le renvoi de François Pérol, président du groupe bancaire BPCE et ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, devant le tribunal correctionnel pour « prise illégale d’intérêts ». Dans le réquisitoire définitif – un document de 69 pages – dont Le Monde a pu prendre connaissance, Nicolas Sarkozy n’est jamais directement mis en cause. Il y est toutefois omniprésent.

Lire aussi : L’affaire Pérol, une plongée dans le système Sarkozy à l’Elysée

En cet hiver 2009, où la planète traverse la plus grave crise financière depuis 1929, où les Bourses menacent de plonger chaque matin, la décision de M. Sarkozy de nommer son conseiller économique à la tête du nouveau groupe Banque populaire Caisses d’épargne est sans appel. Bernard Comolet et Philippe Dupont, les patrons des deux banques ainsi fusionnées, le comprennent, ce 21 février 2009, lorsque le président leur expose son plan.

L’information fuite, l’affaire Pérol éclate aussitôt. La loi en France interdit à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu’il a surveillée ou conseillée dans les trois ans précédant son passage du public au privé.

Par   - Le Monde.fr

jeudi 20 novembre 2014

Modernisation du dialogue social

20 novembre 2014 - Pantin

Les propositions de la CFTC

Dans le cadre de la prochaine séance de négociation du 21 novembre relative au dialogue social, la CFTC, favorable aux évolutions permettant de développer la proximité et la subsidiarité dans le respect de la hiérarchie des normes, remettra ses propositions.

Pour les entreprises dont l'effectif est inférieur à 50 salariés, la CFTC souhaite :

• Un droit à une représentation effective pour les entreprises de moins de 11 salariés avec la mise en place de commissions paritaires interprofessionnelles régionales et d'une sous-commission en charge des questions de l'hygiène et de la sécurité au travail ;
• De 11 à 20 salariés, le maintien des délégués du personnel, quand ils existent déjà dans l'entreprise ;
• De 20 à 49 salariés, la CFTC préconise le statut quo;
• La création d'un droit à la participation aux bénéfices pour tous les salariés.

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, la CFTC demande :

• La mise en place d'un CHSCT central pour les grandes entreprises à établissements multiples ;
• La représentation des salariés dans les conseils d'administration ;
•  La mise en place d'une formation aux opportunités et contraintes environnementales de l'entreprise.

La reconnaissance du fait syndical et des mandatés : Il est nécessaire de mettre en avant la valeur ajoutée qu'apporte l'exercice d'un mandat pour l'entreprise et reconnaître les compétences acquises par le salarié dans le cadre de ses activités syndicales. La poursuite de l'activité professionnelle à l'issue du mandat doit être facilitée par la reconnaissance institutionnelle des compétences acquises pendant l'exercice des activités syndicales. La CFTC considère qu'une partie de cette certification doit être validée par l'employeur et l'organisation syndicale à laquelle le militant est adhérent.
 
>> Pour connaître le détail de ces propositions en PDF, cliquez ici

mercredi 19 novembre 2014

Banque Populaire : la fusion Alsace Lorraine Champagne quasi effective

Logo de la Banque Populaire
CC Miss Rogue / Flickr
Les sociétaires de la Banque Populaire d’Alsace ont validé mardi en assemblée générale extraordinaire le projet de fusion avec la caisse régionale Lorraine-Champagne. Il ne reste plus que l’approbation du projet par les sociétaires de cette dernière, le 27 novembre, pour que la fusion soit effective.

La Banque Populaire n’attend pas que la réforme territoriale soit en vigueur pour fusionner Alsace, Lorraine et Champagne-Ardennes. Concrètement, il s’agit d’une « fusion-absorption » de la banque locale d’Alsace par sa voisine. Cette dernière se transformera en Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne. La future entité couvrira ainsi un territoire relativement proche de la future région Champagne-Ardennes Lorraine Alsace, simplement amputée du département des Ardennes, couvert par la Banque Populaire du Nord.

Le processus de fusion a été lancé au début de l’année avec l’annonce par le groupe BPCE (Banque Populaire-Caisse d’Epargne) d’une étude de faisabilité. Le projet suit actuellement le calendrier prévu : une adoption par les assemblées générales en novembre, le projet ayant pour l’heure été voté en Alsace selon les DNA, et une réorganisation opérationnelle et informatique au printemps 2015.

Fusion « comptable et fiscale » rétroactive

La « date de réalisation » de l’opération est prévue selon le traité de fusion au 27 novembre 2014, date de l’assemblée générale de la Banque Populaire Lorraine-Champagne, à condition que les toutes les conditions soient remplies. D’un point de vue « comptable et fiscal », la fusion sera effective de façon rétroactive au 1er janvier 2014.

Ce traité de fusion, établi le 29 juillet et signé par les dirigeants des deux banques locales, cite parmi les objectifs de ce rapprochement :
  • « Viser un positionnement tarifaire qui tienne compte des marchés régionaux et des concurrences locales ».
  • « Prendre des ''tickets'' importants dans un marché régional avec de grandes entreprises ».
  • « Viser une ambition de performances financières de premier plan au sein du groupe BPCE ». Si la Banque Populaire d’Alsace réfute dans le traité de fusion être « en état de cessation de paiements », il a été indiqué dans la presse que ses résultats financiers sont moins bons que ceux de sa voisine.
Par Benoît LETY - cbanque.com

samedi 15 novembre 2014

BANQUE DE LA REUNION : Information financière trimestrielle - Troisième trimestre 2014

Confirmation des bonnes performances commerciales et financières

Saint-Denis, le 14 novembre 2014

- Poursuite de la dynamique commerciale : + 6 300 nouveaux clients
- Progression du PNB : +5,5 %
- Coût du risque bien maîtrisé en diminution de + 50 %
- Des résultats en augmentation de +18 %


(Comptes individuels en normes françaises : données non auditées)    
 En millions d'euros T3 2013 Cumul au 30/09/2013 T3 2014 Cumul au 30/09/2014 Variation   
Cumul   
    
  Evolution du PNB 22,3 68,6 23,8 72,3 5,5%  

 

La Banque de la Réunion réalise l'essentiel de son activité, directement ou indirectement, dans le secteur de la banque de détail à l'île de la Réunion et à Mayotte.

Dans un contexte économique qui reste difficile, la Banque de la Réunion poursuit sa stratégie de développement tout en continuant à s'impliquer fortement dans le financement de l'économie régionale.

L'activité commerciale
  • La Banque de la Réunion continue de renforcer sa présence sur le Département grâce à une politique de conquête dynamique : près de 6.300 nouveaux clients sont venus enrichir le  fonds de commerce de la banque depuis le début de l'année. Tant sur le marché des particuliers que sur le marché des professionnels et des entreprises, ce développement du fonds de commerce s'accompagne d'une intensification de la relation commerciale.
     
  • Les encours de collecte globale ont enregistré une croissance soutenue sur un an de       +5 %. Les encours de collecte bilancielle s'établissent à 1 613 M€ soit +5 % par rapport au 30/09/2013. Cette hausse est portée essentiellement par l'épargne règlementée +21 M€ (livrets A, PEL et LDD) et les CAT/CDN +55M€. Cette collecte permet à la banque de financer les projets de ses clients. Par ailleurs, les encours d'assurance-vie et de titres ont aussi enregistré de bonnes performances, +5% sur la même période.
     
  • Les encours des crédits accordés à la clientèle sont en progression par rapport au 30/09/2013 soit +4,3 % s'établissant à 2 013 M€ au 30/09/2014 dont +6,4 % sur les crédits à l'habitat, +1,7 % sur les crédits à la consommation, +5,7 % sur  les crédits d'équipement aux entreprises.
Les résultats financiers
  • Le Produit Net Bancaire (PNB) s'élève à  72,4 M€ au 30/09/2014 soit + 5,5 %  par rapport  au 3ème trimestre 2013. Ce chiffre traduit une bonne résistance de l'activité dans un contexte de croissance faible et de taux historiquement bas avec des commissions qui évoluent de +3,5 % (hors éléments exceptionnels).
     
  • Les frais de gestion s'établissent à 46,1 M€ en hausse de +3,3 % par rapport au 30 septembre 2013 et restent contenus.
     
  • Le Résultat Brut d'Exploitation atteint 26,2 M€ contre 23,9 M€ au 30 septembre 2013 soit +9,4%.
     
  • Le coefficient d'exploitation passe de 65,1 % au 30/09/2013 à 63,8 % au 30/09/2014 en amélioration de 1,3 point.
     
  • Le coût du risque est bien maîtrisé et s'établit à 1,4 M€ au 30/09/2014 contre 2,9 M€ au 30/09/2013.
     
  • L'évolution mesurée des charges générales d'exploitation, associée à un net recul du coût du risque permet de dégager un résultat net à + 20,6 M€ au 30/09/2014 contre 17,4 M€ au 30/09/2013.
Les perspectives

Dans un environnement économique contraint, la Banque de la Réunion conforte sa dynamique de croissance. Elle reste pleinement engagée dans son plan stratégique 2014-2017 poursuivant sa démarche de développement de banque multicanal, d'amélioration continue de ses process et des services offerts à sa clientèle.

A propos de :


La Banque de la Réunion est une entreprise du Groupe BPCE IOM, le pôle de banques commerciales à l'outre-mer et à l'international du Groupe BPCE.


Le Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en France, s'appuie sur deux réseaux de banque commerciale autonomes et complémentaires : celui des 20 Banques Populaires et celui des 17 Caisses d'Epargne. Dans le domaine du financement de l'immobilier, il s'appuie également sur le Crédit Foncier de France. Il est un acteur majeur de la banque de financement, de la gestion d'actifs et des services financiers avec Natixis. Le Groupe BPCE compte plus de 37 millions de clients et bénéficie d'une large présence en France avec 8 200 agences, 127 000 collaborateurs et plus de 7 millions de sociétaires.



Contact presse  BANQUE DE LA REUNION Bernard VITRY

vendredi 14 novembre 2014

Travail dominical : est-ce que le volontariat n'est pas subi ?

REPLAY - Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC et Sophie de Menthon, présidente du mouvement ETHIC, ont commenté la libéralisation du travail du dimanche, prévue par le projet de loi d'Emmanuel Macron.


Défendu par le ministre de l’Économie, le projet de loi pour "l'activité et l'égalité des chances économiques", prévoit de libéraliser le travail du dimanche et du soir. À l'approche de la réforme Macron, qui sera examinée à l'Assemblée avant la fin de l'année, les salariés des grands magasins parisiens sont inquiets. Avec l'appui des syndicats, ils organisent une manifestation de rue aujourd'hui au cœur de la capitale. Face à ce foyer de tension, une question se pose : le volontariat n'est-il pas imposé par les patrons ?

Pour Joseph Thouvenel, ne pas travailler le dimanche est un "choix de société". Le secrétaire général adjoint de la CFTC veut une société, où pour un temps, la production et la consommation sont mises entre parenthèses pour laisser place à la vie familiale, associative, personnelle et spirituelle.

Il rappelle que le volontariat existait au XIXème siècle. On contractait librement, et celui qui pouvait donner du travail a imposé tout ce qu'il voulait à celui qui n'en avait pas.

"Tant qu'il y a une subordination dans le contrat du travail, le volontariat a toutes ses limites".
Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC

Étant favorable au travail dominical et nocturne, Sophie de Menthon souligne que chaque emploi est utile aux salariés ou aux jeunes qui veulent payer leurs études. La présidente du mouvement ETHIC assure que cela favorise la création d'emplois. Selon le Medef, entre 30 et 40.000 emplois pourraient être créés.

"Peu importe le nombre exact d'emplois créés, il faut arrêter d'empêcher l'emploi, où qu'il soit". Sophie de Menthon, présidente du mouvement ETHIC
"S'il y a un chômeur et qu'on a envie de le prendre pour 20 heures par mois, il aura un pied dans l'entreprise, c'est utile. Il faut pouvoir bosser quand on veut bosser", insiste Sophie de Menthon. Toutefois, elle reconnaît qu'"il y a forcément des mauvais cas où on a obligé un tel ou une telle à travailler".


par Christelle Rebière , Vincent Parizot  - RTL.com

mardi 11 novembre 2014

BPCE: Pérol est-il indispensable?

Paradoxalement, au moment où le coriace patron du groupe est rattrapé par la justice, son bilan n’a jamais été aussi fort. Partira ? Partira pas ? Lui nous assure rester tant qu’il ne s’ennuie pas.
François Pérol, le patron de la BPCE. (c) Sipa
François Pérol, le patron de la BPCE. (c) Sipa


Sale nouvelle pour François Pérol. L’affaire qui l’empoisonne depuis 2009 et dont il s’était cru, un temps, débarrassé, devrait déboucher sur un procès. Vendredi, le parquet national financier (PNF) a confirmé l’enquête menée par le juge Roger Le Loire, qui devrait renvoyer le dossier devant le tribunal correctionnel.

En février 2009, l’inspecteur des finances avait accepté de prendre la tête du groupe issu du mariage entre les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne. Des conditions de nomination frappées par une faute originelle, ont attaqué les syndicats CGT et SUDBPCE, qui ont finalement convaincu les magistrats...

Secrétaire général-adjoint de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, François Pérol avait suivi les négociations sur la fusion entre les Caisses d'épargne et les Banques populaires. D'où sa mise en examen pour «prise illégale d'intérêts»: la loi interdit à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée dans les trois années précédant son passage du public au privé. Ce délit est passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Succès managériaux

Paradoxalement, au moment où le coriace patron du groupe BPCE est rattrapé par la justice, son bilan n’a jamais été aussi fort. Unifié, pacifié, le groupe a retrouvé une jolie rentabilité. Sur les neuf premiers mois de l’année, BPCE a dégagé 2,5 milliards de résultat net, un chiffre en progression de 8,2%. François Pérol avait pris la barre d’un navire qui tanguait fortement, il lui a aussi redonné du lest: sous-capitalisé en 2009, BPCE affiche dorénavant un ratio de fonds propres «durs» de 11,5%.

Autre trophée à son tableau, ce fin négociateur –ex-banquier chez Rothschild– vient de boucler avec succès des tractations sensibles et complexes avec la CNP, la filiale d’assurance-vie de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). A partir de 2016, les contrats souscrits par les clients des Caisses d’Epargne seront « fabriqués » et gérés par Naxitis (filiale de BPCE) et non plus par la CNP. La compagnie d’assurance a avalé cette pilule amère en contrepartie  d’une flopée de garanties. BPCE peut donc déployer, sans boulet au pied, une stratégie de bancassureur. Bien joué.

L'humeur du conseil

Ce bon bilan jouera-t-il en faveur de François Pérol ou contre lui? Le conseil de surveillance du groupe, qui lui avait apporté un soutien immédiat en apprenant sa mise en examen le 6 février, pourrait envisager le contexte sous deux angles. D’un côté, comme la situation s’est normalisée,  ce patron à poigne, doté d’un humour redoutable, apparaît moins indispensable qu’il ne l’était en plein tumulte. Après un patron de crise, BPCE pourrait se contenter aujourd’hui d’un  gestionnaire.

François Pérol, lui confie à Challenges avoir encore du pain sur la planche: la digitalisation des agences, confrontées à une baisse de fréquentation; un programme d'acquisition et de gestion d'actifs; et des ambitions à l'international, notamment en Afrique. «Si je m'ennuie, je m'en vais», dit-il. C'est donc loin d'être la cas.

D’un autre côté, les patrons des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, qui forment le gros du Conseil (14 membre sur 18), peuvent considérer qu’ils n’ont aucune raison de désavouer un patron à qui ils doivent beaucoup. Chez BPCE, on se refuse à tout commentaire sur une procédure en cours.


Delphine Déchaux, pour ChallengeSoir - Challenges.fr

lundi 10 novembre 2014

Route du Rhum : Banque Populaire VII, une machine à avaler des milles

Le skipper français Loïck Peyron, vainqueur de la 10e édition de la Route du Rhum, à son arrivée à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à bord de son trimaran Banque Populaire VII, le 10 novembre 2014 ( AFP / Nicolas Derne )
Le skipper français Loïck Peyron, vainqueur de la 10e édition de la Route du Rhum, à son arrivée à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à bord de son trimaran Banque Populaire VII, le 10 novembre 2014 ( AFP / Nicolas Derne )


Le trimaran Banque Populaire VII, avec lequel Loïck Peyron a remporté lundi la 10e édition de la Route du Rhum, est un multicoque océanique conçu à l'origine pour être mené par une dizaine d'équipiers et qui s'est révélé une formidable machine de course en solitaire.

C'est aux commandes de ce même bateau, conçu par le cabinet VPLP et alors appelé Groupama 3, que Franck Cammas avait remporté la dernière édition de la Route du Rhum, en 2010.

Avant cela, ce +TGV+ (trimaran à grande vitesse) avait battu une série de records en équipage: le Trophée Jules-Verne en 2010 (tour du monde sans escale et sans assistance, en 48 j 07 h 44 min), traversée de l'Atlantique d'ouest en est (4 j 03 h 57 min) en 2007 et plus grande distance parcourue en 24 heures (854 milles) en 2009.

Construit par le chantier CDK et mis à l'eau en 2006, racheté par Banque Populaire en avril 2013, cette machine à avaler des milles a été modifiée (allégée) et optimisée pour être menée en solitaire.


Le skipper français Loïck Peyron à la barre de son trimaran Banque Populaire VII, lors de la 10e édition de la Route du Rhum, le 2 novembre 2014 à Saint-Malo ( AFP/Archives / Damien Meyer )
Le skipper français Loïck Peyron à la barre de son trimaran Banque Populaire VII, lors de la 10e édition de la Route du Rhum, le 2 novembre 2014 à Saint-Malo ( AFP/Archives / Damien Meyer )
Le bateau devait à l'origine être skippé par Armel Le Cléac'h mais celui-ci s'était blessé pendant l'été et Peyron l'a remplacé au pied levé.



Caractéristiques:

Longueur: 31,50 m
Largeur: 22,50 m
Tirant d'eau: 5,70 m
Tirant d'air (hauteur du mât): 35 m
Déplacement: 18 tonnes
Voilure au près: 411 m2
Voilure au portant: 678 m2
Matériaux: Carbone/Nomex


 - Boursorama.com



vendredi 7 novembre 2014

Le Parquet requiert le renvoi de François Pérol en correctionnelle

Le président du directoire de BPCE a été mis en examen le 6 février sur les conditions de sa nomination à la tête du groupe.

Le Parquet national financier (PNF) a requis, ce vendredi, le renvoi en correctionnelle pour prise illégale d'intérêts de François Pérol, président du directoire de BPCE, qui réunit les Caisses d'épargne et les Banques populaires, selon une source judiciaire.

Une porte-parole du groupe BPCE s'est refusée à tout commentaire.

Le juge d'instruction devra désormais communiquer ce réquisitoire aux parties qui ont un mois pour présenter des observations ou des demandes d'actes. A l'issue de ce délai, il pourra rédiger son ordonnance de renvoi ou de non-lieu.  François Pérol a été mis en examen le 6 février 2014 dans le cadre d'une enquête sur les conditions de sa nomination à la tête du groupe, maison mère de la banque Natixis, après avoir passé deux années à l'Elysée comme secrétaire général adjoint, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

jeudi 6 novembre 2014

Renouvellement du CHSCT: revirement de jurisprudence

Dans un arrêt du 8 octobre 2014, la Cour de Cassation est revenue sur la date à laquelle l'employeur pouvait organiser l'élection des membres du CHSCT.

La Cour de cassation opère un revirement de sa jurisprudence sur le calendrier de renouvellement du CHSCT.

L'article R4613-6 du Code du travail prévoit que lorsque les mandats des membres du CHSCT viennent à expiration, le collège désignatif doit se réunir dans un délai de 15 jours à compter de la date d’expiration des mandats.

En application de ce texte, la Cour de cassation estimait que l’employeur ne pouvait pas organiser le vote du collège désignatif avant la date d’expiration des mandats, sinon la désignation était nulle (cass. soc. 14 janvier 2004, n° 02-60225).

Cependant, cette solution ne permettait pas d’assurer la permanence du comité.

Désormais, la Cour de cassation estime que l’employeur peut réunir le collège désignatif avant le terme ultime des mandats en cours mais que les désignations ainsi effectuées ne peuvent prendre effet qu’au terme de ces mandats (les juges insistent sur ce dernier point).

Source : Cass. Soc. 8 octobre 2014, n° 13-60262

mercredi 5 novembre 2014

Délégué du personnel : intervenir auprès de l’inspection du travail

Juritravail
 

Dans l'exercice de leur mission représentative, les délégués du personnel disposent de différents moyens d'action. Ils sont ainsi l'interlocuteur de l'inspecteur du travail, qu'ils peuvent saisir de tout problème relatif à l'application du droit du travail dans l'entreprise. Ce sont également eux qui accompagnent l'inspecteur ou le contrôleur du travail lors de ses visites dans les locaux de l'établissement.

Les délégués du personnel peuvent donc intervenir auprès de l'inspection du travail de plusieurs façons.

La saisine de l'inspecteur du travail
Sur l'application de la législation du travail

Dans le cadre de leur mission, les DP présentent à l'employeur les réclamations, qu'ils reçoivent d'un ou plusieurs salariés, relatives à l'application du Code du travail et de l'ensemble des dispositions légales qui concernent les droits des salariés (protection sociale, santé, sécurité…).

En outre, ils saisissent également l'inspecteur du travail de toutes plaintes qu'ils reçoivent des salariés ou de toutes observations qu'ils estiment nécessaires  au sujet de l'application du droit du travail (1).

L'inspecteur du travail a donc vocation à connaître de la mauvaise application des règles relatives aux congés payés, aux salaires, aux durées maximales de travail…).

Sur l'application des dispositions conventionnelles

L'inspecteur du travail a également vocation à connaître des plaintes et observations liées à l'application des dispositions conventionnelles qui s'appliquent aux salariés, c'est-à-dire de la convention collective applicable dans l'entreprise, mais aussi des éventuels accords d'entreprise qui ont été conclus avec la direction.

Les délégués du personnel peuvent donc le saisir de toute difficulté qu'ils rencontrent pour faire appliquer ces règles.

L'accompagnement de l'inspecteur du travail lors de ses visites

Dans le cadre de sa mission, l'inspecteur (ou le contrôleur) du travail peut pénétrer dans l'entreprise pour la visiter.

Lors de cette visite, les délégués du personnel peuvent, s'ils le souhaitent, l'accompagner lorsque la venue de l'inspecteur fait suite à leur demande.

Si l'inspecteur contrôle l'entreprise de sa propre initiative, il peut proposer aux DP de l'accompagner (2).

L'effet sur l'utilisation du crédit d'heures

Les délégués du personnel peuvent utiliser leurs heures de délégation pour rencontrer l'inspecteur du travail.
Il en a par exemple déjà été jugé ainsi à propos d'un délégué du personnel qui a :
  • rencontré l'inspecteur pour lui faire part des difficultés qu'il rencontrait dans l'exercice de ses fonctions (3) ;
  • répondu à une convocation de l'inspecteur procédant à une enquête dans le cadre d'une demande de licenciement d'un salarié protégé (4).


Par Me Aurélien Ascher - JuriTravail.com

mardi 4 novembre 2014

BPCE porté par la dynamique de ses réseaux

Le groupe BPCE a vu ses revenus augmenter malgré un contexte économique difficile - Photo SIPA


Le groupe a toutefois dégagé un bénéfice net trimestriel en baisse de 3,5% du fait de dépréciations sur Carige et VBRO.

En dépit d’un environnement économique peu porteur, les revenus du groupe BPCE ont progressé de 3,2 %, à 5,8 milliards d’euros, au troisième trimestre. Banque Populaire et Caisse d’Epargne, les réseaux du groupe BPCE, continuent en effet d’afficher une belle dynamique commerciale.


Le bénéfice de Natixis en hausse de 27 %


L’épargne de bilan ressort en hausse de 5,3 % sur un an, et les encours de crédits augmentent de 3,7 % sur un an. Quant à l’activité assurance, en plein développement, « nous avons enregistré une progression à deux chiffres de nos revenus » sur les neuf premiers mois de l’année, souligne François Pérol, président du directoire de BPCE. Enfin Natixis, la structure de banque d’investissement du groupe, a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 281 millions d’euros, en hausse de 27%, porté notamment par la progression du pôle épargne.
« Nous réalisons une hausse de 6% de nos revenus sur le métier « equity », grâce notamment à une réorganisation de notre activité dérivés actions, sans changer notre profil de risque : nous nous positionnons moins sur les appels d’offres, peu rémunérateurs, et nous proposons davantage de solutions sur-mesure adaptées à nos clients », note par ailleurs François Pérol.

Dépréciations sur Banca Carige


BPCE a pourtant vu son bénéfice net reculer de 3,5% au troisième trimestre, à 720 millions d’euros. Un repli lié à une réévaluation de sa dette propre (élément exceptionnel lié aux conditions de marché) et à ses parts dans deux banques en difficulté, en Italie et en Roumanie. « Nous enregistrons deux dépréciations de nos participations financières minoritaires : 58 millions d’euros sur Banca Carige, dont nous détenons 9,9 %, et 119 millions d’euros sur VBRO, dont nous détenons 24,5 % », détaille le patron de BPCE.


Veronique Chocron / Journaliste au service Finance - Les Echos



lundi 3 novembre 2014

Suspicion de harcèlement: agir vite... mais pas trop !

La Cour de cassation vient de préciser que l'obligation faite à l'entreprise de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir ou de faire cesser des agissements de harcèlement moral n'implique pas, par elle-même, la rupture immédiate du contrat de travail du salarié.

 
Suspicion de harcèlement: agir vite... mais pas trop!
La frontière entre un management autoritaire et des faits de harcèlement moral est parfois mince...

Reuters/Andrew Winning


Parfois la frontière entre un management autoritaire et des faits de harcèlement moral est mince. Dans l'affaire en cause, il était reproché à une animatrice développement des ventes d'un laboratoire pharmaceutique un management trop agressif à l'égard des membres de son équipe. Son attitude aurait créé un climat "détestable" et une dégradation des conditions de travail. Cela s'est traduit, pour l'une des salariées de son équipe, par un arrêt de travail pour "anxiété réactionnelle liée au travail".

Les collaborateurs de son équipe avaient mis en avant des comportements "injustifiés" : elle attribuait une place précise lors des réunions avec l'interdiction d'échanger un mot, elle prohibait tout contact avec le directeur des ventes, elle obligeait ses collaborateurs à lui remettre un rapport d'activité quotidien alors que la direction n'en imposait qu'un hebdomadaire, avec des rappels à l'ordre "secs" en cas de retard... Ni une ni deux, l'entreprise décide de réagir fermement : la salariée est mise à pied à titre conservatoire, puis licenciée pour faute grave.  

Bien distinguer management autoritaire et harcèlement

Mais y avait-il bien harcèlement moral ? Et - en cas de réponse négative - le comportement de la salariée pouvait-il tout de même constituer une faute grave ? Depuis un arrêt du 10 novembre 2009, la Cour de cassation admet que des méthodes de management peuvent constituer des faits de harcèlement moral, mais à la condition que la méthode de gestion incriminée se manifeste pour un salarié déterminé par des agissements répétés, une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité, d'altérer la santé physique ou mentale ou de compromettre l'avenir professionnel du salarié.

Appliquant cette solution à l'affaire en cause, elle estime qu'il n'y a pas harcèlement moral. La manager n'avait pas franchi la ligne rouge et avait seulement fait preuve d''autoritarisme. La Cour de cassation refuse même de retenir la qualification de faute grave.  

Le licenciement de la manager, une sanction inappropriée

La Cour de cassation reproche à l'entreprise d'avoir agi trop vite et trop brutalement dans cette affaire. Et c'est là que cet arrêt est particulièrement intéressant. "L'obligation faite à l'employeur de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir ou de faire cesser les agissements de harcèlement moral n'implique pas par elle-même la rupture immédiate du contrat de travail d'un salarié à l'origine d'une situation susceptible de caractériser ou dégénérer en harcèlement moral" *.  

Prendre le temps de mener une enquête

Le message de la Cour de cassation est clair : face à une situation de harcèlement avérée ou non, ouvrez une enquête le plus rapidement possible, auditionnez les salariés et les managers concernés, afin d'éviter les sanctions injustifiées comme cela était le cas en l'espèce. Une manière aussi pour la Haute cour de rappeler que la prévention reste la meilleure arme dans ce cas. 

* C'est dans deux arrêts du 3 février 2010 que la Cour de cassation a renforcé l'obligation de prévention des entreprises en matière de harcèlement moral : "l'employeur, tenu d'une obligation de sécurité de résultat en matière de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs, manque à cette obligation lorsqu'un salarié est victime sur le lieu de travail de violences physiques ou morales, exercées par l'un ou l'autre de ses salariés, quand bien même il aurait pris des mesures en vue de faire cesser ces agissements". 


Par   - L'Express - L'Entreprise