mardi 31 mars 2015

La CFTC affiche son « esprit de rupture »

Philippe Louis, le président de la CFTC, sera candidat à sa réélection lors du prochain congrès confédéral de la centrale chrétienne qui aura lieu en novembre à Vichy (Allier). C'est dans un "esprit de rupture" par rapport au "tropisme gestionnaire et court termiste du moment" qu'elle entend préparer ses assises. Lors d'une conférence de presse, mardi 31 mars, Philippe Louis a dénoncé cette "urgence de l'ultra-court terme". "On bouge les curseurs, un peu vers la droite, un peu vers la gauche, a-t-il déclaré. On échange un peu de ceci contre un peu de cela. Sur chacun de ces dossiers, la CFTC s'efforce de défendre au mieux les intérêts des salariés. Elle le fait avec ses valeurs, avec ses spécificités."

Définissant son syndicat comme celui de la "construction sociale", le président de la centrale chrétienne a souligné qu'elle avait proposé il y a dix ans un "statut du travailleur" pour "sécuriser les parcours de vie des droits attachés à la personne" et qu'aujourd'hui le compte personnel formation, le compte pénibilité ou encore les droits rechargeables "lui donnent raison".

"La CFTC sait, a ajouté Philippe Louis, que pour construire il faut parfois d'abord déconstruire. C'est dans cet esprit de rupture pour mieux reconstruire que la CFTC aborde et prépare son congrès." Pour explorer "les voies et moyens d'une adaptation du monde du travail à des changements lourds de menaces" – transition énergétique, accélération des progrès du numérique, révolution robotique –, elle entend définir et proposer "un nouveau contrat social".

"On est prêt à parler de tout"

Interrogé sur les projets du Medef autour d'un nouveau CDI qui permettrait de licencier plus facilement sans passer par les prud'hommes, Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, a fait part de son opposition, invitant le patronat à faire "sa révolution intellectuelle". "On est prêt à parler de tout mais pas sur des fantasmes", a-t-il affirmé en observant qu'"en 2012, 174 700 affaires avaient été déposées devant les prud'hommes alors qu'il y a un million de licenciements par an en France". "Si c'est pour faire de la déréglementation, on n'est pas d'accord", a martelé Philippe Louis.

Le président de la CFTC ne se dit pas inquiet par rapport à la prochaine mesure de la représentativité syndicale en 2017, "sauf pour les élections dans les très petites entreprises". Faisant le bilan d'une campagne d'implantation, il a assuré que "les chiffres qui remontent montrent que nous sommes en progression". Depuis juin 2014, la CFTC s'est implantée dans une cinquantaine d'entreprises. En 2014, elle revendiquait 135 000 adhérents, avec 11 600 adhésions nouvelles parmi lesquelles 20% de jeunes et 50% de femmes. Mais elle a subi une légère érosion par rapport à 2013 (140 000 adhérents), avec notamment le départ de son syndicat de sapeurs pompiers – 6 000 membres – à Force ouvrière. Pour autant, elle garde le feu sacré.


Congrès de la CFTC en novembre avec au centre le "statut du travailleur"

Paris, 31 mars 2015 - La CFTC tiendra son 52e Congrès en novembre prochain à Vichy, avec au coeur une réflexion sur le "statut du travailleur", a indiqué mardi son président, Philippe Louis, qui devrait briguer un nouveau mandat.

"Nous sommes dans une phase de consensus" et le choix d'une "nouvelle équipe de direction se prépare sans gros remous", a déclaré M. Louis, lors d'un point de presse.

Ancien cheminot, M. Louis, 59 ans, a laissé entendre qu'il briguerait un nouveau mandat à la tête du syndicat chrétien. Il avait été élu pour un premier mandat au Congrès de Poitiers en novembre 2011. 
Le Congrès de Vichy vise à établir "une ligne politique" avec une réflexion sur l'évolution du monde du travail, a affirmé M. Louis. Les progrès notamment du numérique et de la robotique vont bousculer le salariat, et appellent de nouveaux modes comme "l'auto-entrepreneur et l'auto-salarié" au détriment du salarié en entreprise, selon lui. 

Dès lors, il faut réfléchir à un système qui "attache des droits à la personne" pour que "chaque travailleur puisse bénéficier d'un statut et d'une protection sociale". 

"Nous ne sommes pas arc-boutés sur la fin du CDI", mais il ne s'agit pas non plus de "précariser ceux qui sont protégés par les CDI", a affirmé le numéro un de la CFTC.  

Il a rejeté la proposition du président du Medef, Pierre Gattaz, sur la création d'un nouveau contrat de travail facilitant le licenciement. Le "discours du Medef", selon lequel "les entreprises n'embauchent pas parce qu'ils ont peur de licencier, ce discours-là, on ne veut plus l'entendre", a-t-il lancé. 

Par ailleurs, le président de la CFTC ne craint pas une perte de la représentativité de son syndicat en 2017, à l'issue du cycle actuel des élections professionnelles dans les entreprises. En 2013, la CFTC avait obtenu sa représentativité avec 9,4% des voix (au-dessus du minimum de 8% requis). 

Sa seule "inquiétude" concerne les élections dans les Très petites entreprises (TPE) où lors du précédent scrutin en 2012, le syndicat n'avait recueilli que 6,5% des voix.  

Le nombre des adhérents est en baisse: la CFTC en revendique 135.000 (dernier chiffre de 2014), contre 142.000 lors du précédent Congrès en 2011. 

"Nous avons connu des déboires", a souligné M. Louis, qui a fait état du départ en 2014 d'un syndicat de pompiers professionnels, "5.000 à 6.000 militants" qui sont allés rejoindre FO. Des policiers municipaux ont fait de même. 

Par AFP - lentreprise.lexpress.fr

jeudi 26 mars 2015

Information CFTC - Devoir de vigilance : Dossier de presse commun


Le 30 mars, la proposition de loi sur le devoir de vigilance sera examinée à l’Assemblée nationale. Cette proposition de loi conduira les multinationales françaises à mettre en place un plan de vigilance pour prévenir les atteintes aux droits de l’homme et de l’environnement dans leurs filiales et chez leurs sous-traitants. Mais derrière cette proposition de loi, des vies sont en jeu. Actuellement, le vide juridique constitue une incitation à brader le social et l’environnemental.

​A cette occasion la CFTC et ​Amesty International, les Amis de la Terre, le CCFD-Terre solidaire, la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC, la CGT, le collectif Éthique sur l’étiquette, le Forum citoyen pour la RSE, la Ligue des Droits de l’Homme, Peuples Solidaires– ActionAid France et l’association Sherpa​ ont organisé une conférence de presse le mercredi 25 mars, pour présenter leur position et propositions​.
 
 
» En savoir plus : Consultez le dossier de presse 
 
communication©CFTC
 

mercredi 25 mars 2015

BPCE: «Dans les agences bancaires, on tient aux anxiolytiques»

Logo du groupe bancaire BPCE
Logo du groupe bancaire BPCE (Photo Eric Piermont. AFP)
500salariés de la BPCE ont manifesté, mardi, devant le siège parisien du groupe financier pour dénoncer leur souffrance au travail et demander des augmentations salariales. 

«On a réussi à réunir Sud et la CFE-CGC, c’est dire si le malaise est profond», note un des 500 salariés grévistes de BPCE (Banque populaire, Caisse d’épargne, Crédit coopératif,…), réunis, mardi matin devant le siège parisien du deuxième groupe bancaire français. «Une première historique», entonne son voisin qui précise que tous les syndicats se sont mis d’accord pour défendre les salaires et les conditions de travail des salariés. «Du jamais vu» depuis la naissance de BPCE en 2009. CFDT, Unsa, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB, SUD Solidaire, les drapeaux oranges, rouges, bleus, blancs, jaunes se sont mélangés, le temps d’une matinée, pour dénoncer un ras-le-bol général. Celui d’une souffrance au travail que beaucoup lient aux réorganisations successives mises en place par François Pérol, président du groupe, depuis 2009.

Erosion des effectifs, multiplication des tâches, perte du contact humain, objectifs commerciaux toujours plus ambitieux et déconnectés des besoins des clients: les griefs sont nombreux. «On est en surrégime constant», témoigne un salarié. «Désormais nous devons travailler en multicanal, c’est-à-dire gérer l’accueil physique des clients, le téléphone et les services en ligne, mais nous ne sommes pas assez nombreux», poursuit une autre. En cause: les réductions successives d'effectifs au cours des dernières années. «Rien qu'entre 2013 et aujourd'hui, on est passé de 115 000 à 108 000 salariés», estime un élu de l'UNSA.

«Il faut vendre, vendre, vendre»

Après 35 ans de boîte, un gréviste, gestionnaire clientèle à la Caisse d’épargne et syndiqué à la CFTC, explique comment son métier a changé du tout au tout. «Aujourd'hui, il faut vendre, vendre, vendre. Le but premier du banquier c’est de réussir à provoquer des besoins», explique ce quinqua qui a parfois «l’impression de faire le tapin». Un sentiment partagé par sa collègue: «ce que l'on aime, c'est le contact avec les clients. Là c’est de l’abattage. On est loin du vrai conseil.» Mais s’ils ne se retrouvent pas dans leur nouveau rôle, les salariés n’ont guère le choix que de jouer le jeu. «Dans les agences, le personnel a de plus en plus d’objectifs à atteindre», résume Christian Lebon, de la CGT, qui évoque un management «par la peur» et une pression constante. «Il y a en permanence un chantage à la part variable et à l’évolution de carrière», poursuit-il. Exemple avec les «challenges» régulièrement proposés par la direction aux salariés, explique une chargée de clientèle. «Une semaine, il faut vendre des plans d’épargne logement, la suivante, des participations sociales ou des conventions obsèques. Bientôt il nous faudra proposer des téléphones!», s’agace-t-elle.


Autre revendication: les salaires qui ne décollent pas. «Les salariés font des efforts, mais ces derniers ne sont pas rétribués», tacle Christian Lebon de la CGT. «En 2014, le groupe a fait 3,1 milliards de résultat net, mais cette année, c’est 0% d’augmentation pour les salariés», ajoute un gréviste. De son côté, le groupe explique avoir «été au maximum de ce qui pouvait être fait», avec des propositions allant «de 0,5 à 0,6% de la masse salariale, pour une inflation à 0,1%», selon Hervé D’Harcourt, directeur de la stratégie et du développement social, cité par l’AFP. Pas de quoi convaincre les militants qui promettent, après un bref entretien avec la direction en charge des ressources humaines, que le mouvement ne s’arrêtera pas là. Et réclament un rendez-vous avec François Pérol, «resté pour l’heure à l’abri», au plus vite. «Les banquiers ne sont pourtant pas réputés pour être de grands militants, s’amuse l’un d’eux. Mais là c’est trop»

 Amandine CAILHOL - Libération

mardi 24 mars 2015

500 salariés en grève au siège de la BPCE

Près de 500 salariés en grève se sont rassemblés aujourd'hui devant le siège du groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d'Epargne...) à Paris, pour réclamer "un salaire décent" et "retrouver de bonnes conditions de travail".

Depuis la naissance du deuxième groupe bancaire français, en 2009, c'est la première fois que l'ensemble des syndicats (CFDT, Unsa, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB, SUD Solidaire), venus avec banderoles, sifflets et drapeaux devant le bâtiment de l'avenue Pierre-Mendès-France (13e arr.), appellent à la grève.

Le mouvement de grève a été suivi par 11,8% du personnel au niveau national et a conduit à la fermeture de 5% des agences, selon les chiffres communiqués par la direction.

Les employés dénoncent "la pression permanente" liée à la politique commerciale, où il faut toujours "faire encore mieux que la veille", et "la dégradation permanente des conditions de travail due à la baisse des effectifs", a indiqué Denis Boutin, coordinateur national CFDT (majoritaire).

L'argument de la direction, qui affirme que l'emploi est stable au sein du groupe, ne tient pas, selon lui. "Ils ont beaucoup baissé les effectifs dans les sièges administratifs, c'est autant de boulot qui revient dans les agences", où "le client est mécontent du service et de l'accueil", rétorque-t-il.

Autre motif de grogne: l'absence d'augmentations de salaire "générales et pérennes" en 2015 dans les deux principales branches, Banque Populaire et Caisse d'Epargne (moins de 68.000 salariés).


Le Figaro 


«Grève historique» des salariés du groupe Banque Populaire-Caisse d'Epagne

Le logo de Banque Populaire-Caisse d'Epargne (BPCE). - B. GUAY /AFP
Scène rare ce mardi: des banquiers ont faitgrève. Les salariés du groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d'Epargne...) étaient appelés mardi à débrayer contre la détérioration des conditions de travail et pour réclamer des augmentations générales, «une grande première» selon les syndicats unis pour l'occasion.

Depuis la naissance du deuxième groupe bancaire français, en 2009, c'est la première fois qu'une «intersyndicale totale» lance un appel unitaire à la mobilisation, assurent ses membres. A Paris, un rassemblement de 500 personnes s'est tenu devant le siège. D'autres rassemblements ont été organisés dans la matinée devant les différentes agences du groupe qui, au-delà des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne, chapeaute notamment la banque Natixis et le Crédit foncier.

«Le retour à des conditions de travail décentes»

Les organisations à l'origine du mouvement (CFDT, Unsa, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB, SUD Solidaire) réclament «le retour à des conditions de travail décentes» et «l'amélioration du service clientèle», dégradés, selon elles, par la baisse des effectifs.
 
Elles exigent par ailleurs «des augmentations de salaire générales et pérennes». L'unité syndicale s'est formée début mars après «l'échec» des négociations salariales dans les deux principales branches, Banque Populaire (BP) et Caisse d'Epargne (CE), où aucune augmentation générale n'a été accordée pour 2015.

La direction  «a été au maximum de ce qui pouvait être fait», avec des propositions allant «de 0,5 à 0,6% de la masse salariale, pour une inflation à 0,1%», justifie auprès de l'AFP Hervé D'Harcourt, directeur de la stratégie et du développement social au sein de la DRH du groupe BPCE.

La direction met en avant l'intéressement

Malgré l'absence d'accord au niveau des branches, «un salarié sur trois dans le groupe va percevoir une augmentation» et environ «huit salariés sur dix» vont avoir un intéressement supérieur ou égal à 2014, équivalent à «un à deux mois de salaire», assure Hervé D'Harcourt. Les 20% restants toucheront un intéressement inférieur.

Par ailleurs, les négociations salariales se sont poursuivies dans les différentes entités qui composent le groupe BPCE, avec «60% des entreprises ayant terminé leurs négociations qui ont abouti à un accord», fait-il valoir. La BPCE, deuxième groupe bancaire en France avec 108.000 employés, a réalisé en 2014 un bénéfice net de 2,9 milliards d'euros, en augmentation de 4,4%.

20 Minutes

Intervention rassemblement



INTERVENTION RASSEMBLEMENT DEVANT BPCE

Après des semaines de travail, de réunions en intersyndicales, la diffusion de 3 tracts et autant de communiqués de presse, nous vivons ce 24 mars, un moment particulier et osons le, historique au regard de notre jeune Groupe.

En effet qui aurait pu imaginer, et surtout pas nos patrons, qu’une intersyndicale réunissant à la fois l’ensemble des organisations syndicales de la branche Caisse d’Epargne, l’ensemble des organisations syndicales de la Branche Banque Populaire, mais aussi celles des autres entreprises du groupe BPCE, aboutirait à ce rassemblement, ici devant le siège de BPCE mais aussi à ces très nombreux rassemblements en régions qu’on nous annonce.

Au moment où nous nous exprimons nous n’avons pas encore les remontées de toutes les banques et les caisses, mais déjà nous actons un 1èr succès : celui d’avoir su gommer nos différences syndicales pour appeler à ce mouvement sur des revendications communes.
 
Ces revendications, nous les martelons depuis longtemps, sans être entendu.
Aujourd’hui, ici devant BPCE et ses dirigeants, nous allons donc les répéter pour qu’elles puissent monter dans les étages de la direction.

Les salariés du groupe BPCE n’en peuvent plus de la dégradation des conditions de travail, n’en peuvent plus de ne pas pouvoir faire sereinement ce pour quoi ils sont rémunérés. 
Beaucoup trop de collègues souffrent, ceux, moins nombreux dans les sites centraux qui doivent répondre à la charge de travail, et ceux dans les agences qui ont vu leur activité commerciale augmentée et les objectifs bondir.
 
Les élus des CHSCT alertent depuis longtemps nos dirigeants, des experts indépendants l’ont écrit aussi. Une récente expertise nous indique que le groupe BPCE est dans le haut du classement en matière d’absentéisme.
 
Un grand nombre de salariés sont en souffrance, et certains, n’en pouvant plus, ont fait le choix de ne plus vivre.

vendredi 20 mars 2015

Inaptitude professionnelle : comment calculer l’indemnité spéciale de licenciement ?

Lors d’un licenciement consécutif à une inaptitude professionnelle, le salarié perçoit en principe une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale. Cette indemnité spéciale ne joue qu’en l’absence de dispositions conventionnelles plus favorables. Mais que faut-il entendre par là ? Faut-il comparer les indemnités légale et conventionnelle, puis multiplier par deux celle qui est la plus favorable ou bien doubler l’indemnité légale, puis comparer le résultat avec l’indemnité conventionnelle ?

Inaptitude professionnelle : des indemnités de rupture plus favorables pour le salarié

Lorsque le salarié est déclaré inapte suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle, il bénéficie de davantage de garanties que lors d’une inaptitude non professionnelle, notamment lors de la rupture de son contrat de travail.

En effet,  si vous êtes forcé de licencier le salarié en raison d’une impossibilité de reclassement, il aura droit à des meilleures indemnités.

Il pourra ainsi prétendre à une indemnité compensatrice de préavis,alors que celle-ci n’est pas due en cas d’inaptitude non professionnelle (si bien sûr le salarié n’est pas en mesure d’exécuter le préavis).

Le salarié a également droit à une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale sauf dispositions conventionnelles plus favorables (Code du travail, art. L. 1226-14). Mais comment interpréter cette règle ?

Inaptitude professionnelle : l’indemnité conventionnelle n’est pas doublée

Lorsqu’un salarié est licencié suite à une inaptitude professionnelle, il faut comparer, d'une part, le montant de l'indemnité légale doublée et, d'autre part, celui de l'indemnité conventionnelle.
En effet si l’indemnité prévue par la convention collective est plus favorable que l’indemnité légale, même doublée, il faut l’appliquer.

En revanche, la Cour de cassation a rappelé que le salarié ne peut pas prétendre à une indemnité conventionnelle doublée sauf disposition expresse contraire. Ce qui n’était pas le cas, dans l’affaire en question, de la convention collective des ingénieurs et cadres de la métallurgie. Seule l’indemnité légale devait donc être doublée et comparée à l’indemnité conventionnelle prévue pour les cadres.
 
Il existe un cas de figure où vous n’aurez pas à verser l’indemnité spéciale de licenciement au salarié, ni l’indemnité de préavis : si vous parvenez à établir que le salarié a refusé abusivement un poste de reclassement qui lui est proposé. Pour en savoir plus sur les postes de reclassement qui doivent être proposés aux salariés et obtenir des modèles concernant la proposition de reclassement, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Gestion du personnel simplifiée ».

Éditions Tissot
 
Anne-Lise Castell
Cour de cassation, chambre sociale, 18 février 2015, n° 13-20171 (l'indemnité spéciale de licenciement est, sauf dispositions conventionnelles plus favorables, égale au double de l'indemnité légale)

Combien de temps en moyenne dure une procédure prud'hommale ?

Malgré une baisse du nombre d'affaires portées devant les Conseils de prud'hommes (CPH), on attend en moyenne plus de 15 mois en 2012 devant le conseil de prud’hommes avec de très grande disparités selon les conseils de prud’hommes.
 
D'importantes disparités

Si certains Conseils de prud'hommes (CPH) peuvent connaitre des délais allant jusqu'à 22 mois en région parisienne, d'autres, tels que celui de Guéret (Creuse) ne connaissent que des délais de 6 mois pour obtenir un jugement au fond.

Des taux de départage et d'appel élevés
 
La procédure de départage, inhérente au fonctionnement paritaire des CPH, intervient lorsque les conseillers prud'hommaux n'arrivent pas à aboutir à une décision majoritaire.
 
Selon le ministère de la Justice, le taux de départage était en moyenne de 20 % pour l'année 2011 mais il était très variable d'un territoire à l'autre, variant de 41 % à Angers, 43 % à Bobigny mais de 1 % à Cherbourg ou 3 % à Aix-les-Bains.
 
Le taux d'appel apparaît très élevé et excède largement celui des autres types de contentieux.
L'importance du taux d'appel des décisions des CPH suggère que la décision judiciaire est loin d'être normalement acceptée.

De surcroît, comme le souligne le rapport Lacabarats, en appel « le taux de confirmation totale des jugements des CPH (28,3 % en 2012) est très nettement inférieur à celui constaté pour les appels des autres juridictions (de 46 à 53,6 %) ».

Il en résulte un allongement de la procédure contentieuse en matière de justice du travail.
Un allongement des durées moyennes de traitement des affaires
 
Malgré une baisse du nombre d'affaires portées devant les CPH, notamment depuis 2009, on constate, à partir de cette période, un allongement des délais de traitement qui ont atteint en moyenne plus de 15 mois en 2012.

Cela pourrait, là encore, être lié à l'introduction de la rupture conventionnelle qui, en « captant » les ruptures les moins conflictuelles, a pu accroître la part des affaires plus difficiles examinées par les CPH se traduisant par un recours plus important au bureau du jugement et/ou au départage.
De fait, le recours au départage allonge considérablement la durée des procédures qui a atteint en moyenne plus de 27 mois en 2012 en cas de départage.


Faisant état d'un « constat partagé des importantes difficultés qui affectent actuellement le traitement, dans des délais raisonnables, des procédures prud'homales tant en première instance qu'en appel, et de l'absence de solutions pérennes permettant d'y remédier efficacement et durablement », le rapport Marshall12 préconise « de formuler immédiatement des propositions pour améliorer rapidement les délais de traitement de ces procédures et répondre ainsi à l'attente légitime du justiciable ».

Ces délais de traitement particulièrement élevés ont justifié des condamnations réitérées de l'État sur la base de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, laquelle stipule en son article 6, que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial ».

Au-delà, il convient de souligner que d'autres facteurs, d'ordre institutionnel et législatif, sont de nature à impacter la fréquence des contentieux. Il en va ainsi de la complexification du droit du travail sous l'effet de la multiplication des règles internes (décret, loi, jurisprudence, normes collectives négociées et unilatérales) auxquelles se superposent les règles externes (communautaires, européennes et internationales).
Par Maître JALAIN - Avocat en droit du travail  au Barreau de Bordeaux
PLUS D'INFOS : www.avocat-jalain.fr
Source : Les chiffres clés de la Justice, éditions 2013 et 2012, Ministère de la Justice.

Banque de la Réunion: dépôt d'un projet d'OPAS par BPCE

Natixis, agissant pour le compte de BPCE International et Outre-Mer, contrôlée par BPCE, a déposé auprès de l'AMF un projet d'offre publique d'achat simplifiée visant les actions de Banque de la Réunion, dont la suspension de cotation est maintenue jusqu'à nouvel avis. 

A ce jour, BPCE International et Outre-Mer détient 1.503.940 actions Banque de la Réunion, soit 88,90% du capital et des droits de vote de l'établissement bancaire réunionnais. 

L'initiateur s'engage irrévocablement à acquérir, au prix de 152,30 euros par action, la totalité des 187.821 actions non détenues par lui, représentant 11,10% du capital et des droits de vote. 

Il a l'intention de demander, dans un délai de trois mois à l'issue de la clôture de l'offre, et si les conditions requises sont remplies, la mise en oeuvre d'un retrait obligatoire visant les actions non présentées à l'offre, au prix de 152,30 euros par action.
 
Par CercleFinance.com.  Votre argent l'express

Un procès fleuve pour François Pérol

Le patron de BPCE, François Pérol, sera jugé pour « prise illégale d’intérêt » par la XIVe chambre du tribunal de grande instance de Paris le 22 juin, le 24 juin dans la matinée et le 25 juin, et éventuellement le 29 juin si les débats le nécessitent.
 
A l’occasion d’une audience de procédure qui s’est tenue mercredi 18 mars en début de matinée, la XIVe chambre du tribunal de grande instance de Paris a organisé ses travaux, en prévision du procès de François Pérol. Renvoyé devant cette juridiction pour « prise illégale d’intérêt » du fait des conditions de sa nomination à la tête des Caisses d’épargne et des Banques populaires et de la fusion des deux banques qui a donné naissance à BPCE, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, du temps de Nicolas Sarkozy, va avoir droit à un procès fleuve.

Les magistrats ont en effet décidé de prévoir deux jours et demi d’audience, le 22 juin, ...  (la lecture de l'article est réservée aux abonnés).


jeudi 12 mars 2015

BPCE: grève unitaire le 24 mars pour les salaires et les conditions de travail

Les syndicats de la BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Epargne…) ont lancé lundi un appel inédit pour une grève unitaire le 24 mars, dénonçant la politique salariale et la réduction des effectifs à l’origine, selon eux, d’une « dégradation des conditions de travail ».

 Salariés sous pression avec des effectifs en diminution », « objectifs irréalistes » et « organisations de travail instables et inadaptées »: les syndicats (CFDT, UNSA, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB, Sud Solidaire) dénoncent « une dégradation des conditions de travail jamais observée à ce jour dans le groupe » et réclament « une politique salariale juste et motivante ».
Un rassemblement est prévu le 24 mars devant le siège de la BPCE, à Paris, pour que la direction puisse « entendre et prendre en considération cette situation pathogène », écrivent-ils dans un communiqué.

Le mouvement social, initié par une « intersyndicale totale », constitue « une première depuis la création du groupe » en 2009, indique à l’AFP Denis Boutin de la CFDT (majoritaire).

L’unité syndicale s’est formée après « l’échec » des négociations salariales dans les deux principales branches, Banque Populaire et Caisse d’Epargne, où aucune augmentation générale n’a été accordée pour 2015, précise-t-il.

La grève touchera également les autres entreprises du groupe (Natixis, BPCE SA, Crédit foncier, Banque Palatine…), même si des accords ont parfois été signés dans certaines d’entre elles.
 
Sollicitée, la BPCE n’a pas souhaité commenter l’appel à la grève. Elle souligne néanmoins qu’une prime de 200 euros sera versée à l’ensemble des collaborateurs des Caisses d’Epargne, conformément à une décision prise par la direction.
 
Rejetant une « primette » loin de rattraper l’inflation, le Syndicat Unifié-UNSA de la Caisse d’Epargne fait état du « ras-le-bol » des salariés, confrontés à une politique salariale « d’une rigueur extrême alors que le groupe fait des bénéfices qui évoluent chaque année », selon son secrétaire général, Bernard Charrier.
 
La BPCE, deuxième groupe bancaire en France avec 108.000 employés, a réalisé en 2014 un bénéfice net de 2,9 milliards d’euros, en augmentation de 4,4%.
 
News Banques

mercredi 11 mars 2015

BPCE : Les syndicats appellent à la grève unitaire le 24 mars

Les syndicats de la BPCE (Banque Populaire, Caisse d'Epargne...) ont lancé lundi un appel inédit pour une grève unitaire le 24 mars, dénonçant la politique salariale et la réduction des effectifs à l'origine, selon eux, d'une « dégradation des conditions de travail ».

« Salariés sous pression avec des effectifs en diminution », « objectifs irréalistes » et « organisations de travail instables et inadaptées »: les syndicats (CFDT, UNSA, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB, Sud Solidaire) dénoncent « une dégradation des conditions de travail jamais observée à ce jour dans le groupe » et réclament « une politique salariale juste et motivante ».


Un rassemblement est prévu le 24 mars devant le siège de la BPCE, à Paris, pour que la direction puisse « entendre et prendre en considération cette situation pathogène », écrivent-ils dans un communiqué.

Une première depuis la création du groupe

Le mouvement social, initié par une « intersyndicale totale », constitue « une première depuis la création du groupe » en 2009, indique à l'AFP Denis Boutin de la CFDT (majoritaire). L'unité syndicale s'est formée après « l'échec » des négociations salariales dans les deux principales branches, Banque Populaire et Caisse d'Epargne, où aucune augmentation générale n'a été accordée pour 2015, précise-t-il. La grève touchera également les autres entreprises du groupe (Natixis, BPCE SA, Crédit foncier, Banque Palatine...), même si des accords ont parfois été signés dans certaines d'entre elles.

Sollicitée, la BPCE n'a pas souhaité commenter l'appel à la grève. Elle souligne néanmoins qu'une prime de 200 euros sera versée à l'ensemble des collaborateurs des Caisses d'Epargne, conformément à une décision prise par la direction. Rejetant une « primette » loin de rattraper l'inflation, le Syndicat Unifié-UNSA de la Caisse d'Epargne fait état du « ras-le-bol » des salariés, confrontés à une politique salariale « d'une rigueur extrême alors que le groupe fait des bénéfices qui évoluent chaque année », selon son secrétaire général, Bernard Charrier.

La BPCE, deuxième groupe bancaire en France avec 108.000 employés, a réalisé en 2014 un bénéfice net de 2,9 milliards d'euros, en augmentation de 4,4%.
 
CBanque - Par la rédaction avec AFP

lundi 9 mars 2015

Groupe BPCE signe un accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Le Groupe BPCE a signé un nouvel accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) avec la CFDT et la CGC. Conclu pour une durée de 3 ans, l’accord constitue, pour les entreprises et les collaborateurs du groupe, un cadre structurant autour de thématiques telles que le développement des compétences, la gestion des carrières, la mobilité, la formation, l’égalité professionnelle et le déroulement de carrière des représentants syndicaux. Il introduit également de nouvelles dispositions légales relatives aux entretiens professionnels, à la formation professionnelle ainsi qu’au contrat de génération.

Source : bpce.fr (Communiqué de presse du 24 février 2015) - Tribune Assurance

jeudi 5 mars 2015

Chez les mutualistes, l’agence bancaire n’a pas dit son dernier mot

Dans le réseau de la Bred, les conseillers vont devenir mobiles  : ils pourront répartir leur activité entre plusieurs petites agences proches les unes des autres. - AFP


La Bred appuie son développement sur des agences reformatées : les revenus de son réseau ont progressé de 5 % l’an dernier.

Les banques françaises, bousculées par le digital, restent dans l’expectative quant à l’avenir de leurs réseaux d’agences. Mais certaines ont décidé de s’appuyer résolument sur leurs guichets, en réaménageant leur activité et leur fonctionnement. La Bred, la première des Banques Populaires, va ainsi déployer cette année dans son réseau une organisation « plus agile »

Pour donner l’avantage au conseil, les opérations de banque au quotidien, qui sont du ressort du banquier chargé de l’accueil, ne seront ainsi plus assurées que le matin. Par ailleurs, les conseillers seront mobiles. Ils pourront répartir leur activité entre plusieurs petites agences proches les unes des autres, dans un souci de partage des compétences spécialisées. « Nous travaillons la praticité et la valeur ajoutée. Nous voulons montrer à nos clients que cela vaut la peine d’être chez nous, explique Olivier Klein, directeur général de la Bred. Jusqu’à la révolution numérique, les clients étaient très stables, il y avait moins d’incitations à l’excellence. »

Stratégie payante

A l’instar d’une minorité d’établissements comme le Crédit du Nord, l’établissement donne par ailleurs aux clients les numéros de téléphone et les mails directs de leurs conseillers. Il a aussi adopté l’outil informatique de préparation d’entretiens, qui assiste le conseiller et lui suggère les propositions commerciales à faire aux clients, en fonction des données personnelles que la banque a en sa possession. La Bred a également choisi de spécialiser ses conseillers par segments de clientèle. Une stratégie payante : alors que la banque de détail en France a souffert l’an dernier de l’environnement économique et des taux bas, la Bred a vu les revenus de son réseau progresser de 5 % l’an dernier. Si bien que l’établissement a décidé d’ouvrir 15 nouvelles agences au cours des dix-huit prochains mois, en métropole et en outre-mer. « Gagner des clients via les agences coûte pour le moment moins cher que de conquérir des clients en ligne », fait valoir Olivier Klein.
 
D’autres banques mutualistes ont fait le même constat. Le Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes teste ainsi depuis octobre 2012 un nouveau concept d’agences. Dans ces guichets « prototypes » modernisés, le nombre moyen de visites de clients par jour a nettement progressé, passant de 230 à 265 visites entre janvier et novembre 2014.

Les banques dites commerciales et centralisées n’ont pas la même problématique : disposant de beaucoup moins d’agences, elles peuvent gérer plus facilement la mutation digitale qui s’annonce. Encourageant ses clients à réaliser seuls en ligne leurs opérations de banque au quotidien, Société Générale poursuit ainsi la fermeture d’une trentaine d’agences par an à l’horizon 2017. Il en va de même chez BNP Paribas.





mercredi 4 mars 2015

Sapin se veut rassurant sur le projet d'absorption de la Banque de la Réunion par la CEPAC

Michel Sapin a assuré mercredi que le projet d'acquisition de la Banque de la Réunion par la Caisse d'Epargne Provence-Alpes-Corse (CEPAC), filiale du groupe bancaire BPCE (Banque populaire-Caisse d'Epargne), était "susceptible d'avoir des impacts bénéfiques".

"Ce projet de rapprochement est susceptible d'avoir des impacts bénéfiques dans sa capacité à répondre aux besoins de financement locaux et à améliorer la qualité des services", a déclaré le ministre des Finances et des Comptes publics, qui répondait dans l'hémicycle à une question de la députée de La Réunion Huguette Bello (GDR, Gauche démocrate et républicaine).

"La préservation de l'emploi, la préservation de l'identité de la Banque de La Réunion et de sa marque feront partie évidemment de ces objectifs", a ajouté Michel Sapin, assurant qu'il restait "très attentif" à ces trois aspects.

Dans le cadre de son plan stratégique "Grandir autrement", le groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne a en effet décidé de céder à la Caisse d'Epargne Provence-Alpes-Corse la totalité des participations qu'il détient dans le capital de trois banques d'Outre-mer, dont la Banque de la Réunion, auparavant détenues par sa filiale BPCE IOM.

Un processus d'offre publique d'achat simplifiée, suivi d'un retrait obligatoire, sera lancé par la BPCE sur les actions cotées de la Banque de la Réunion.

Ce rapprochement, qui doit être effectif en 2016, suscite des inquiétudes sur l'île, où entreprises et particuliers sont confrontés à des "difficultés récurrentes quant à une offre de crédit adaptée", selon Huguette Bello, qui a également pointé du doigt un risque de réduction des effectifs.

La députée de la Réunion a aussi interpellé le ministre sur le risque de concentration bancaire représenté par cette fusion-absorption qui, en renforçant "l'appétence des économies pour les mono et oligopôles", pourrait selon elle "avoir un impact négatif sur les tarifs et les services bancaires".

Michel Sapin a fait valoir qu'il appartenait à la BPCE "de s'assurer de la conformité de son opération à la réglementation". "Elle a considéré qu'elle n'avait pas lieu de notifier l'opération à l'Autorité de la concurrence. Si l'Autorité de la concurrence (...) le pense nécessaire, elle pourra, elle devra prononcer sous astreinte une obligation de notifier l'opération", a poursuivi le ministre.

 -  Boursorama