lundi 31 août 2015

L'avenir de François Pérol à la tête de BPCE en question

    François Pérol, président du directoire de BPCE. - Photo AFP
En cas de condamnation le 24 septembre, le patron du groupe bancaire devrait démissionner. Cette hypothèse nourrit les spéculations sur sa succession. 

François Pérol va-t-il pouvoir rester aux manettes du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) ? Son avenir dépendra de l'issue de son procès pour prise illégale d'intérêt. Il lui est reproché d'avoir pris en 2009 la tête du groupe mutualiste, alors qu'il avait suivi de près le sauvetage et le processus de fusion dans ses précédentes fonctions de secrétaire général adjoint à l'Elysée. « Les conséquences d'une condamnation seraient considérables », avait prévenu début juillet, dans son plaidoyer son avocat Pierre Cornut-Gentille, sous-entendant que son client pourrait, dans ce cas, ne pas rester à son poste. 

A quelques semaines de la décision du tribunal, attendue le 24 septembre, plusieurs noms de banquiers qui pourraient prendre la tête de BPCE en cas de condamnation de François Pérol circulent dans le microcosme parisien. Outre le nom de François Villeroy de Galhau, qui a quitté BNP Paribas au printemps (voir ci-dessus), circule aussi celui de Philippe Wahl, PDG du groupe La Poste. Ancien conseiller de Michel Rocard à Matignon, il connaît bien le groupe mutualiste pour avoir été directeur général de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne entre 1999 et 2003. « Il ne souhaite pas rester trop longtemps à la tête d'un groupe comme La Poste dont l'avenir économique est incertain. Et le plafonnement de son salaire ne l'y pousse pas », souligne une source proche du groupe.

La voie interne préférée

Mais chez les dirigeants de Banques Populaires et de Caisses d'Epargne, de nombreuses voix s'élèvent pour prévenir que, s'il doit y avoir un nouveau patron, il ne pourra qu'être issu de leurs rangs. Ils estiment que, contrairement à il y a six ans, BPCE a les reins suffisamment solides pour ne pas se voir imposer un dirigeant de l'extérieur. Les mieux placés seraient alors Didier Patault, le discret président du directoire de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, et surtout Olivier Klein, patron de la Bred, la première des Banques Populaires, qui a, aussi, exercé des fonctions aux Caisses d'Epargne. Et dans les couloirs de Natixis, c'est le nom du directeur général de la maison, Laurent Mignon, qui est régulièrement avancé pour succéder, si nécessaire, à François Pérol.
Véronique Chocron, Les Echos

dimanche 30 août 2015

Valls veut "revoir en profondeur le droit du travail"

(Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)



Le débat sur les 35 heures est "clos" a réaffirmé Manuel Valls dimanche en clôture de l'Université d'été du PS à la Rochelle. Mais le Premier Ministre a ouvert la voie à une révision en profondeur de notre droit du travail pour donner plus de place au dialogue social dans l'entreprise. Sur la politique économique, il confirme le maintien du même cap.

Pas question de toucher au dogme des 35 heures, qui reste un marqueur de la gauche. Mais pour Manuel Valls, il faut "revoir en profondeur la manière même de concevoir notre réglementation" en matière de droit du travail, sujet de controverse à gauche, en défendant le fait de donner "plus de latitude" aux employeurs et aux salariés "pour décider eux-mêmes".

Après les propos polémiques du ministre de l'Economie Emmanuel Macron sur le temps de travail devant le Medef, le Premier ministre a affirmé en clôture de l'université d'été du PS que le débat était "clos". "Il n'est pas question de revenir sur la durée légale du temps de travail", a-t-il lancé sous les applaudissements nourris de la salle. "Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le passé (...) mais l'avenir", a-t-il poursuivi.

Mais Manuel Valls a poursuivi sur sa proposition de donner plus de places aux accords d'entreprises qu'à la loi en matière de droit du travail, sujet qui divise au PS. Un rapport du haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle doit être remis en septembre pour faire des propositions en ce sens. 

"On peut lever les contraintes tout en protégeant"

Le Premier ministre s'est appuyé sur les travaux de l'ancien ministre Robert Badinter et du juriste Antoine Lyon-Caen, qui "font ce constat d'un code du travail si complexe qu'il en est devenu inefficace", suscitant des applaudissement mais aussi des huées parmi les militants. "Ceux qui sifflent Robert Badinter dans cette salle, ça m'étonne toujours quand même un peu", a réagi Manuel Valls.
Pour le Premier ministre, les salariés "ne connaissent plus leurs droits et ne sont donc plus protégés" et "il faut revoir en profondeur la manière même de concevoir notre réglementation" en matière de travail. "On peut lever les contraintes, tout en protégeant! C'est ça la gauche, c'est ça la social-démocratie", défendant une gauche "inventive" et qui "s'adapte aux réalités du monde". 

"Nous devons donner plus de latitude aux employeurs, aux salariés et à leurs représentants pour décider eux-mêmes de leur politique de formation, d'organisation du travail, d'insertion des jeunes par des négociations au plus près de leurs besoins. Ce sera plus de souplesse pour les entreprises et, grâce à un dialogue social redynamisé, des droits - à la formation, à la prise en compte de la pénibilité - mieux assurés pour les salariés", a-t-il défendu.

Pas de changement de cap

Manuel Valls a déclaré dimanche à La Rochelle que le gouvernement continuerait à agir "avec la même force" pour les entreprises, rejetant les "zigzags" en matière de politique économique, "sables mouvants de la défiance".

"Nous continuerons à agir, avec la même force, pour la compétitivité de nos entreprises. --ce sont elles qui embauchent-- grâce au CICE et au Pacte de responsabilité et de solidarité. Les acteurs économiques ont besoin de visibilité. Sinon, comment bâtir le moindre projet ou embaucher ? La stabilité, la cohérence, c'est le socle de la confiance", a déclaré Valls, alors qu'une partie du PS réclamait une réorientation du CICE.

"Aujourd'hui, la croissance est là ; c'est ainsi que nous ferons baisser le chômage. Oh pas de triomphalisme ! Il y a les incertitudes de la crise financière asiatique. Mais il y a aussi des facteurs positifs : la croissance américaine, la baisse du prix du pétrole, ce qui est bon pour le pouvoir d'achat, la baisse des taux d'intérêt, la baisse de l'euro - bonne pour nos exportations - grâce à la politique favorable de la BCE pour laquelle nous nous sommes battus", a également déclaré Manuel Valls. "Les premiers résultats sont là. Ils sont encore insuffisants pour combattre le désespoir de nombre de nos concitoyens, mais suffisants pour affirmer que nous sommes sur la bonne voie, pour raviver l'espoir, pour réussir", a poursuivi le Premier ministre.

Avec AFP - Par latribune.fr

mercredi 26 août 2015

Le vrai ministre du Travail, c'est Emmanuel Macron !



Emmanuel Macron estime nécessaire de poursuivre la modernisation du marché du travail. Pour lui, les blocages sont dus à une surréglementation.

Emmanuel Macron estime nécessaire de poursuivre la modernisation du marché du travail.
 Pour lui, les blocages sont dus à une surréglementation. REUTERS/Vincent Kessler

Officiellement, Emmanuel Macron détient bien le portefeuille de l’Économie, de l'Industrie et du Numérique. Mais il s'intéresse de très près au droit du travail. Une ambition qui en dit autant sur ses convictions et son appétit que sur la gouvernance de François Hollande. 

Dire que François Hollande aura cherché, dans la douleur, un ministre du Travail pour succéder à François Rebsamen! Cet oiseau rare, il l'a pourtant sous les yeux, c'est Emmanuel Macron.

Officiellement, le ministre de l’Économie, de l'Industrie et du Numérique ne remplit aucune des missions de ce ministère social: il ne doit ni assumer les statistiques du chômage ni mener les négociations avec les syndicats.

Pourtant, depuis qu'il est colocataire de Bercy, l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée ne cesse de parler du marché du travail et de sa nécessaire réforme. Il en fait le coeur de sa réflexion et de son action. Le 17 juin, alors que la loi pour la croissance et l'activité qui porte son nom vient d'être adoptée, il déclare aux Échos: "Nous devons continuer à réformer le marché du travail."

Les raisons de cette insistance? Macron exprime ses convictions et joue les éclaireurs d'un président de la République qui teste ainsi sa majorité et l'opinion. "Emmanuel Macron n'est évidemment pas un sniper, il est en lien avec le chef de l’État et le Premier ministre", estime Richard Ferrand, député PS et rapporteur général de la loi Macron. François Hollande, qui a hésité à choisir Macron comme ministre, y trouve finalement beaucoup d'avantages: cet ex-collaborateur reste dans un rapport d'autorité avec celui qui l'a nommé. Il peut se permettre une plus grande liberté d'expression que le Premier ministre, et ne s'en prive pas.

Emmanuel Macron: l'âge de la croissance

Il est à peine désigné, le mardi 26 août 2014, que circule une interview accordée au Point. Elle a été réalisée avant l'annonce de sa promotion et avant même qu'il n'en soit informé. Macron s'exprime donc à titre personnel et expose sa conception de la politique économique, insistant sur la poursuite de la modernisation du marché du travail. Il propose, par exemple, que les entreprises puissent déroger aux règles du temps de travail par la négociation.

"Il a une vision classique du socialisme de l'offre"

Aussitôt, le bébé ministre se fait une réputation de tueur des 35 heures. Installé à Bercy, il continue de dire ce qu'il pense. Dans Le Journal du dimanche du 12 octobre, il estime qu'il faut réformer l'assurance-chômage, qui perd bien trop d'argent, et que, si les partenaires sociaux n'y parviennent pas, l’État devra prendre le dossier en main. Encore un sacrilège...

Avec la loi Macron, l'ancien membre de la commission Attali sur la libération de la croissance passe de la théorie à la pratique. Pour lui, les blocages sont dus à une surréglementation, tout particulièrement dans le marché du travail. Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande de 2012 à 2014, ne partage pas les opinions économiques de Macron, mais il en loue la cohérence: "J'ai toujours entendu Emmanuel défendre ces positions, durant la campagne et à l’Élysée. Il a une vision classique du socialisme de l'offre et il veut l'appliquer. Il ne triche pas, il y croit, il voudrait aller plus vite et plus loin, mais ce n'est pas lui qui décide de cela. C'est le président et ses considérations sont politiques." 


 
L'Assemblée nationale, Richard Ferrand fait partie de ces députés séduits par la force de conviction du ministre: "Macron a une intuition qu'il fait partager et qui est juste: plus on bétonne le CDI, plus on effraie l'employeur." Sa loi ne touche pourtant pas le contrat de travail - sujet très débattu et trop polémique - mais cherche à diminuer incertitudes et coûts des licenciements. Justice prud'homale, allégement des obligations des employeurs en cas de licenciement collectif, facilitation des accords de maintien dans l'emploi (permettant aux entreprises en difficulté d'augmenter le temps de travail et/ou de réduire les salaires) sont au menu... Et cette mesure très symbolique qui réjouit les patrons et révulse à gauche: la suppression des peines de prison pour les employeurs coupables de délit d'entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel.

Loi Macron adoptée: 20 mesures qui vont changer la vie de l'entreprise et du salarié

La plupart du temps, les dispositions adoptées ne vont pas aussi loin que le ministre le souhaite, mais toujours trop aux yeux d'une partie du PS, qui dénonce cette déconstruction du droit du travail. Son déficit politique, Macron le ressent et tente de le combler: il prend soin d'expliquer qu'il est socialiste, de citer Jaurès - "L'entreprise est un lieu d'émancipation." A l'étranger, il défend la France et son rang: ce n'est pas parce qu'il adopte les recommandations des grandes institutions internationales qu'on le surprendra en flagrant délit de French bashing!

Il insiste sur les atouts de son pays et déplore que celui-ci n'ait pas l'ambition de ses moyens. Oui, il veut le faire gagner dans la mondialisation. Non, il ne veut pas copier-coller le modèle anglo-saxon: "Réussir, ce n'est pas supprimer tous les droits qui existent", dit-il. Il souligne, en revanche, les risques de l'immobilisme: "Dans dix ans, l'économie mondiale se sera déportée. Elle sera Pacifique, elle sera Asie, et nous danserons encore sur La Marche de Radetzky, mais la situation de la France sera celle de l'Empire austro-hongrois."

Il envoie un SMS à Rebsamen: "Excuse-moi, ma poule"

A longueur de tribunes et d'interviews, le ministre insiste sur cette différence, essentielle à ses yeux, entre les droits formels et les droits réels. Et de citer souvent ces deux exemples: les règles sur le logement, très protectrices des locataires en place, et pourtant dans l'incapacité de réduire un nombre record de mal-logés; le travail, où les avantages du CDI découragent l'embauche des jeunes. Pour lui, la gauche s'accroche à une vision du monde du travail datant du consensus de 1946.

Ce monde-là, c'est "fi-ni", martèle le trentenaire. Avec la loi Macron 1, il tente d'adapter la vieille économie aux nécessités du temps. Avec Macron 2, futur dispositif pour favoriser la transition numérique, il veut permettre à la France de profiter de la nouvelle économie: elle dispose d'innovateurs, d'entrepreneurs, il faut supprimer les freins à leur essor. L'heure est encore à la réflexion, mais il est clair que le ministre va de nouveau s'intéresser au Code du travail, percuté, par exemple, par l'irruption des autoentrepreneurs, qui ne sont plus vraiment des salariés et pas tout à fait des patrons.

Macron agit aussi par tempérament. Il a beaucoup d'idées sur tout - le travail, la Grèce, l'Europe. Alors, il s'ébroue dans le jardin des autres, créant quelques problèmes de voisinage. Notamment avec le locataire du 6e étage de Bercy, Michel Sapin, quand il donne son avis sur la crise grecque, gérée par le ministre des Finances. "Il faut parfois calmer la fougue de la jeunesse", dit-on, en souriant, dans l'entourage de Sapin.

La loi pour la croissance et l'activité va servir son penchant. En principe, il travaille en étroite relation avec ses collègues et, au début de la discussion à l'Assemblée, ils sont tous là, sur le banc du gouvernement. Mais, dans les longues palabres qui suivent, il est seul à la manoeuvre. A quelques reprises, François Rebsamen doit rappeler qu'il est le ministre du Travail. Macron lui envoie alors des SMS désarmants: "Excuse-moi, ma poule", écrit-il à son aîné.

Si la franchise et la sympathie peuvent désamorcer certains conflits, elles laissent insensibles les syndicats et la gauche du PS. Parce que l'irruption de Macron sur le terrain social porte un message subliminal qui les inquiète: "Traditionnellement, les prud'hommes relèvent du ministère de la Justice, et le droit du travail, du ministère du même nom, analyse Denys Robiliard, député PS, rapporteur thématique de la loi Macron. Or laisser Bercy toucher au droit du travail, c'est donner à penser qu'on roule pour les patrons, alors que le ministère du Travail incarne la défense des salariés." Reste à Macron à démentir cet adage: "Dis-moi d'où tu viens, je te dirai pour qui tu parles."

Par Corinne Lhaïk - www.lexpress.fr

Droit du travail : ce que veut le patronat

Le Medef pousse pour une réforme en profondeur du droit social en donnant plus de poids aux accords d'entreprise. 

«  Nous devons repenser la façon d'élaborer une réglementation du travail devenue trop complexe. » Cette phrase de Manuel Valls, tirée de sa tribune publiée dans nos colonnes ce mardi, a retenu toute l'attention du président du Medef. Pour Pierre Gattaz, la France a la chance d'être dans une période « d'accalmie économique », malgré une croissance encore très faible, que l'exécutif doit mettre à profit pour mener une réforme d'ampleur du droit du travail. 

Si le gouvernement n'a nullement l'intention de faire table rase de l'actuel Code du travail et compte plutôt procéder par étapes, il est certain que c'est un des sujets majeurs qui sera débattu cet automne. Peut-être même dès la rentrée, avec la remise du rapport Combrexelle attendue en septembre.

 L'ancien directeur du Travail planche actuellement sur une redéfinition de la place des accords d'entreprise par rapport à la loi. Pour le patronat, faire primer les accords d'entreprise sur la loi permettrait d'adapter la réglementation sociale aux besoins des entreprises en fonction de la conjoncture, mais aussi de leurs phases de développement.

 Les accords de maintien dans l'emploi, qui ont été assouplis par la loi Macron tout récemment, vont dans ce sens. Si cette logique était retenue, un socle de droits resterait commun à tous les salariés, quelle que soit leur entreprise, toute la question étant de savoir quel serait le périmètre de ce socle. 

Le gouvernement est manifestement prêt à aller dans cette direction. C'est ce qui explique l'insistance avec laquelle le Premier ministre parle du sujet depuis plusieurs semaines et le fait qu'il ait pressé Jean-Denis Combrexelle de rendre son rapport dès septembre. 

Comment pourrait se concrétiser cette réforme ? Le gouvernement pourrait profiter de la conférence sociale d'octobre pour débattre du sujet avec les partenaires sociaux. Un scénario que le Medef craint, car il sait que la majorité des syndicats redoute ce genre d'évolution. L'incertitude sur le futur ministre du Travail, qui doit remplacer François Rebsamen, ne facilite pas la tâche du gouvernement. Un ministre est toutefois fin prêt à s'emparer du sujet : Emmanuel Macron ne rate, en effet, pas une occasion d'aborder la question.
Marie Bellan, Les Echos

jeudi 20 août 2015

Salarié : l'indemnité kilométrique vélo est instaurée

Salarié : l'indemnité kilométrique vélo est instaurée
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Une indemnité kilométrique à destination des salariés qui font le trajet domicile-travail à vélo est créée par la loi sur la transition énergétique. Son versement sera pris en charge, en totalité ou en partie, par l'employeur. 


Le vélo séduit de plus en plus de salariés. D'après les résultats de l'expérimentation de l'indemnité kilométrique vélo du Plan d'action "mobilités actives", menée en 2014 sur plus de 8 000 salariés répartis dans 18 entreprises volontaires, le nombre total d'employés utilisant plus ou moins régulièrement le vélo pour se rendre au travail est passé de 200 à 419. Chaque participant a reçu 0,25 € par kilomètre parcouru. Face à ce succès, la loi sur la transition énergétique généralise cette indemnisation à l'ensemble des salariés. 

Une indemnité kilométrique vélo à la charge de l'employeur

Avec la nouvelle donne, l'employeur doit prendre en charge tout ou partie des frais engagés par ses salariés se déplaçant à vélo ou à vélo à assistance électrique entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail, sous la forme d'une "indemnité kilométrique vélo", dont le montant sera prochainement fixé par décret.

Cette prise en charge peut se cumuler avec celles déjà prévue au titre d'abonnements à des transports publics ou à des services publics de locations de vélos ainsi qu'avec le remboursement de l'abonnement de transport lorsqu'il s'agit d'un trajet de rabattement vers une gare ou une station ou lorsque le salarié réside hors du périmètre de transport urbain (trajet à vélo du domicile à la gare, notamment). Cette participation serait exonérée de cotisations sociales, dans la limite d'un montant défini par décret, et d'impôt sur le revenu. 

Alors que cette disposition est censée entrer en vigueur le 1er juillet 2015, sa mise en oeuvre est suspendue à la parution des décrets d'application.

Davantage d'égalité entre les salariés

Jusqu'alors rien n'avait été fait pour les salariés se rendant à leur travail à bicyclette en dehors de la participation de l'employeur au paiement de l'abonnement à un service de location de cycles, comme le vélib. Avec la mise en place de l'indemnité kilométrique vélo, les cyclistes bénéficient de mêmes avantages que ceux qui utilisent les transports en commun, leurs deux roues ou voiture pour effectuer le trajet emploi-domicile. 

Dans le même esprit de promouvoir les déplacements "propres", la loi transition énergétique met en place un tarif réduit des abonnements autoroutiers pour les véhicules à très faibles émissions et pour ceux utilisés en covoiturage. 

Stéphanie Alexandre - www.leparticulier.fr