dimanche 29 mai 2016

Les syndicats réformistes au bord de la crise de nerfs

CFDT, CFTC et CGC accusent la CGT et FO d'empêcher toute conciliation alors qu'ils ne représentent pas la majorité des salariés.

Une certaine fébrilité a gagné les rangs des syndicats réformistes qui ont négocié la loi travail avec Manuel Valls : ils redoutent une nouvelle modification du texte, voire un retrait, qui les mettrait en complet porte-à-faux. Pas question donc pour la CFDT, la CFTC et la CGC, trois centrales représentatives, de reculer face aux contestataires de FO et, surtout, de la CGT. 

Les trois organisations maintiennent mordicus le principe de la négociation d'entreprise, inscrit dans le désormais fameux article 2 du projet de loi. "Pour la CFDT, l'article 2 ne peut plus changer, c'est l'essence même du texte. La philosophie, c'est de faire confiance au dialogue social de terrain. C'est oui ou c'est non. Si c'est oui, c'est l'article 2", martèle Véronique Descacq, numéro deux de la centrale. Le président de la CFTC (chrétiens), Philippe Louis, défend aussi la négociation au niveau de l'entreprise : "Ce type d'accord permet d'obtenir de meilleures conditions pour les salariés. Par exemple, chez Zara, les salariées ont obtenu des aides à la garde d'enfant le dimanche qui auraient sans doute été difficiles à obtenir par un accord de branche."


L'hypothèse d'un renoncement du gouvernement glace d'effroi les réformistes. "S'ils en arrivent là, alors on change de monde. Le pouvoir se soumet à la violence, au chantage, à la censure de la presse", prévient Véronique Descacq. "Si le gouvernement reculait, il donnerait raison aux contestataires, il n'aurait plus aucun pouvoir et toute la famille réformiste serait en danger", renchérit Carole Couvert, présidente de la CGC (cadres), qui achève son mandat de leader syndical cette semaine.

"Les contestataires sont minoritaires"

Tous s'en prennent à la CGT. "Tout le monde dit qu'il faut discuter mais la discussion a déjà eu lieu et la CGT n'est pas venue aux derniers rendez-vous", observe un réformiste, qui ajoute : "Les contestataires, on sait qu'ils sont minoritaires." "La CGT a voulu la réforme de la représentativité sociale : elle pèse 49 % avec Force ouvrière, nous pesons 51 %. La démocratie, ce n'est pas le pouvoir de la nuisance dans la rue", clame Louis (CFTC).

Au Medef, où l'on soutenait la première version du texte, on craint que le gouvernement ne complique encore la législation. L'ex-présidente de l'organisation patronale, Laurence Parisot, a lancé un appel à renégocier au nom de la paix sociale.

    

mercredi 25 mai 2016

Communiqué CFTC - Loi Travail : la CFTC s'étonne de la posture prétendument « majoritaire » de certains syndicats

La CFTC s'étonne des propos de certains leaders syndicaux s'affirmant porte-paroles de la majorité des salariés français. 

Elle tient à rappeler qu'en France, sur les 8 organisations syndicales nationales interprofessionnelles, la moitié d'entre elles demande le retrait du projet de loi Travail... Tandis que les 4 autres, dont la CFTC fait partie ont contribué à faire évoluer positivement ce texte, vers plus de sécurisation pour les salariés. 

Parmi ces 8 organisations, 5 sont représentatives sur le plan national... et seulement 2 d'entre elles rejettent en bloc le texte! Rappelons que les 3 autres organisations, dont la CFTC fait partie, représentent elles 51 % des salariés et ne demandent pas son retrait !

Pour ce qui est de mesurer les rapports de force en présence, la CFTC suggère donc de s'en tenir aux faits !

Flashcom© CFTC

vendredi 20 mai 2016

Communiqué CFTC - Violences à l'encontre des forces de l'ordre : la CFTC s'indigne et condamne ces actes.

En réaction aux actes d’'une extrême violence perpétrés à l'’encontre de personnes exerçant leur métier pour les uns, leur droit à manifester pour les autres, la CFTC exprime son indignation et attend du gouvernement la plus grande fermeté. Par-delà la spécificité de leur statut, les policiers qui défilaient comme les militaires en poste derrière les grilles des Invalides sont des femmes et des hommes qui méritent toute notre considération. Fidèle à ses valeurs, la CFTC appelle au respect de la dignité humaine, du bien commun et soutient les personnes ayant subi de telles violences. 

Ces scènes de violence ne résolvent aucune des prétendues injustices supposées les devancer. Bien au contraire, les images qu’elles génèrent en faisant le tour des foyers affaiblissent un peu plus chaque jour la confiance que les français ont en eux-mêmes, en leurs représentants et la capacité de ces derniers à relever par le dialogue les défis qui s’'imposent au pays. 

Cette situation est inadmissible et totalement disproportionnée au regard du motif initial de mécontentement vis-à-vis du projet de loi « Travail ». Un texte qui, pour la CFTC, comprend pourtant de réelles avancées sociales pour sécuriser le parcours des travailleurs. 

Contrairement à d'’autres pour qui l’'amalgame est de mise, la CFTC fidèle à son histoire et sa pratique de syndicat de construction sociale a porté ses revendications à tous les niveaux de discussion (gouvernement, Assemblée nationale, députés, sénateurs...). 

Contrairement à d’'autres, elle affirme que son action a conduit à rééquilibrer le texte initial avec des avancées comme le CPA, ses droits nouveaux et sanctuarisés parce qu’'attachés à la personne (heures de formation, reconnaissance de l’'engagement citoyen), la généralisation de la « garantie jeunes » ou encore le droit à la déconnexion. 

Contrairement à d'’autres, elle estime que le retrait du projet de loi entraînerait une perte de ces avancées. Des avancées dont l'’opportunité pourrait ne pas se représenter. 

Contrairement à d’'autres et dans cet esprit elle continuera, auprès des parlementaires, à porter ses propositions d’'amendements afin d’'améliorer ce qui doit l'’être encore et sauvegarder les avancées sociales conquises. Elle n’'appellera donc pas à s'’associer aux journées d’action des 26 mai et 14 juin estimant qu’elles ajoutent à la confusion.

Flashcom© CFTC


mercredi 11 mai 2016

Le groupe BPCE va faire évoluer ses réseaux d'agences


Le groupe BPCE va faire évoluer ses réseaux d'agences


Le résultat net trimestriel recule de 10,5 %, à 578 millions d'euros. Les dépôts de grandes entreprises seront désormais facturés.

L'environnement de taux d'intérêt très bas commence à « mordre » sur les résultats des banques françaises fortement orientées sur les activités de détail. BPCE (Banque Populaire-Caisse d'Epargne) a ainsi publié mardi un résultat net en recul de 10,5 % au premier trimestre 2016, à 578 millions d'euros. Et ce, malgré une très forte baisse du coût du risque (-24,6 %), c'est-à-dire des provisions passées pour faire face aux risques d'impayés sur les crédits.
La marge nette d'intérêt sur les crédits, l'un des principaux moteurs de revenus, a chuté de quelque 7 % au premier trimestre chez Banque Populaire et Caisse d'Epargne par rapport à la même période de 2015. L'an dernier, la baisse avait été moins marquée et contrebalancée par la vague de renégociations des prêts immobiliers. Sur les trois premiers mois de 2016, le groupe mutualiste a compensé pour partie seulement le manque à gagner par une hausse des volumes de crédit. Les encours ont en effet progressé de 3,3 % dans les Banques Populaires et de 4,9 % dans les Caisses d'Epargne.
Dans ce contexte de taux durablement bas, le groupe a donc annoncé « une réflexion approfondie sur un nouveau programme de transformation et d'excellence opérationnelle ». Il s'agit notamment de gagner en productivité commerciale. « L'emploi en France dans la banque commerciale de BPCE ne va pas augmenter, a prévenu François Pérol, le président du directoire de BPCE . Dans les prochaines années, le groupe va connaître des départs à la retraite nombreux. Nous saurons exploiter ce contexte pour gagner en productivité sur les réseaux. » De même, alors que « le nombre d'agences a commencé à baisser depuis quelque temps », le patron du groupe mutualiste a prévenu qu'il allait « poursuivre la réorganisation et la transformation du réseau. Le maillage va évoluer, ainsi que la répartition des agences sur le territoire. C'est un travail de moyen et long terme qui va se poursuivre ».
Nouveau programme de synergies
Le groupe mise globalement sur un nouveau programme de synergies, qui s'est déjà traduit par le lancement, depuis le début de l'année, de trois opérations de fusion entre Banques Populaires et entre Caisses d'Epargne, avec à la clef « une meilleure efficacité des fonctions support ». BPCE a d'ailleurs confié à l'un de ses dirigeants, Jean-Yves Forel, le pilotage d'un nouveau programme de réduction de coûts et de synergies.
Mais le groupe a également décidé de s'atteler à une optimisation du coût de ses ressources, en appliquant une tarification sur les dépôts des grandes entreprises, afin de répercuter le taux de dépôt négatif de la BCE. Natixis, la filiale de grande clientèle de BPCE, a déjà engagé le mouvement « pour certains clients, quand la taille de la trésorerie est significative, a expliqué son patron, Laurent Mignon. Nous voulons supprimer dès le départ un éventuel effet d'aubaine lié à l'utilisation du compte courant comme outil de placement à moyen terme, avant que le phénomène ne prenne de l'ampleur. D'autant qu'il existe d'autres supports ». La facturation ne dépassera pas -0,4 %. « Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires ont peu de clients grands corporate, mais la même politique va s'appliquer », a ajouté François Pérol. 
Véronique Chocron, Les Echos

mardi 10 mai 2016

Chute des profits trimestriels de BPCE et de Natixis


Le groupe bancaire mutualiste cherche des pistes pour enrayer la baisse de ses résultats. - SIPA

Face à un résultat trimestriel en recul de 10,5 %, le groupe bancaire mutualiste lance un nouveau programme de transformation pour faire face à l’environnement de taux bas. Il prévoit de réduire le nombre d’agences et de facturer les dépôts à ses grands clients.

A l’inverse de ses concurrents , le groupe mutualiste BPCE et sa filiale Natixis n’ont pas été épargnés par les vents contraires. Les deux établissements ont en effet publié des résultats en baisse pour le premier trimestre de l’année. Le produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires de BPCE, a ainsi reculé de 4 % à 5,787 milliards d’euros pour un résultat net en retrait de 10,5 % à 578 millions d’euros. Du côté de Natixis, le produit net bancaire perd 3 % à 2,083 milliards d’euros. En revanche, le résultat net part du groupe sombre de 30 % à 200 millions d’euros.

Une contre-performance qui s’explique par les turbulences sur les marchés et l’environnement de taux faibles qui poussent BPCE à s’adapter pour enrayer la chute des résultats. « La persistance probable des taux bas pendant une période longue conduit le groupe à lancer une réflexion approfondie sur un nouveau programme de transformation et d’excellence opérationnelle », a déclaré François Pérol, le président du directoire de BPCE.
Réduction du nombre d’agences, taxe sur les dépôts
Dans un contexte de taux durablement bas , qui met les revenus des banques sous pression, le groupe a annoncé qu’il allait devoir gagner en productivité commerciale. « L’emploi en France dans la banque commerciale de BPCE ne va pas augmenter. Dans les prochaines années, le groupe va connaître des départs à la retraite nombreux. Nous saurons exploiter ce contexte pour gagner en productivité sur les réseaux », a indiqué François Pérol.
De même, alors que « le nombre d’agences a commencé à baisser depuis quelque temps », le patron du groupe a prévenu qu’il allait « poursuivre la réorganisation et la transformation du réseau. Le maillage va évoluer, ainsi que la répartition des agences sur le territoire. C’est un travail de moyen et long terme qui va se poursuivre », a-t-il précisé.
Le groupe a par ailleurs commencé à répercuter le taux de dépôt négatif de la BCE sur le dépôts de certaines grandes entreprises. « Ce n’est pas mécanique, ce sont des modalités à ce stade limitées, client par client quand la taille de la trésorerie est significative », a détaillé Laurent Mignon, le patron de Natixis. « Les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont peu de clients grands corporates, mais la même politique va s’appliquer », a ajouté François Pérol.
Natixis sous pression
Laurent Mignon, directeur général de Natixis, a salué la « résistance » des résultats de la filiale. Mais les performances des activités de banque d’investissement sont en recul et les efforts de « transformation » du modèle de la banque vont devoir se poursuivre, a t-il prévenu, y compris dans ses deux autres métiers, la gestion d’actifs et les services financiers spécialisés.

Laurent Mignon s’est refusé à évoquer d’éventuelles suppressions de postes, après le plan de 700 postes lancé il y a trois ans. Le dirigeant a en revanche insisté sur la transformation digitale des métiers. Le titre de la banque a perdu 3,10 % à l’ouverture des marchés. Il affichait un recul de 8,12 % vers 10h30.
Interrogé sur son assureur crédit la Coface, dont les activités de garantie publique vont rejoindre Bpifrance, Laurent Mignon a indiqué que des optimisations seront là aussi nécessaires et qu’un nouveau souffle commercial devait être trouvé.
Veronique Chocron / Journaliste au service Finance
Anne Drif / Journaliste et Etienne Goetz / Editeur web | 

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