vendredi 30 décembre 2016

Jours fériés: Le calendrier 2017 offre six week-ends à rallonge

Les jours fériés dans un calendrier.
Les jours fériés dans un calendrier. — G. LABARTHE / 20 MINUTES
 
L’année prochaine, cinq jours chômés tombent un lundi et un le vendredi…
 
Bonne nouvelle pour les salariés français. L’année 2017 sera propice aux « ponts » puisque sur les onze jours fériés que compte le calendrier, cinq tombent un lundi et un le vendredi. Soit au final l’opportunité d’avoir six week-ends à rallonge de trois jours au cours de l’année à venir.
 
 
Dans le détail, le 1er et le 8 mai tombent un lundi, tout comme le 17 avril, qui correspond au lundi de Pâques, et le lundi de Pentecôte, le 5 juin. En 2017, on fêtera également Noël le lundi 25 décembre.
 

 
France Bleu Compte certifié @francebleu   25 déc. 
          
 
 
Autre week-end de trois jours, celui de la fête nationale. Le 14 juillet tombe en effet un vendredi. En revanche, l’autre jour férié de l’été, le 15 août, tombe lui un mardi.
 
Seul bémol, deux jours fériés tombent durant un week-end : le 1er janvier (un dimanche) et le 11 novembre (un samedi).
 

mercredi 28 décembre 2016

Grève des agences LCL aux Antilles-Guyane surchauffée par un mail raciste en interne.

Les salariés dénoncent la suppression de plusieurs de leurs acquis et garanties collectives ainsi qu'un traitement inéquitable et méprisant de LCL. Le groupe emploie 44 personnes en Guyane. Par ailleurs, un mail interne à caractère raciste a envenimé un peu plus la tension. La lettre à Médiapart du délégué syndical CFTC c/o LCL Antilles-Guyane, Pierre Ho-Wen-Sze.

Les agents dénoncent une disparité entre l’hexagone et les régions d’outre-mer depuis la fusion avec la Banque Française Commerciale et le Crédit Lyonnais en mai 2015. (Photo France-Guyane, agence de Cayenne Place des Palmiste, du 20 décembre).
Les agents dénoncent une disparité entre l’hexagone et les régions d’outre-mer depuis
 la fusion  avec la Banque Française Commerciale et le Crédit Lyonnais en mai 2015.
(Photo France-Guyane, agence de Cayenne Place des Palmiste, du 20 décembre).
Cayenne le 26 décembre 2016. 
 
Nous avons l'honneur de vous solliciter (Médiapart) afin d'informer les Français sur le mépris affiché des dirigeants de LCL envers ses salariés de LCL AG Guyane (ex-BFC AG) et peut-être de leur comportement raciste.
Depuis 2005, LCL est quasiment le seul actionnaire de la BFC AG (Banque Française Commerciale Antilles-Guyane). Le 08 mai 2015, LCL absorbe la BFC AG et cette dernière devient LCL AG Etablissement distinct de LCL. Tous les accords d'Entreprise de l'ex-BFC AG sont donc remis en cause et une négociation doit avoir lieu afin de négocier un accord d'adaptation. À compter de cette date LCL montre son vrai visage.
 
ACTE I
 
LCL considère que les Syndicats de l'ex-BFC AG, CFTC & CGTG (CGT-Guadeloupe) ne sont pas représentatifs, c'est ainsi que seuls les Syndicats représentatifs au niveau de l'Entreprise LCL (SNB, CFDT, FO et la CGT) ont été invités à la négociation.
Afin d'humilier les Syndicats CFTC et CGTG représentatifs au niveau de LCL AG (ex-BFC AG), LCL a demandé à leur Délégué Syndical respectif de quémander une place auprès des Syndicats représentatifs au niveau de LCL si, ils veulent participer aux négociations. Les DS ont évidemment refusé de participer à cette mascarade.
 
 ACTE II
 
LCL invite les Organisations Syndicales (OS) représentatives au niveau de LCL AG (ex-BFC  AG), mais en tant qu'observateur, sans pouvoir, sans voix délibérative et sans accompagnateur. Ce qui prouve que les Syndicats de LCL (ex-BFC AG) ne sont pas considérés comme des Syndicats à part entière, alors que la Soc.28/10/2015.FS-P+B. N°14-16.043 dit que tous les Syndicats représentatifs doivent être invités, ceux de l'Entreprise absorbée au même titre que ceux de l'entreprise absorbante.
 
L'article L.2231-1 du code du travail confirme que :
 
La convention ou l'accord est conclu entre :
 
- D'une part, une ou plusieurs organisations Syndicales de salariés représentatives dans le champ d'application de la convention ou de l'accord...
 
Le champ d'application de l'accord est LCL AG (ex-BFC) confirmé dans l'article 1-1 de l'accord d'adaptation signé par 2  Syndicats sur 4 représentatifs au niveau de l'Entreprise LCL. Les 2 Syndicats non signataires (la CGT et FO)  n'ont pas participé à la négociation parcequ'ils considèrent qu'ils ne sont pas représentatifs dans le champ d'application de l'accord. Parmi les 2 Syndicats signataires, un n'est pas représentatif dans le champ d'application de l'accord et l'autre n'atteint pas 30% des suffrages exprimés aux dernières élections du CE LCL AG pour lui permettre de signer l'accord.
 
Par analogie nous vous invitons à lire aussi l'article L.2232-13.
 
Cet accord d'adaptation nous dépossède de la quasi totalité de nos acquis, mêmes ceux qui sont liés à notre convention collective locale et aux accords de place, comme la semaine de 37h30, la subrogation (voir notre appel à la grève).
 
C'est ainsi que les Syndicats CFTC & CGTG majoritaires dans le champ d'application de l'accord ont exercé leurs droit d'opposition. La Direction de LCL a rejté unilatéralement l'opposition formulée, alors que selon la chambre sociale du 25 mai 2004 (bull n°138), dès lors que la régularité de l'exercice du droit d'opposition à un accord d'entreprise par un Syndicat n'a pas été contestée, le maintien en vigueur de l'accord frappé d'opposition et ainsi réputé non écrit, constitue un trouble manifestement illicite, peu important l'existence d'une contestation sérieuse.
 
Malgré une grève d'avertissement le 03 mai 2016 avec 73% de grévistes la Direction a décidé de passer ne force et d'appliquer son accord d'adaptation réputé non-écrit.
 
Nous avons la faiblesse de penser que la Guyane n'est pas "une République Bananière" elle fait partie intégrante de la FRANCE.
 
La CFTC a donc décidé d'une nouvelle mobilisation depuis le 19 décembre 2016 afin de dénoncer aussi la souffrance du personnel. Sur 44 agents LCL Guyane il y a 4 cas de "BURN OUT" avérés et 2 voire 3 cas dans l'attente de confirmation. Nous venons d'apprendre qu'en 3 mois il y aurait eût 2 suicides et 1 tentative de suicide à LCL dans l'hexagone.
 
Les 4 agences de LCL en Guyane (St Laurent, Kourou, Cayenne et Rémire) sont fermées sans entrave à la liberté du travail. Au lieu de négocier pour ne pas pénaliser la clientèle, LCL veut jouer au pourrissement de la Grève. En effet, afin d'ouvrir l'Agence de Rémire LCL utilise une arme de patron voyou. Un CCD, dont la mission est de remplacer un agent en congé de maladie à l'Agence de Cayenne a été affecté à Rémire afin de remplacer un gréviste, alors que l'article L.1242-6 stipule :
 
Il est interdit de conclure un contrat de travail à durée déterminée :
 
1° Pour remplacer un salarié dont le contrat de travail est suspendu à la suite d'un conflit collectif de travail ; ...
 
DES REPRÉSAILLES ?
 
Les manipulateurs de fonds (caissiers...) n'ont pas reçu leur prime de caisse de l'année 2016 qui devrait être versée avec la paye de décembre. Il faut dire que cette population a répondu à la grève à la quasi unanimité.
 
LA CERISE SUR LE GÂTEAU :
 
Le 13 janvier 2016, un salarié LCL AG ex-BFC AG a reçu un mail d'un agent LCL de l'hexagone montrant 2 images, la première, des Noirs sur un véhicule et la seconde, des macaques sur une voiture et il écrivait ceci :
 
CITATION 
 
"Si vous pouviez me donner un coup de main, j'ai bien regardé ces deux photos dans tous les sens, je ne trouve pas d'erreurs..."
 
FIN DE CITATION
 
Les représentants de la CGTG ont alerté la Direction Régionale, la CGT la Direction Nationale de LCL. À ce jour, aucun courrier n'a été adressé aux salariés de l'ex-BCF AG par la Direction pour au moins condamner officiellement cet acte raciste.
 
Pour vous permettre de connaître le détail des raisons de notre mobilisation, nous vous communiquons en pièces jointes :
 
- Le courrier du 15/11/2016 adressé à la Direction de LCL resté à ce jour sans réponse, 
- Le courrier de la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (DIECCTE),
- L'appel à la grève,
- Le cahier de revendications,
- Et le mail à caractère raciste.
Nous vous souhaitons bonne réception."
 
Pour le Syndicat 
LE DS
Pierre HO-WEN-SZE

PS : À l'heure (22h55 heure de Paris, 17h55 en Guyane) où nous clôturons le relais de la lutte syndicale guyanaise le 27 décembre, une dizaine de gendarmes, appelés par la Direction pour permettre illégalement à un agent en CDD de casser le mouvement, vient d'être dépéchée sur le piquet de grève de Rémire. 
 
 
 
Le courrier du 15.11.2016 adressé à la Direction de LCL 
Le courrier du 15.11.2016 adressé à la Direction de LCL 1/2.Le courrier du 15.11.2016 adressé à la Direction de LCL 1/2.

Le courrier du 15.11.2016 adressé à la Direction de LCL 2/2.Le courrier du 15.11.2016 adressé à la Direction de LCL 2/2.

 
Par Pierre Carpentier - blogs.mediapart.fr

lundi 26 décembre 2016

Faut-il casser le modèle social français pour vaincre le chômage ?


MATTHIEU DE MARTIGNAC; LP/YANN FOREIX



Les chiffres du chômage de novembre seront connus ce lundi soir. Le thème sera central dans la campagne présidentielle. Le point de vue de deux économistes. 
 
 
Pas de trêve de Noël pour le chômage... Ce lundi soir, le gouvernement lèvera le voile sur le nombre des demandeurs d'emploi de novembre.
Quelle que soit la tendance, il restera bien au-delà du cap symbolique des 3 millions*. Et même si l'embellie devait se confirmer, il n'en restera pas moins que, selon les chiffres du ministère du Travail, 550 000 chômeurs sont venus grossir les rangs de Pôle emploi durant le quinquennat . C'est ce qui a poussé François Hollande, qui avait lié sa candidature présidentielle à son bilan sur le front de l'emploi, à jeter l'éponge. Les projecteurs vont se braquer désormais sur les programmes des candidats. A droite, François Fillon veut appliquer au pays un traitement de choc à la Thatcher. Face à lui, il aura les défenseurs du modèle social français. Mais depuis la fin des Trente Glorieuses, les politiques multiplient les promesses et pourtant le taux de chômage ne recule pas. Comment continuer de rêver d'un retour au plein-emploi ? A-t-on tout essayé ? Notre système a-t-il fait long feu ? Le débat est ouvert.
 

 

OUI, pour Jean-Marc Daniel

EST ÉCONOMISTE, PROFESSEUR À L’ESCP EUROPE
Auteur de « Trois Controverses de la pensée économique » (Odile Jacob, 2016)
 
Faut-il changer de modèle social pour gagner la bataille contre le chômage ?
JEAN-MARC DANIEL. Oui. Garder le Code du travail tel quel même avec la loi Travail rend impossible de réduire le chômage en dessous des 9 %. Il faut aller plus loin et simplifier les conditions de licenciement comme aux Etats-Unis, afin de permettre aux entreprises de se séparer des gens dans les quarante-huit heures moyennant une indemnisation du chômage plus généreuse. Il faut aussi faire sauter les verrous sur le temps de travail pour permettre aux entreprises de le faire varier, ainsi que les salaires, en fonction des carnets de commandes, de l'évolution des cycles. Il est faux de dire qu'on a tout essayé ! Depuis trente ans le taux de chômage de la France stagne autour de 9 à 10 %. C'est notre modèle qui est dépassé.
 
La société est-elle prêteà accepter des mesuresaussi libérales ?
Depuis des lustres, les candidats, droite comme gauche, gagnent les élections en disant « ma priorité c'est l'emploi », et ils les perdent en constatant qu'ils n'ont pas réussi à réduire le chômage. Au fur et à mesure qu'ils échouent, le Front national monte. Arrivera le moment où les électeurs ne leur laisseront pas la possibilité de revenir après. Leur intérêt aujourd'hui est de passer de l'incantation à la phase de la réalisation.
 
Quelles recettes ne marchent plus ?
Les politiques de grands travaux ont montré leur inefficacité. Idem pour les baisses de charges qui ont baissé le coût du travail sans résultat sur le marché de l'emploi. C'est facile de baisser les charges sociales : vous mettez la Sécu et personne ne vient vous casser les pieds !
 
Quels sont les tabous à faire sauter ?
L'idée fausse que les salariés et le monde syndical sont opposés à toute forme de réforme ! Les politiques sont aussi persuadés que les mesures n'ont d'effet qu'à moyen terme. Leur intérêt immédiat est plutôt de colmater les brèches tout de suite que d'essayer de s'engager dans de véritables réformes.
 

NON, pour Mathieu Plane

EST ÉCONOMISTE À L’OFCE (OBSERVATOIRE FRANÇAIS DES CONJONCTURES ÉCONOMIQUES)
Il est par ailleurs enseignant à Sciences-po.
 
 
Faut-il sacrifier le modèle social français pour éradiquer le chômage ?
Mathieu Plane. Non. Le chômage ne peut pas baisser à n'importe quel prix. Pas si le prix à payer est d'avoir plus de travailleurs pauvres, de précaires et un accroissement des inégalités ! Aujourd'hui, la flexibilité est déjà très forte en France avec le recours massif des entreprises aux contrats courts : 85 % des embauches actuelles se font en CDD. Si la flexibilité n'est pas accompagnée de plus de sécurité, elle accroît la précarité sans augmenter le nombre d'heures travaillées dans l'économie.
 
Des économistes affirment qu'on a tout essayé sauf ce qui marche. Qu'en pensez-vous ?
Ce qui marche, c'est de mettre en place des politiques de croissance. Les entreprises ne créent de l'emploi que s'il y a de l'activité. La flexibilité accrue du marché du travail n'est pas un vecteur de croissance. Ces politiques qui ont une vision axée uniquement sur le Code du travail sans tenir compte des politiques macroéconomiques à mener, qu'elles soient budgétaires, fiscales ou monétaires, ne marchent pas.
 
Quels sont les verrous politiques à faire sauter ?
On ne résoudra pas le problème du chômage sans accroître la précarité si l'on n'est pas capable de mettre en place une Europe dont les politiques budgétaires et monétaires intègrent directement des objectifs de croissance et de plein-emploi. Dans les traités, les questions d'emploi, de salaires et d'inégalités doivent être traitées au même niveau que les questions budgétaires et de compétitivité.
 
Peut-on encore croire au retour du plein-emploi ?
Rappelons que le taux de chômage avant la crise (début 2008) était inférieur à 7 % et que la France a été capable de créer 2 millions d'emplois sur la période 1998-2001. Le chômage n'est pas une fatalité, mais s'y attaquer sans détériorer la qualité de l'emploi nécessite de retrouver une croissance forte et une politique ambitieuse d'investissement dans l'avenir, que ce soit les infrastructures, l'éducation et la transition énergétique.
 
* Selon le mode de calcul de l'Insee présenté dans l'infographie, le chiffre s'élève aujourd'hui à 2,8 millions de chômeurs.

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Catherine Gasté - www.leparisien.fr

dimanche 25 décembre 2016

L'explosion des frais bancaires, et les banques en ligne sont là

frais bancaires 2017 en augmentation
Une augmentation de 4,5 % en moyenne est à prévoir sur les retraits par carte bancaire.

Avec des marges qui continuent de se tasser, les établissements bancaires traditionnels augmentent les frais pour les usagers, une aubaine pour les banques en ligne, très concurrentielles.

Hausse des frais de tenue de compte

Le changement d’année apporte son lot de mauvaises nouvelles pour le pouvoir d’achat. Outre l’énergie ou encore l’assurance, les banques participent à ce mouvement en augmentant sensiblement les frais bancaires, notamment les frais de tenue de compte. D’après une étude pilotée par le comparateur Meilleurebanque, qui a observé à la loupe 54 établissements, la hausse moyenne des frais de tenue de compte est estimée à 13 %.
 
Parmi les opérateurs concernés, citons le cas emblématique de La Banque postale, dont les frais de tenue de compte atteindront, en 2017, 12 € / an. Le groupe Banque Populaire est celui, dont la tarification subit la plus forte réévaluation : de 17,88 € à 25,16 € / an. La Caisse d’Épargne n’est pas en reste, comme le montre l’exemple de la Caisse régionale Provence Alpes-Corse, dont les montants passent de 14,4 € à 24 € / an. D’autres banques, comme la Banque Populaire Rives de Paris (30 € / an), factureront désormais cette prestation. Pour cibler la gratuité, il faut taper à la porte du Crédit Agricole, de LCL (sous réserve de domiciliation de revenus), du Crédit Coopératif, mais surtout des banques en ligne.

Carte bancaire, et frais de commission : gare à vos factures !

La hausse des frais bancaires touche également les cartes à débit immédiat (+ 3,35 % en moyenne). Désormais, 3 établissements sur 10 appliquent un tarif équivalent à celui d’une carte à débit différé, contre 18 % en 2016. Toujours à la recherche de revenus complémentaires, les établissements n’épargnent pas non plus les retraits en dehors des distributeurs de la banque : + 4,5 % en moyenne.
 
Les banques en ligne bénéficient d’un avantage concurrentiel et continuent de proposer à leurs clients les services en ligne et les moyens de paiement gratuitement. Toutefois, il faut noter que cette gratuité est liée à deux conditions : le versement d’un dépôt initial et la justification d’un niveau de revenus, ou le paiement d’une somme mensuelle.

 
Banques en ligne
   
Article rédigé par Olivier Balbastre
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

jeudi 15 décembre 2016

Vendée Globe : comment le sponsor Banque Populaire se fait bien voir



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INFOGRAPHIE. Belle et efficace à la fois ! Telle doit être la décoration des bateaux en lice au Vendée Globe. Explication avec le cas de Banque Populaire (actuel leader de la course), décrypté par le designer Jean Baptiste Epron et Chantal Petrachi, la directrice de la communication du sponsor.

 
«Comme il s’agit de mettre un panneau publicitaire en pleine nature, la moindre des choses est de dessiner quelque chose d’élégant», pose d’emblée Jean-Baptiste Epron, designer de neuf bateaux parmi les concurrents du Vendée Globe (Banque Populaire, SMA, Edmond de Rothschild, Souffle du Nord, Finistère Mer Vent…). Une question de morale pour ce marin confirmé qui a notamment deux Trophée Jules Verne (tour du monde en équipage) au compteur. Reste que l’objectif principal est de mettre en valeur les couleurs du sponsor. « Il faut pouvoir reconnaître le bateau sur les photos ou les images télés sans avoir de doute», résume Jean Baptiste Epron. Pas une mince affaire ! Car la charte graphique du sponsor, sur laquelle est basé le dessin, n’est pas spécialement adaptée à être projetée sur une coque ou des voiles. Il faut aussi que la robe du bateau soit reconnaissable quel que soit l’angle de vision et la distance, ce qui n’a rien d’évident non plus.
 
 
Illustration, avec la décoration de Banque Populaire, actuellement en tête de la course. «Nous avons une nouvelle campagne de pub apparue en 2014 qui dit que l’addition des forces multiplie les chances. Ce message est caractérisé par un + et un x placés dans une flèche en haut à droite de notre logo, explique Chantal Petrachi, directrice de la communication chez Banque Populaire. Il fallait donc que l’on retrouve ces éléments dans l’habillage du bateau.» Autre impératif, pour le sponsor, il est absolument nécessaire que le logo ou la dénomination de la marque soient présents dans tous les endroits possibles pour être captés sans coup férir par les photographes. Au total, pas moins de quarante emplacements ont ainsi été retenus (voir l’illustration ci-jointe). Il ne faut pas pour autant imposer à l’équipe de course une décoration trop lourde, complexe à installer et trop gourmande en peinture. Ce dernier point a été largement réglé en utilisant des autocollants sur la coque.
 
 
Pour parvenir au look final du bateau, Jean Baptiste Epron se souvient avoir travaillé sur quinze projets différents. Trois ont été retenus, par la direction de la Communication de Banque Populaire, puis ont été retravaillés. Le projet, dont nous exposons quelques étapes dans la frise ci-jointe, a pris trois mois et son dessin a été finalisé en novembre 2016. «J’ai repris les éléments du logo et je les ai transformés comme des papillons qui s’envolent», raconte le designer. «Le dessin retenu dégage une dynamique, une impression de liberté et colle bien avec notre image de marque, commente Chantal Petrachi, la directrice de la communication. L’allure générale du bateau, avec ces nuances de bleu, est très soignée, exactement comme les relations que nous avons avec notre clientèle.» 
 
 
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Eric Wattez - www.capital.fr




Au procès de Christine Lagarde, retour sur les liens entre Tapie et l'Elysée

On le recevait "pour s'en débarrasser": au procès de Christine Lagarde il a été question jeudi des visites de Bernard Tapie à l'Elysée en 2007 et 2008, quand s'est noué l'arbitrage controversé qui vaut à la patronne du FMI d'être jugée.
 
La présidente de la Cour de justice de la République Martine Ract Madoux n'épargne pas François Pérol, actuel président du groupe bancaire BPCE et ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée quand Nicolas Sarkozy était chef de l'Etat.
 
Le banquier ne se souvient pas de deux réunions au sommet à l'Elysée, dont l'une avec Bernard Tapie, auxquelles il a pourtant participé selon les enquêteurs.
 
Ces rencontres ont selon les magistrats instructeurs été décisives pour décider en 2007 un arbitrage dans le contentieux entre l'homme d'affaires et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais, puis pour valider en 2008 une sentence attribuant à Bernard Tapie plus de 400 millions d'euros.
 
Tout au plus François Pérol parle-t-il de "réunions d'information". N'y-a-t-il pas eu en 2008 une consigne donnée à Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, pour qu'elle ne fasse aucun recours contre la sentence si favorable à Bernard Tapie?
 
L'échange prend un tour absurde.
 
"Je ne me souviens pas qu'une instruction ait été donnée au cours de cette réunion dont je ne me souviens pas", répond le banquier.
 
Il a également oublié une visite de l'homme d'affaires dans son bureau peu après que la sentence arbitrale soit tombée, et avant l'expiration du délai de recours.
 
Selon les archives officielles, François Pérol a reçu Bernard Tapie six ou sept fois en tout. Lui se souvient de "trois" rencontres: "Les registres de l'Elysée sont d'une fiabilité toute relative."
 
"Il venait me voir pour me parler de son dossier.
 
- Mais à quoi ça sert puisque vous ne décidez rien? demande la présidente
- Ca sert à m'en débarrasser", assure François Pérol qui "préfère le voir vingt minutes", plutôt que de risquer que cet homme "extraordinairement entreprenant" et "assez accrocheur" fasse "le siège" de son bureau.
 
Et d'assurer que dans toute affaire de ce genre, "la responsabilité appartient à celui ou celle qui signe". En l'occurrence Christine Lagarde.
 
Celle-ci comparait jusqu'à vendredi devant les trois magistrats et douze parlementaires de la CJR, qui juge les membres du gouvernement pour les délits commis dans l'exercice de leurs fonctions. Elle risque jusqu'à un an de prison pour avoir fait preuve de "négligence" dans cet arbitrage, qui s'est ensuite révélé frauduleux.
 
aue/epe/eb -  AFP - www.boursorama.com

Droit à la déconnexion : bloquons les courriels en dehors des heures de travail


Droit déconnexion : bloquons courriels heures travail
Droit à la déconnexion : bloquons les courriels en dehors des heures de travail - Shutterstock
 

Les entreprises peuvent décider de bloquer les e-mails durant les périodes de repos des salariés. Les solutions techniques existent déjà.

Nombreux sont les salariés qui ne déconnectent jamais complètement de leur travail. Comme l'indiquait une enquête du cabinet de conseil Deloitte, 71% des cadres consultent leurs mails professionnels le soir ou en congés même si 76% estiment que les outils numériques ont un impact négatif sur leur vie personnelle. L'étude Eléas «Pratiques numériques des actifs en France en 2016», publiée le 24 octobre, confirme la tendance des salariés à se connecter sur leur boîte mail professionnelle en rentrant chez eux ou pendant leurs congés.
 
L'évolution des nouvelles technologies a favorisé le besoin d'être constamment connectés et réactifs pour faire face à la pression sociale et aux défis de l'instantanéité. Pourtant, la connexion permanente des salariés peut être source de stress et pourrait mener à l'épuisement professionnel.
 
11 heures de repos entre deux journées de travail
 
Le droit à la déconnexion, un des chapitres de la loi Travail , favorise le droit de ne pas répondre aux mails, appels et messages reçus en dehors des heures habituelles de travail. La loi existante prévoit 11 heures de repos entre deux journées et 35 heures par semaine. Chaque entreprise devrait ainsi mettre en place une phase de négociation afin de respecter ces conditions dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Les entreprises de plus de 300 salariés devraient avoir jusqu'à fin 2017 pour fixer des règles garantissant le temps de repos.

Lire aussi :
Ces entreprises pourront très bien décider qu'aucun courriel ne devra être reçu par telle catégorie de salariés or des heures ouvrées, ce qui est déjà le cas dans certaines entreprises. Cela peut aussi devenir un moyen de protéger les entreprises lorsque des échanges d'e-mails entre salariés tard le soir et le week-end peuvent être considérés comme des heures supplémentaires par les tribunaux (Cassation sociale 15 janvier 2015, n° 13-27072).
 
Des périodes de pause
 
Alors quelles sont les solutions technologiques existantes aidant au respect du «droit à la déconnexion» comme défini par le projet de loi Travail ? Il est possible de configurer les boites de messageries professionnelles afin de définir des périodes durant lesquelles aucun e-mail ne peut être transmis aux collaborateurs, pendant les week-ends, jours fériés et vacances par exemple. Les e-mails ne sont donc plus transmis directement mais temporairement enregistrés dans des «data centers».
 
Lorsque la période prédéfinie est dépassée, ils sont automatiquement remis au destinataire. Il est bien entendu possible de rapatrier dans l'instant les messages en cas de situations exceptionnelles.
Cette fonction incite les collaborateurs à éviter de solliciter leurs collègues le week-end ou les jours fériés.
L'avantage de cette fonctionnalité est qu'elle est paramétrable par groupe d'utilisateurs et/ou pour par chaque utilisateur. Cette fonction incite les collaborateurs à optimiser leur usage des nouvelles technologies, en évitant de solliciter leurs collègues le week-end ou les jours fériés et donc à se poser la question de savoir si cela peut attendre le lendemain et ainsi diminuer le stress et la pression du destinataire.
 
Insuffler les bonnes pratiques
 
Au sein d'une entreprise, il est nécessaire d'éduquer ses collaborateurs à travailler uniquement pendant les heures officielles de travail. C'est d'abord aux managers d'insuffler les bonnes pratiques en veillant, dans un premier temps, à ne pas envoyer de mails en dehors des horaires de bureau. Ces principes exemplaires du management vont instaurer des conditions sociales de travail favorables au bien-être des collaborateurs. Ces derniers veilleront in fine, à répliquer cette méthodologie sur toutes les communications externes avec leurs clients par exemple.
 
Les fonctionnalités de «pause d'e-mails» peuvent favoriser la mise en place de ces principes sans pour autant être trop rigides puisque l'on pourra toujours passer outre en cas d'urgence. Les dernières études publiées sur la volonté des Français, la loi Travail, les règlements ainsi que les tribunaux soulignent la nécessité d'encadrer l'utilisation des outils professionnels telle que la messagerie en dehors du temps de travail. Chaque entreprise peut procéder à une réorganisation de ses conditions de travail en adéquation avec cette nouvelle loi et insuffler de nouvelles pratiques via des outils technologiques simples et automatisés permettant de respecter les conditions requises par cette loi.
 
Benoît Tremolet est directeur général de Retarus France - www.lesechos.fr

mardi 13 décembre 2016

La greffe a fini par prendre

La crise de Natixis a accéléré la création de BPCE

Il n'y a plus de "rouges" ni de "bleus". Natixis ne compte que des "violets" », relève Laurent Mignon, le directeur général de la filiale de BPCE, en référence à la couleur des enseignes des deux groupes mutualistes, les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires, dont sont issues les équipes de Natixis. Créé il y a sept ans, son logo marie volontairement les deux tons. « Avant Natixis était la filiale de deux maisons, aujourd'hui elle fait partie d'un seul groupe, BPCE », ajoute-t-il. Portée sur les fonts baptismaux dans la douleur, en pleine crise financière, alors qu'elle menaçait d'entraîner vers le fond ses deux actionnaires, Natixis leur aura finalement servi de ciment. En contraignant ces derniers à s'entendre rapidement, ses difficultés ont permis d'aboutir à la création du groupe BPCE.
 
Depuis, l'« enfant terrible » des deux mutualistes s'est transformé en bon élève. Débarrassée de ses actifs toxiques et de sa culture du risque, la filiale de banque d'investissement et de gestion d'actifs s'est attachée à regagner la confiance des deux réseaux mutualistes. Natixis s'est imposé comme l'« usine » des réseaux, en épargne, dans les services spécialisés (crédit à la consommation, crédit-bail, etc.), puis, malgré des réticences initiales, en assurance.
 
« Plus d'un tiers des résultats de BPCE »
 
La filiale cotée a par ailleurs porté ses efforts sur le retour sur fonds propres (RoE) et sur les bénéfices. Alors qu'elle brûlait du capital en 2009, elle génère aujourd'hui 11 % de RoE. « Natixis représente plus d'un tiers des résultats de BPCE. C'est aujourd'hui un élément important de la compétitivité du groupe », constate Laurent Mignon. Par ailleurs, l'établissement multiplie les efforts de synergies de revenus avec les réseaux Banque Populaire et Caisse d'Epargne. « Faire croître les synergies a été un objectif essentiel. Nous avons dépassé l'objectif de notre premier plan stratégique de créer 800 millions d'euros de revenus supplémentaires en travaillant mieux ensemble, et nous nous apprêtons à faire de même d'ici à la fin de l'année prochaine dans le cadre de notre plan actuel. Collectivement, nous aurons ainsi généré près d'1,6 milliard d'euros de produit net bancaire en sept ans », indique le directeur général. Centre de coûts dans ses jeunes années, Natixis est parvenu à distribuer au total 7 milliards d'euros de dividende à ses actionnaires.
 
Les réserves de certains barons régionaux à la tête de Banques Populaires ou de Caisses d'Epargne ne sont pourtant pas entièrement dissipées. Ces derniers veillent à ce que le centre de gravité du groupe BPCE reste bien mutualiste. « Nous faisons partie de la même famille et nous avons conscience d'appartenir à un ensemble mutualiste », tempère Laurent Mignon.
Anne Drif et Véronique Chocron, Les Echos

vendredi 9 décembre 2016

La méthode agile, une promesse et un défi à la fois

Le projet de réorganisation de BPCE illustre un mouvement de fond à l'oeuvre dans le secteur bancaire : l'adoption de méthodes dites « agiles » qui ont fait le succès d'entreprises comme Spotify, Netflix ou encore Google, capables de produire une série de produits et services innovants en quelques mois, quand il faut aux banques deux ou trois ans.
Ce processus correspond à une révolution copernicienne, car les organisations bancaires ont fonctionné ces vingt dernières années en silos dédiés à des produits spécifiques et répondant à des logiques de contrôle précises. Mais les banques sont confrontées à la lourdeur de leurs systèmes d'information, qui croulent par ailleurs sous les plans d'adaptation réglementaire. Il leur est dans ces conditions impossible de répondre aux attentes de clients pour lesquels l'instantanéité est devenue la norme.
 
Les méthodes agiles portent cette promesse de réactivité : en réunissant des salariés issus d'univers différents pour les faire travailler selon des modes itératifs courts afin d'imaginer des produits ou services testés fréquemment auprès des clients, elles permettent de surmonter l'inertie. Le groupe néerlandais ING a le premier misé sur ces méthodes, les appliquant au sein de son siège amstellodamois dès l'été 2015 : les équipes mais aussi les dirigeants n'y ont plus de bureau propre, le travail s'organisant en « squads » pluridisciplinaires d'une petite dizaine de personnes concentrées sur des missions ponctuelles.
 
Mais pour passer la barre du simple effet de mode, ce modèle requiert un investissement humain lourd qui vient compliquer la problématique de réduction de coûts des banques. Le budget prévisionnel de formation de BPCE en 2016 était ainsi en hausse de 10 % sur un an et le groupe prévoit des recrutements extérieurs. « On ne peut pas tout faire en mode agile et quelle que soit la situation de départ. Il est plus facile d'être agile dans la Silicon Valley avec des équipes dont la moyenne d'âge est 24 ans qu'avec des collaborateurs qui ont 54 ans et codent en Cobol », prévient néanmoins un consultant.
Ninon Renaud, Les Echos

BPCE s'organise pour faire face à la révolution digitale


Yves Tyrode, nouveau « chief digital officer » groupe BPCE.
Yves Tyrode, le nouveau « chief digital officer » du groupe BPCE. - Photo Xavier Popy/REA
 

Le groupe mutualiste prépare son plan digital. Il sera dévoilé au premier trimestre 2017.
 
« L'impact du digital sur le modèle bancaire ? Nous n'en avons encore vu que le début d'une ombre. » Ce pronostic fait mardi par Daniel Karyotis, le nouveau patron de la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes, traduit la priorité absolue donnée par les grandes banques françaises à la révolution numérique. Le groupe BPCE a pour sa part décidé de bousculer entièrement son organisation et ses méthodes de travail pour s'y adapter. L'établissement mutualiste présentera les détails de son « plan d'action digital » début 2017, mais les transformations sont déjà à l'oeuvre, sous l'impulsion d'Yves Tyrode, le nouveau « chief digital officer » du groupe BPCE.
 
Un rapport interne du cabinet Ipso Facto, l'expert du comité d'entreprise de BPCE SA, que « Les Echos » ont pu lire, a ainsi déjà dessiné les grands mouvements à venir, qui sont toutefois encore « susceptibles d'évolutions ». Première décision structurante : le groupe mutualiste va créer un pôle digital au sein de son organe central (BPCE SA), chargé de définir la stratégie pour le groupe - qui sera toutefois le fruit d'une « construction collective ». Cette task force digitale animera la communauté des « digital champions », soit une quarantaine de référents en matière de digital qui seront présents dans les différentes entités du groupe (les Caisses d'Epargne, les Banques Populaires, les filiales ou pôles de l'organe central) pour mettre en place les plans d'action.
 
Colocalisation des équipes
 
Le groupe mise par ailleurs sur une « colocalisation des équipes », afin que toutes les parties prenantes à un projet puissent travailler ensemble. D'où la mise en place d'une « digital factory », composée de six « centres de compétences » (accélérateurs, centres d'expertise...) répartis sur le territoire français, un des centres devant être situé à Paris.
 
Autre bouleversement : le pôle digital vise « une industrialisation immédiate des projets », sans passer « par le stade du "proof of concept" », selon le rapport d'Ipso Facto, qui ajoute que « la task force ne se concentrera que sur des projets de grande envergure pouvant être largement déployés ».
 
Selon ce document interne, le plan digital de BPCE « portera sur un horizon de dix-huit mois », car le pôle digital fonctionnera avec des « saisons de projets ». Des saisons cadencées en périodes de six mois, donnant lieu chacune au lancement d'une dizaine de projets numériques (lancements de nouveaux services, de nouvelles applications, etc.).
 
Concrètement, le nouveau pôle digital devrait être structuré en quatre directions, chargées respectivement de l'expérience utilisateur, de la gestion des données des clients, des fintech et de l'« open innovation » - car BPCE ne pourra pas développer toutes ses innovations en interne -, et, enfin, de la transformation digitale. Interrogé BPCE n'a pas souhaité faire de commentaires. « Ce plan digital apporte réellement un vent nouveau. Il va bousculer le groupe », prévient un responsable au sein d'une banque régionale du groupe.
Véronique Chocron, Les Echos 

mercredi 7 décembre 2016

La Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes veut devenir un poids lourd régional

Daniel Karyotis, qui occupait auparavant les fonctions de directeur général de BPCE en charge des finances et des risques, est le nouveau directeur général de Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes. - SIPA

Les Banques Populaires des Alpes, de Loire et Lyonnais et du Massif central ont fusionné. 210 à 240 suppressions de postes sont prévues.

L'époque n'est plus aux petites banques régionales chez BPCE. Quelques jours après la naissance de la Banque Populaire Méditerranée, issue du rapprochement des établissements du Sud-Est, un nouveau mouvement de fusion est à l'oeuvre. Mercredi, les assemblées générales des Banques Populaires des Alpes, de Loire et Lyonnais, et du Massif central ont voté leur regroupement au sein d'une banque régionale qui couvrira un territoire de 88.000 kilomètres carrés, de Tulle à Digne-les-Bains. La nouvelle Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, qui épouse les contours de la grande région administrative du Centre-Est, recense désormais 1 million de clients, 400 agences et centres d'affaires, 3.800 salariés et pèse 2,6 milliards d'euros de fonds propres. Elle revendique sur cette base le titre de première Banque Populaire du réseau « en régions », derrière la Bred, qui rayonne depuis Paris.
 
Ratio de solvabilité confortable
 
« Nous avions trois établissements de taille moyenne. Or, pour pouvoir accompagner les belles entreprises de la région, il faut des banques avec des bilans très solides, explique Dominique Martinie, le président de la Banque Populaire du Massif central désigné à la tête du nouvel ensemble. C'était le bon moment pour fair cette fusion, car les banques traversent une période incertaine, sous la contrainte des taux bas, de la réglementation et avec l'arrivée du digital, qui va nécessiter beaucoup d'investissements. » La nouvelle banque bénéficiera d'un ratio de solvabilité confortable, de 14,8 %, largement supérieur aux exigences des superviseurs. Le nouvel établissement a installé son siège à Lyon, mais il a mis en place six directions commerciales régionales, qui auront la capacité d'accorder des financements, « même conséquents », sans en référer à la capitale régionale.
 
Aucun départ contraint
 
Cette fusion ne sera pas sans conséquence pour l'emploi. La fusion des trois sièges (Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble) va entraîner « des rationalisations ». « Nous avons signé un accord avec les organisations syndicales qui prévoit, entre 2016 et 2019, une baisse des effectifs comprise entre 210 et 240 personnes, uniquement sur les fonctions support. Mais il n'y aura aucun départ contraint », précise le nouveau directeur général de la banque, Daniel Karyotis, qui occupait auparavant les fonctions de directeur général de BPCE en charge des finances et des risques. La direction souligne que les coûts de la fusion seront « assez importants », pour moitié affectés à l'informatique, mais elle prévoit un retour sur investissements à un horizon de trois ans. L'objectif étant par ailleurs de réduire, d'ici à 2019, de 3 à 5 points le coefficient d'exploitation de l'établissement, qui atteignait environ 67 % au 30 juin.
 
Si ce mouvement de fusion a été lancé par les dirigeants et les conseils des banques régionales, qui sont souverains en la matière, il répond au souhait du patron de BPCE, François Pérol, de créer des entités plus robustes. D'autres opérations de rapprochement sont attendues. Certaines font figure de serpents de mer, comme l'union des deux Banques Populaires de Bretagne, ou celle des Caisses d'Epargne de Rhône Alpes et de Loire-Drôme-Ardèche. La prochaine sur la liste pourrait être la fusion des Caisses d'Epargne d'Alsace et de Lorraine Champagne-Ardenne.
 
Véronique Chocron - www.lesechos.fr

mardi 6 décembre 2016

Le droit à la déconnexion : mythe ou réalité ?

Par Marianne Franjou
 Les technologies de l’information et de la communication (TIC) occupent aujourd’hui une place majeure dans l’entreprise. D’abord au service de tous, elles envahissent finalement la vie de l’ensemble des acteurs du monde du travail.
 
Cherchant sans nul doute à protéger les salariés de dérapages constants  (un sondage de l’APEC de décembre 2014 énonce que 23% des cadres disent ne jamais se déconnecter, tandis que 63% d’entre eux affirment que les TIC perturbent leur vie professionnelle et familiale), le législateur s’aventure sur le terrain mouvant de la conscience professionnelle du salarié face aux exigences de son employeur.
 
Reprenant le rapport Mettling de septembre 2015 : « Transformation numérique et vie au travail », qui a mis en exergue le risque des TIC au travail et a proposé des solutions comprenant notamment la mise en place du droit à la déconnexion dans l’entreprise, la loi du 8 août 2016 impose à toutes les entreprises de mettre en place un droit à la déconnexion pour les salariés à compter du 1er janvier 2017.
 
Qu'est ce que le droit à la déconnexion ?
 
Techniquement, le droit à la déconnexion constitue pour le salarié le droit de ne pas répondre à ses courriels et à ses messages professionnels en dehors du temps de travail. L’article 55 de la loi dite « loi Travail » modifie l’article L. 2242-8 du Code du travail relatif à la négociation annuelle « égalité professionnelle et qualité de vie » en ajoutant une disposition selon laquelle cette négociation porte également sur les modalités d’exercice par le salarié de son droit à la déconnexion. A défaut d’accord, l’employeur est alors tenu d’élaborer une charte après avis des représentants du personnel. La loi prévoit également la mise en place d’actions de formation et de sensibilisation pour un usage raisonnable des outils numériques. 
 
Le texte favorise la négociation et laisse une grande marge de manœuvre aux entreprises qui peuvent instaurer un droit à la déconnexion plus ou moins rigide et permettre une meilleure transmission de l’information. Mais aucune sanction n’est prévue par la loi en l’absence de mise en place de ces mesures.
 
Le droit à la déconnexion est également mentionné dans l’article L. 3121-64 relatif aux conventions de forfait. L’accord prévoyant ces dernières doit déterminer les modalités selon lesquelles le salarié peut exercer son droit à la déconnexion alors même que les conventions de forfaits visent par nature à laisser une autonomie d’organisation au salarié.
 
Alors ce droit à la déconnexion finira t-il dans les limbes ou bien s’imposera t-il au plus grand nombre ?
 
En favorisant l’accord collectif, la loi souhaite impliquer les salariés afin de les sensibiliser sur certains risques liés aux TIC et éviter notamment le syndrome d’épuisement professionnel ou « burn out ». En pratique, il leur appartient de modifier leur rythme de travail pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. L’efficacité doit être restreinte au temps de travail, ce qui n’empêche pas la réflexion à l’extérieur !
 
Mais ce droit n’instaure-t-il pas une atteinte à l’autonomie des salariés, et plus spécifiquement à celle des cadres qui doivent, et veulent, être libres d’organiser leur temps de travail ? Et que dire de l’employeur, qui va être écartelé entre l’acceptation de conventions de forfait, de télétravail, ou de modes d’organisations plus souples du travail, face à une telle obligation ? Quelles seront les velléités des CHSCT ? 
 
Plus encore, comment s’adaptera le droit de la preuve ? Les juridictions prendront-elles en considération les courriels envoyés « hors du temps de travail » dans des litiges où le salarié cherche à mettre en avant des heures supplémentaires, alors que l’employeur a scrupuleusement respecté le droit à déconnexion ?
 
Les deux mois à venir vont être riches en réflexions. Gageons qu’elles porteront justement leurs fruits.

www.focusrh.com
 
A propos de l'auteur

Marianne Franjou est avocate associée (pôle social) chez Altana, cabinet qu'elle a rejoint en 2012 après avoir été associée chez Moisand Boutin.
En charge du droit social et du droit des procédures collectives, Marianne travaille également avec le pôle restructuring d’Altana.

Marianne Franjou intervient aussi bien en contentieux qu’en conseil, sur les aspects individuels et collectifs, dans les négociations avec les partenaires sociaux comme auprès des entreprises en difficulté (sauvegarde, redressement, liquidation).