jeudi 24 mai 2018

La carte bancaire : l'apogée avant l'extinction ?

Les spécialistes s'interrogent régulièrement sur le devenir de l'argent liquide et des bons vieux chéquiers. Mais, la carte bancaire ne pourrait-elle pas les précéder dans leur disparition ? Bien que jamais autant utilisée, partout les graines de son extinction germent. Retour sur un paradoxe.


L’usage en hausse constante de la carte bancaire
 
L’utilisation de la carte bancaire continue de progresser depuis le tournant du millénaire. Le groupe CB indique même que, depuis 2001, le nombre de paiement par carte bancaire a dépassé celui effectué par chèque. En 2016, ce sont près de 66,5 millions de cartes bancaires qui étaient en circulation en France pour 10,6 milliards d’opérations. La carte bancaire représente la moitié des paiements en volume dans l’hexagone, devant les prélèvements (18 %), les virements (18 %) ou les chèques (13 %).
 
Loin de s’essouffler, les vents porteurs sont renforcés par de constantes innovations techniques, technologiques et réglementaires. La carte bancaire profite aussi d’une concurrence accrue qui souhaite bonifier l’expérience utilisateur (gain de temps, praticité). Désormais, les banques traditionnelles n’ont plus le monopole. Les banques en ligne, les banques mobiles, les Fintech et même les acteurs non bancaires s’invitent sur ce segment, pour les particuliers comme pour les professionnels. La carte bancaire reste omniprésente dans les chiffres, parfaitement sécurisée (taux de fraude de 0,037 % en 2016), et plébiscitée par l’Union européenne comme l’atteste le plafonnement des commissions d’interchange de paiement établi à 0,3 % du montant, ce qui favorise les petits paiements chez les commerçants.
 
Fin de la carte bancaire ? Les alternatives et l'expérience utilisateur
 
Pourtant, les plus belles années de la carte bancaire pourraient être derrière elle, interrogeant même son devenir. Pour Sia Partners, deux alternatives risquent de la rendre obsolète. Certaines innovations s’attaquent d’abord à la nature même de la carte bancaire. Outre les cas du paiement biométrique et de la monnaie électronique, le virement instantané est une solution déjà proposée par le groupe BPCE depuis le 25 avril dernier. Tous les feux sont au vert pour que le virement instantané séduise les clients : paiement en temps réel de pair-à-pair ou par smartphone, démocratisation du paiement mobile par le biais d’un simple numéro de téléphone, entrée en vigueur de la DSP2.
 
Enfin, d’autres alternatives à la carte bancaire s’attaquent au support matériel (puce et codes d’identification) : e-commerce (Paypal), application mobile (Paylib, Lydia, etc.), Selfie Pay (MasterCard) et paiement par objets connectés (montres, lunettes, porte-clés, etc.). Les banques sont forcément attentives à ce qui constitue pour elles une manne d’argent substantielle. En 2015, la part des commissions totales, dont une proportion importante est issue des activités monétiques, avoisinait 40 % du produit net bancaire de l’activité de banque de détail en France. De là à sauver le soldat rémunérateur de carte bancaire…il n'est pas évident que la concurrence et les innovations leur laissent le choix.
 
Article rédigé par Olivier B. - le  - www.banques-en-ligne.fr
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

mardi 22 mai 2018

Les méthodes managériales confrontées au droit du travail français

Le management du personnel [1] redevient d’actualité à l’occasion de la sortie du livre DRH, la machine à broyer [2], sorti le 15 mars dernier.

C'est l’occasion de faire le point sur deux approches managériales les plus connues et les plus controversées : le principe de Peter et le ranking.

La première méthode est la plus connue, du fait de son ancienneté (presque 50 ans), et a été popularisée par la caricature qui en a été faite : le principe de Dilbert, avec un gros succès d’édition.
 
Le principe de Peter
 
Ce n’est rien d’autre qu’une théorie empirique basée sur les observations personnelles [3] des deux auteurs [4] aux États-Unis.

La théorie
Le livre portant le nom de ce principe est paru en 1969. Analysant divers dysfonctionnements dus à des erreurs ou à l’application de directives strictes, les auteurs en ont déduit une théorie comprenant des lois scientifiques diverses : un principe, un corollaire, un théorème, un paradoxe etc. L’existence précédant l’essence, les auteurs n’ont fait qu’habiller leurs constatations plus ou moins scientifiquement.

La démarche scientifique est pauvre, s’appuyant sur des généralités, des ressentis personnels. Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire qu'« avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité ». L'ouvrage de Peter et Hull a pu faire l'objet d'études universitaires ayant étudié sa validité par la modélisation ou par la confrontation à des cas réels, certaines concluant à sa validité complète ou partielle [5].

Le coup de gueule de Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, sur la journée de solidarité: "Tout travail mérite salaire!"



Lors de "Radio Brunet", Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, a fait en quelques instants une démonstration sur la polémique, chaque année, sur la journée de solidarité chômée par certains et travaillée par d'autres.
 
Chaque année, c'est toujours la même question: faut-il travailler en ce lundi de Pentecôte ?

dimanche 20 mai 2018

Le secteur de l’assurance est-il voué à l’ubérisation ?

C’est un fait : les habitudes des consommateurs évoluent, au même titre que leurs besoins. Les professionnels font alors en sorte d’adapter leurs offres afin de rester en phase avec cette réalité. Les services comme Netflix ont révolutionné le monde de la télédiffusion, tout comme Uber l’a fait avec les transports. Qu’en est-il du secteur de l’assurance ? Le Canada se penche sur la question.
 
 
Canadian Industrial Outlook : Banking, c’est le nom du rapport de Conférence Board du Canada dans son rapport annuel de 2018. Dans ce document, il est clairement stipulé que les attentes des consommateurs font l’objet de changements majeurs. L’évolution des technologies y est pour beaucoup, si bien que bien des secteurs n’en finissent pas de se réinventer pour rester dans l’air du temps. La question se pose alors : est-ce que le secteur des assurances sera aussi touché par cette évolution dans un futur proche ou lointain ? En tout cas, le Canada entreprend des actions pour que cela n’aille pas dans le sens d’Uber avec les transports.
 
Se réinventer, une nécessité incontournable
 
L’essor des nouvelles technologies modifie peu à peu les habitudes des consommateurs. Désormais, ils se rapprochent essentiellement des solutions rapides, pratiques, peu onéreuses, etc. Le plus souvent, cela passe par la dématérialisation.
 
D’ailleurs, la recrudescence des banques en ligne, des différents moyens de paiements et de transactions, sans oublier les ventes de produits ou services en ligne, illustre parfaitement la situation. Pour rester dans la course et espérer voir grandir leurs parts de marché, les professionnels doivent emboîter le pas et se réinventer sans cesse. Ici, l’enjeu est d’inclure les nouvelles technologies dans leurs stratégies marketing.
 
Changer la relation entre les assureurs et leurs clients
 
Le secteur de l’assurance n’y coupera pas : la relation qui lie les professionnels à leurs clients doit suivre le courant des choses, même s’il s’agit d’un secteur plus règlementé et plus complexe. Qu’il s’agisse d’assurance santé, d’assurance habitation ou autres, de nouveaux codes vont devoir s’appliquer pour permettre aux souscripteurs d’avoir une offre adaptée voire sur-mesure, avec des services instantanés et en adéquation avec les contraintes de mobilité.
 
L’investissement dans les innovations numériques devra alors figurer parmi les priorités des professionnels de l’assurance. Par exemple, il faudra mettre en place une interface pratique et opérationnelle pour mettre en contact les clients et leurs assureurs, investir dans des systèmes de cryptage des données des clients pour leur garantir la meilleure sécurité de leurs informations personnelles, etc.
 
Le Canada s’oriente vers un meilleur encadrement du métier
 
Au Canada, il est impératif que cette transition soit encadrée. D’après l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes, cela évitera que des acteurs non réglementés s’accaparent le marché, comme l’a fait Uber avec les transports. Un projet de loi a d’ailleurs été déposé en octobre 2017 par le ministre canadien des Finances, Carlos Leitão. Ce projet de loi 141 a pour vocation d’apporter des réformes au secteur financier canadien, notamment pour permettre aux professionnels de l’industrie de l’assurance de s’adapter aux solutions en ligne.
Le jeudi 17 mai 2018 à 16:43 - www.lecomparateurassurance.com

BPCE présente des résultats stables avant de changer de dirigeant

François Pérol a présenté jeudi soir les résultats trimestriels de BPCE, en légère baisse, avant de passer la main à Laurent Mignon (photo). Une fois de plus, Natixis fait figure de locomotive. - BERTRAND GUAY/AFP
François Pérol a présenté jeudi soir les résultats trimestriels de BPCE, en légère baisse, avant de passer la main à Laurent Mignon. Une fois de plus, Natixis tire son épingle du jeu.
 
Cap symbolique pour BPCE et sa banque de financement et d'investissement Natixis : jeudi soir, François Pérol a présenté pour la dernière fois les résultats trimestriels du groupe mutualiste en tant président du directoire, avant de passer la main, à partir du 1er juin à Laurent Mignon, pour l'heure à la tête de Natixis .
 
« Nous avons assuré une transition que je crois exemplaire à la tête du groupe. Je laisse un groupe qui est en bonne santé et en développement dans l'ensemble de ses métiers, et je le laisse dans d'excellentes mains », a salué François Pérol à quelques jours de  son départ pour la banque Rothschild .
 
Ce changement de gouvernance donne une note de solennité à des résultats marqués logiquement par les mêmes difficultés que celles connues par les autres banques françaises
 
Le PNB se maintient
 
A fin mars, le groupe mutualiste parvient ainsi tout juste à maintenir son produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires, à 6,01 milliards d'euros (en baisse de 0,8 %). Ses frais de gestion progressent en outre de 1,2 % (à change courant), marqués par la contribution au fonds bancaire de résolution unique (FRU) qui augmente de 31 % à 340 millions d'euros. A 605 millions d'euros, le résultat net part du groupe recule de quelque 3 % par rapport à la même période de 2017.
Marges sous pression
 
Dans le détail, la banque de proximité et assurance souffre le plus, avec un PNB trimestriel en recul de 2,9 % d'une année sur l'autre, à 4,2 milliards d'euros, malgré la bonne dynamique du crédit et de la collecte d'épargne, ainsi que le relais d'activité que constitue l'assurance. L'effet persistant des taux bas sur la marge d'intérêt devient décidément mordant pour les banques.
 
Les métiers portés par Natixis enregistrent en revanche une croissance de leur activité. Si la filiale marque le pas dans la banque dite de grande clientèle, qui comprend notamment le conseil en fusions et acquisitions, elle a, contrairement à BNP Paribas et Société Générale, tiré partie de l'instabilité des marchés en début d'année en faisant nettement augmenter ses recettes dans la gestion d'actifs.
 
Natixis en grande forme
 
Ce pôle voit ainsi ses revenus progresser de 20,2 % sur un an dans le cas de la gestion d'actifs (à change constant) pour atteindre les 777 millions d'euros. En revanche, la banque de grande clientèle souffre d'un effet de change défavorable (en raison du renforcement de l'euro face au dollar), mais maintient une activité en hausse de 1,3 % au premier trimestre 2018. Au total, la filiale cotée a dégagé un bénéfice trimestriel net de 323 millions d'euros (+15 % sur un an).
 
À noter
 
Nicolas Namias a été nommé directeur général du Groupe BPCE, en charge des finances, de la stratégie, des affaires juridiques et du secrétariat du conseil de surveillance, membre du directoire.
 
Edouard Lederer

samedi 19 mai 2018

Natixis (BPCE) change de patron en pleine forme

François Pérol (à gauche) a participé à sa dernière conférence de présentation des résultats. Il sera remplacé à la tête de BPCE le 1er juin par Laurent Mignon (à droite), l'actuel directeur général de Natixis. (Crédits : BPCE)
La filiale cotée de BPCE, dont le DG, Laurent Mignon, succède à François Pérol au 1er juin à la tête de la maison-mère, a mieux résisté que ses concurrents au contexte de marchés difficile au premier trimestre. Le léger recul dans la banque de financement et d'investissement a été compensé par la gestion d'actifs.
 
Fort contraste entre les performances en berne des BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, et celle de Natixis au premier trimestre. Certes, la filiale cotée en Bourse du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne) enregistre elle aussi une baisse de ses activités de banque de financement et d'investissement, mais de 3% seulement, et de 4% hors change pour les seules activités de marchés, contre 20% à 30% à la concurrence.
 
Le produit net bancaire de Natixis a progressé de 3% à 2,4 milliards d'euros sur le trimestre, grâce à la gestion d'actifs et de fortune (+10%). Son bénéfice net a bondi de 15% à 323 millions d'euros. Des résultats jugés solides par le courtier Jefferies.
 
« Natixis a réalisé de bonnes performances au 1er trimestre 2018 avec une activité en forte croissance et une amélioration de la rentabilité de tous les métiers. Ces résultats sont parfaitement conformes aux ambitions du nouveau plan New Dimension et démontrent que nos choix de métiers diversifiés et créateurs de valeur permettent à Natixis de progresser dans des marchés volatiles », a commenté Laurent Mignon, qui quittera la direction générale de l'entreprise au 1er juin pour succéder à François Pérol à la tête de BPCE.
 
Il sera remplacé à la tête de Natixis par François Riahi, l'actuel directeur général de BPCE en charge des finances, de la stratégie et des affaires juridiques. Ce dernier verra l'actuel directeur Finance et Stratégie de Natixis, Nicolas Namias, lui succéder à la maison-mère, où il suivra Laurent Mignon.
 
L'action Natixis signe la meilleure performance boursière des valeurs bancaires françaises depuis le début de l'année, avec un gain de 3,5%.
 
Les taux bas pèsent encore sur BPCE
 
Du côté de BPCE, l'environnement de taux d'intérêt a continué de peser sur la banque de détail. Cette activité accuse un repli de 2,9%, à 4,2 milliards d'euros, « dans un contexte de taux très bas et et de concurrence accrue », a souligné le président du directoire François Pérol. Le produit net bancaire consolidé est stable à 6 milliards d'euros et le résultat net de l'organe central du groupe mutualiste baisse de 3,7% à 605 millions d'euros.
 
« Je laisse un groupe en bonne santé, en développement dans l'ensemble de ses métiers et, surtout, dans d'excellentes mains ,» a commenté jeudi 17 mai en début de soirée François Pérol, lors d'une conférence téléphonique, qui était sa dernière présentation de résultats.
 
Il va retourner chez la banque d'affaires Rothschild & Co, où il a été associé gérant de 2005 à 2007. François Pérol a estimé que « le processus de succession a été exemplaire, dans un parfait professionnalisme. »
 
Par  | 

samedi 12 mai 2018

Les patrons de banques françaises ont été gâtés en 2017

Laurent Mignon, le patron de Natixis, a préparé ses arrières avant de prendre la tête de sa maison mère BPCE.

Les rémunérations des dirigeants des banques françaises ont bénéficié d’une hausse des bonus en 2017.
(Crédit Thinkstock.)
Les bonnes performances des banques françaises et de leurs filiales profitent directement à leurs dirigeants. Leur rémunération totale a bénéficié l’an dernier d’une hausse de leur bonus, révèle l’étude des documents de référence 2017. Seules exceptions : Jean-Laurent Bonnafé chez BNP Paribas et Frédéric Oudéa à la Société Générale ont vu leur variable reculer après des bénéfices en baisse, mais ils restent en tête des financiers français (voir le graphique) et sont les seuls à disposer d’un plan d’intéressement à long terme.
 
A l’inverse, le package attribué à Laurent Mignon, le patron de Natixis, est passé de 1,9 à 2,6 millions d’euros, soit une hausse de 50%. Il devance désormais Yves Perrier chez Amundi. Malgré le dépassement de ses objectifs, le numéro un de la filiale cotée de gestion du Crédit Agricole a vu son bonus plafonné, comme en 2016, pour respecter la limite de deux fois le salaire fixe (en hausse de 7,5%). La prime variable de Laurent Mignon a quant à elle augmenté de 75%, à 1,66 million, et son salaire fixe de 20% à 960.000 euros. Cette générosité, qui résulte des bons résultats de la filiale cotée de BPCE, lui permettra d’amortir son passage à la tête de sa maison mère où il succédera le 1er juin à François Pérol, bien moins payé avec 1,48 million d'euros l'an dernier.
 
Laurent Mignon a aussi reçu 84.775 actions gratuites (soit l'équivalent de 560.000 euros selon nos calculs) votées en conseil d’administration le 13 avril, deux semaines avant l’annonce de son transfert chez BPCE, révèle un document réglementaire. Il touchera par ailleurs 300.000 euros en tant que président de Natixis, précise un autre avis. François Pérol y siégeait bénévolement, mais il était arrivé avec Laurent Mignon dans un tout autre contexte, en 2009, pour sauver le groupe plombé par les crédits subprime. François Riahi, le nouveau DG de Natixis, touchera un salaire fixe de 800.000 euros et aura droit au même schéma de rémunération que son prédécesseur.
 
Autre enseignement de 2017, les dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa restent bien mieux payés que ceux du Crédit Mutuel-CIC contre lesquels ils mènent une guerre fratricide. L’écart est même de un à deux entre Jean-Pierre Denis et Nicolas Théry, les présidents des deux groupes. Le pôle de Strasbourg ne verse pas de bonus mais il a su se montrer généreux pour le départ à la retraite d’Alain Fradin. Remplacé mi-2017 par Daniel Baal à la direction du Crédit Mutuel, il a touché plus d’un million d’euros d’indemnités de fin de mandat et de carrière.



Amélie Laurin le 11/05/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H - www.agefi.fr

samedi 5 mai 2018

Bred : première banque à proposer ses services bancaires via Google Home

Soucieuse de maintenir sa politique d'innovation, la Bred de la Banque Populaire étoffe ses services bancaires en les rendant accessibles avec l'assistant vocal Google Home. Comment cela fonctionne-t-il ? Qu'en est-il de la sécurité des données bancaires ? Explications.
 
 
Un service bancaire via Google Home dès l’été 2018
 
La Bred qui appartient au groupe BPCE proposera au cours de l’été 2018 un nouveau service s’appuyant sur Google Home. Le client de la Bred pourra ainsi demander à l’assistant vocal de se connecter à son compte bancaire. Une fois le processus d’authentification concrétisé via son smartphone, il pourra naviguer sur les différents services bancaires, consulter ses comptes, contacter directement son conseiller bancaire et même émettre des virements internes de compte à compte et des virements externes vers les comptes dont les coordonnées auront été préalablement renseignées. La banque précise que son objectif est « d’offrir à ses clients le meilleur du digital, et donc toutes les solutions existantes pour gérer leurs comptes via le web, quel que soit le canal ».
 
Une attention accrue sur la sécurité des données
 
Ce nouveau service bancaire rattaché à Google Home soulève des interrogations au moment où l’accès aux données personnelles est un sujet d’actualité brûlante. La Bred Banque Populaire précise que l’accès à ce service requiert une identification par reconnaissance vocale via la fonction « match voice ». Cette étape permet de vérifier que celui qui s’adresse à l’assistant vocal est bien le titulaire du compte. Le processus d’identification est ensuite paramétrable, chaque opération « pouvant nécessiter ou non, au choix de l’utilisateur, une authentification supplémentaire par sms ». Avec l’instauration d’interfaces de programmation, Google n’aura pas accès aux informations bancaires du client. Joao Simoes, directeur des opérations technologiques à la Bred, souligne que « Google Home servira seulement de courroie de transmission de l’information ».
 
Les jeunes : une cible pour la Bred
 
La Bred est une banque populaire coopérative majeure au sein du groupe BPCE, avec près de 180 000 sociétaires et près de 4,1 milliards d’euros de capitaux propres. Elle est régulièrement récompensée pour ses tarifs bancaires attractifs en faveur des jeunes âgés de moins de 25 ans, « une priorité pour nous », insiste Françoise Epifanie, directrice du développement de la banque. Elle ajoute que « les jeunes attendent des conseils au-delà d’une relation bancaire au quotidien qu’ils souhaitent par ailleurs la plus fluide et digitalisée possible ». C’est donc logiquement que ce nouveau service bancaire s’inscrit dans cette stratégie d’innovation, déjà enrichie précédemment par l’offre Fid’Pro (transformation des cartes bancaires en cartes de fidélité chez les commerçants), les modifications de plafonds des cartes bancaires et l’attractivité de l’appli bancaire sans cesse renouvelée.
 
Article rédigé par Olivier B. - Publié le
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

mercredi 2 mai 2018

Les agences bancaires ferment ou se réinventent

32 500, c'est le nombre d'agences des réseaux bancaires en France qui seraient maintenues en 2020. Elles étaient 37 261 en 2016. L'étude Sia Partners explique cette tendance par une baisse de leur fréquentation et le saut numérique opéré par les grands groupes bancaires.


Une dynamique des fermetures d’agences bancaires
 
Les plans stratégiques des banques françaises comportent tous depuis plusieurs années une contrition de leur réseau d’agences physiques. Autrefois amenées à côtoyer la clientèle au plus près de leur domicile, les agences bancaires étaient omniprésentes. Désormais, le changement de comportements des usagers et la montée en puissance des nouvelles technologies rendent cette fonction plus floue. Résultat : l’étude Sia Partners évalue à 12,6 % la part des agences qui vont fermer à l’horizon 2020. Ce phénomène s’accélère puisque que le rythme de ses fermetures programmées d’agences est quatre fois plus rapide que durant la période 2012-2016. La France entame en réalité un rattrapage par rapport aux voisins européens. Entre 2012 et 2016, le rythme dans l’hexagone était limité à 3 % contre 24 % en Espagne, 12 % en Allemagne et 11 % en Italie.
 
Les causes de ce mouvement de fermeture
 
Cette accélération puise sa source avant tout dans la baisse de fréquentation des agences. Toujours selon l’étude Sia Partners, moins d’un client sur cinq pousse une fois la porte de son agence bancaire par mois. L’étude observe par ailleurs une chute de la rentabilité des agences et la diminution des souscriptions sur place. Pour Damien Schmitt, senior manager chez Sia Partners, « entre 80 et 90% des souscriptions se font aujourd'hui en agence. Ce sera 50% après 2020 et la tendance va aller en s'accélérant. » Pourquoi ? Car « dans deux ou trois ans, lorsque les banques auront terminé la digitalisation de leur parcours clients, les volumes de souscription en agence vont radicalement baisser ». L’autre dynamique en cours, c’est justement la numérisation des produits et des services bancaires, à laquelle s'ajoute la concurrence accrue portée par les banques en ligne et les banques mobiles.
 
L’Ile-de-France la plus touchée par ses fermetures
 
Sia Partners ose esquisser la géographie des fermetures des agences bancaires. Les experts estiment que la France devrait répondre au même processus que celui ayant sévi en Allemagne, car la création de richesse est relativement bien répartie sur l’ensemble du territoire. Toutefois, un territoire semble plus exposé que les autres : la région Ile-de-France. L’étude pense que LCL sera l’établissement qui fermera le plus d’agences (14 %), devant la Société Générale et BNP Paribas (10 %), puis le groupe BPCE (5 %). Or, l’Ile-de-France accueille 698 agences de la Société Générale, 632 de la BNP Paribas et 608 de LCL. De plus, Damien Schmitt rappelle que « cette région est beaucoup plus exposée aux nouveaux acteurs et aux usages digitaux ». Mais la France devrait tout de même conserver un bon maillage puisque la présence commerciale de proximité demeure toujours « le premier vecteur d’acquisition de clients ».
 
En termes de perspectives, le contact humain reste essentiel pour les Français, notamment pour les produits bancaires complexes. Néanmoins, l’agence bancaire qui reste ouverte se réaménage pour se réinventer en pôle plus spécialisé. L'objectif : offrir à la clientèle un service à forte valeur ajoutée autour de conseillers experts aidés par les outils d’intelligence artificielle les délestant de tâches chronophages.
 
Article rédigé par Olivier B. - Publié le
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

samedi 28 avril 2018

Il annonce à 430 salariés l'arrêt de leur travail par SMS... et c’est parfaitement légal

Le patron d’une entreprise de sécurité a signifié l'arrêt du travail de l’ensemble de ses salariés par SMS la semaine dernière. Choquant ? D’après la jurisprudence, ce procédé n’a rien d’illégal !
 
L’histoire se déroule le 16 avril dernier, à Evry (Essonne), en banlieue parisienne. Comme tous les matins, les 430 salariés de Bodyguard, une entreprise spécialisée dans la sécurité, s’apprêtent à partir au travail. Sauf que ce jour là, tout ne se passe pas comme prévu. En fin de journée, Ils reçoivent tous ce SMS de leur patron : "veuillez cesser toute activité à partir de 19 heures ce soir. La société est en liquidation judiciaire", rapporte RTL. Quelques jours plus tôt, un autre évènement aurait pu leur mettre la puce à l’oreille : les salaires du mois de mars ne sont jamais arrivés sur leur compte bancaire. C’est ce qu’explique France 3 Paris Ile-de-France, qui a révélé l’affaire.

Mais est-ce bien légal de se limiter à l’envoi d’un SMS pour signifier l'arrêt de travail d'un salarié, voire son licenciement ? Si l’on s’en tient au Code du travail, il y est écrit que "lorsque l’employeur décide de licencier un salarié, il lui notifie sa décision par lettre recommandée avec avis de réception". Sauf que notre justice sait aussi s’adapter à l’évolution de la société, ce que l’on peut bien percevoir en consultant la jurisprudence pour des affaires similaires.

Ainsi, une décision de la Cour de cassation datant de 2013 estime que l’employeur a pour seule obligation de “s'assurer que le salarié a bien eu bonne réception de sa notification de licenciement”, précise BFM TV. Pour ce faire, rien ne l’empêche d’envoyer un mail, de téléphoner, ou encore de passer par un SMS pour prévenir le salarié concerné. En 2013, l’affaire concernait le licenciement de 12 commerciaux employés par Discopar, un grossiste spécialisé en produits d'esthétisme et de coiffure. Néanmoins, le SMS doit tout de même être suivi d'un entretien préalable au licenciement pour être valable.

Le SMS, aussi utilisable comme preuve par les salariés

Heureusement, tout de même, l’évolution de la jurisprudence s’agissant de l’utilisation du SMS et de sa reconnaissance en droit du travail ne s’est pas faite qu’au détriment du salarié. Depuis 2007 et une affaire de harcèlement sexuel jugée par la Cour de cassation, les messages envoyés par téléphone sont désormais acceptés comme un mode de preuve recevable.
 
Samuel CHALOM Publié le MAJ le    - www.capital.fr                     

vendredi 27 avril 2018

Laurent Mignon (Natixis) remplace Pérol à la tête de BPCE

Agé de 54 ans, diplômé de HEC et de Stanford, le patron de Natixis, bras droit de François Pérol, le remplacera au 1er juin à la tête de l'ensemble Banque Populaire Caisse d'Epargne. (Crédits : DR)
Le patron de la banque de marchés du groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne remplacera à compter du 1er juin François Pérol dont l'arrivée chez Rothschild est confirmée ce vendredi. Le directeur financier de BPCE, François Riahi, prendra la tête de Natixis. 
 
Vers 23h30, la direction du groupe BPCE est sortie de son silence. Le conseil de surveillance du groupe bancaire mutualiste a annoncé jeudi soir avoir nommé, "conformément à l'avis rendu par le comité des nominations", Laurent Mignon, l'actuel directeur général de Natixis, filiale de banque de marchés cotée en Bourse, à la présidence du directoire, en remplacement de François Pérol.
 
François Pérol a fait part au conseil de son intention de poursuivre d'autres projets professionnels après avoir consacré près de 10 ans à la création, au développement et à la croissance du groupe".
 
La révélation de son départ a surpris jeudi, alors que son mandat courait jusqu'en mai 2020 et qu'il avait présenté un nouveau plan stratégique, TEC2020, en novembre dernier. Dans le communiqué, le conseil rend hommage au travail accompli par le dirigeant arrivé en 2009, soulignant :
 
Sous son impulsion et son autorité, BPCE a été en mesure de surmonter la crise de 2008-2009 et de devenir aujourd'hui le deuxième groupe bancaire et d'assurance en France et l'un des dix premiers en Europe, fort d'un haut niveau de solvabilité et d'une rentabilité solide".
 
Cité dans le communiqué, François Pérol a déclaré :
 
"Si j'ai pu prendre cette décision aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'assurance que notre groupe est solide, audacieux et fidèle à ses valeurs. C'est aussi parce que j'ai la certitude que Laurent Mignon a toutes les qualités, humaines et professionnelles, pour poursuivre la dynamique engagée."
 
Son retour à la banque d'affaires Rothschild, où il a été associé gérant de 2005 à 2007, a été confirmé ce vendredi matin : il sera managing partner de Rothschild & Co Gestion. "A dater du 1 septembre 2018, Robert Leitão, Managing Partner, et François deviendront Co-Présidents du Group Executive Committee" a annoncé la banque d'affaires dans un communiqué.
 
François Pérol et son bras droit Laurent Mignon présentaient ensemble à chaque trimestre les résultats de BPCE et Natixis, cotée en Bourse]
Le directeur financier de BPCE devient patron de Natixis
 
Ancien de la banque Indosuez et des AGF, Laurent Mignon, 54 ans, diplômé de HEC et du Stanford Executive Program, avait été appelé en 2009 au chevet de Natixis, banque d'investissement déficitaire de 2,8 milliards d'euros, plombée par la crise des subprimes.  Il prendra la tête d'un vaste groupe bancaire qui emploie plus de 106.500 collaborateurs et revendique plus de 31 millions de clients, dont 9 millions de sociétaires, principalement à travers ses deux réseaux de banque de détail.
 
"Je mesure la responsabilité qui sera la mienne en succédant à François Pérol et en prenant la tête du deuxième groupe bancaire et d'assurance de France" a déclaré Laurent Mignon dans le communiqué.
De son côté, Natixis a indiqué dès jeudi soir avoir "d'ores et déjà engagé un processus de succession à Laurent Mignon, qui devrait aboutir dans les prochains jours, confortant les perspectives stratégiques et financières de Natixis à court et moyen termes". La banque a annoncé vendredi en fin de journée que le directeur financier de BPCE, François Riahi, prendrait la tête de Natixis au 1er juin. Agé de 45 ans, diplômé de l'Ecole Centrale de Paris, de l'IEP Paris, du Stanford Executive Program et ancien élève de l'ENA (promotion Nelson-Mandela, comme Laurent Wauquiez), François Riahi est entré en mars 2009 chez BPCE comme directeur général adjoint, en charge de la stratégie.
 
Inspecteur des finances, il avait travaillé à la direction du Budget et avait été nommé conseiller technique à la présidence de la République en charge de la réforme de l'Etat et des finances publiques en 2007, sous Nicolas Sarkozy.
 
Après avoir été responsable de la plateforme Asie-Pacifique de la banque de grande clientèle de Natixis, à Hong Kong, de 2012 à 2016, puis co-responsable mondial de la banque de grande clientèle, il avait été nommé au 1er janvier 2018 membre du directoire de BPCE, en charge des finances, de la stratégie et du secrétariat général, en remplacement de Marguerite Bérard-Andrieu, partie chez BNP Paribas.
 
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Laurent Mignon, nouvel homme fort de BPCE

Déjà pressenti pour remplacer François Pérol lorsque ce dernier avait été jugé pour prises illégales d'intérêts à la tête de BPCE, Laurent Mignon présente l'avantage de connaître BPCE dans toutes ses spécificités, même s'il n'a jamais été patron de Caisse d'Epargne ou de Banque Populaire. - SIPA
Le directeur général de Natixis, Laurent Mignon, succédera à François Pérol à la présidence de BPCE début juin. Le groupe mutualiste a accéléré cette succession de crainte que Laurent Mignon ne rejoigne Société Générale.
 
C'est un très proche de François Pérol qui va lui succéder à la tête du groupe bancaire mutualiste BPCE, le 1er juin prochain. Jeudi soir, à la suite de sa démission, le conseil de surveillance de BPCE s'est choisi comme nouvel homme fort l'actuel directeur général de Natixis, Laurent Mignon.  Artisan du redressement de Natixis , ce dernier chemine aux côtés de François Pérol depuis la création de BPCE, en 2009. Ces dernières années, il en était ainsi devenu le successeur tout désigné...
 
Au sein du conseil de surveillance, sa nomination a été votée à « l'unanimité ». Il faut dire tout a été fait pour éviter les débats, voir les conflits internes, au moment où le deuxième groupe bancaire français risquait de perdre non pas seulement un dirigeant mais deux. François Pérol avait en effet prévu de  rejoindre la banque Rothschild , tandis que Laurent Mignon était courtisé par Société Générale qui se cherche toujours un numéro deux.
 
Informé lundi dernier des intentions de François Pérol de quitter le groupe, le président du conseil de surveillance de BPCE, Michel Grass prévoit de réunir un conseil le samedi suivant pour lui désigner un successeur. Mais les fuites, en milieu de semaine, l'incitent à accélérer la cadence. La réunion se tiendra finalement dans la foulée du comité des nominations dès le jeudi et le résultat des courses annoncé à 23h40 aux salariés, aux marchés comme aux régulateurs...
 
Au sein du groupe, on s'accorde à dire que « la procédure a été précipitée » et que « tout a été fait pour que Laurent Mignon l'emporte, pour qu'on ne puisse pas se poser de questions ». Ce à quoi, BPCE rétorque qu'une bataille en bonne et due forme aurait abîmé l'image du groupe et celle de la gouvernance des banques mutualistes françaises, déjà mise à mal par les conflits qui déchirent le Crédit Mutuel.

Le groupe bancaire connu pour l'indépendance de ses barons régionaux semble toutefois s'être rangé devant le choix cette succession express. Il faut dire que Laurent Mignon a acquis pleinement sa légitimité dans le groupe au fil des années. Il a largement convaincu grâce au  redressement réussi de Natixis qui était la banque française la plus affectée par la crise des « subprimes ». Après un nettoyage corsé du bilan de la banque, il s'est employé à développer ses activités dans l'assurance, la gestion d'actifs et la banque d'investissement, notamment dans une logique industrielle pour servir les banques et les caisses du groupe mutualistes, dans une logique de groupe intégrée. Des faits d'armes qui l'avaient déjà mis en pole position pour succéder à François Pérol lorsque ce dernier avait été jugé pour prise illégale d'intérêt à la tête de BPCE.
 
Au cours de sa vie professionnelle, Laurent Mignon s'est dédié tour à tour aux salles de marché chez Indosuez, à l'assurance, au sein du groupe AGF puis à la banque d'affaires et à la gestion d'actifs chez Oddo où  il a été associé gérant entre 2007 et 2009 . En revanche, ce banquier de cinquante-quatre ans n'a jamais été patron de Caisse d'Epargne ou de Banque Populaire, ni exercé en banque de détail, le métier historique des banques régionales du groupe.
 
Au sein du groupe BPCE, ce sont pourtant des  enjeux industriels de banque de détail qui l'attendent puisque la digitalisation des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne n'en est qu'à ses prémices. Il veut s'y atteler. « Après avoir consacré près de dix années au redressement et au développement de Natixis, j'aurai à coeur de continuer à faire progresser le groupe dans tous ses métiers, de développer toutes nos marques au premier rang desquelles les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne », assure-t-il dans un communiqué.
 
Sharon Wajsbrot Le 27/04 à 08:24

François Pérol démissionne de BPCE

François Pérol, 54 ans, président du directoire de BPCE.
(c) AFP
Selon nos informations, François Pérol, 54 ans, président du directoire de BPCE, a officialisé sa démission auprès du conseil de surveillance de la banque. Son mandat courait pourtant jusqu'en 2020. Le comité des nominations du groupe doit se réunir très rapidement pour évoquer la situation. Il devrait désigner comme successeur Laurent Mignon, directeur général de Natixis, la banque de marché de BPCE. Ce dernier a réussi à sortir l'établissement de la crise profonde dans laquelle il était plongé après 2008. L'an passé, Natixis affichait un résultat net en hausse de 21% à 1,6 milliards d'euros (ndlr: chiffre corrigé après erreur dans une version précédente de l'article).
 
Ces deux décisions apparaissent surprenantes. D'abord, le moment choisi par François Pérol est inattendu. Nommé en 2009 à la tête de l'établissement qui regroupe les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne, l'ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy sortait à peine d'une période chaotique et incertaine. Il était en effet jusqu'en juin 2017 sous le coup d'accusations de prise illégale d'intérêts. En cause: les conditions de son changement de poste de l'Elysée à la direction de BPCE, sans passage devant la commission de déontologie, cette instance chargé de vérifier l'absence de conflits d'intérêts pour les hauts fonctionnaires partant dans le privé. Il avait plaidé l'urgence de la situation à l'époque pour expliquer cette procédure accélérée –BPCE étant très durement impactée par la crise financière. Paradoxalement, c'est après avoir été blanchi, aux termes de cet épuisant procès à rebondissements, que François Pérol décide donc de tirer sa révérence.
 
Un retour chez Rothschild?
 
En novembre, François Pérol présentait pourtant, avec entrain, barbe de 3 jours et micro-oreillette, son plan stratégique destiné à porter la banque… à l'horizon 2020. Il bénéficiait en effet encore de deux années de plein exercice.
 
Une hypothèse évoquée par des connaisseurs de BPCE: François Pérol pourrait retourner chez Rothschild et Cie, établissement dont il a été associé gérant de 2005 à 2007. Il viendrait ainsi appuyer la montée en puissance d'Alexandre de Rothschild, qui succèdera à son père, David, le 17 mai. Contacté, un porte-parole de la banque n'a pas confirmé cette possibilité.
 
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Difficultés en vue pour Mignon
 
Laurent Mignon, appelé en 2009 par François Pérol lui-même pour redresser Natixis, va donc bénéficier de cette accélération de l'agenda. Sa nomination couperait court aux rumeurs qui le donnaient partant pour la Société Générale –cette dernière recherche actuellement à recruter un numéro 2 et potentiel successeur de Frédéric Oudéa.
 
Laurent Mignon parviendra-t-il pour autant à apaiser les querelles internes au sein de BPCE? Pas sûr. Le procès en manque de légitimité que plusieurs dirigeants d'entités du groupe nourrissaient en coulisses contre Pérol, accusé de ne pas venir de la base mutualiste, pourrait continuer à viser Laurent Mignon. Ce dernier, qui a commencé sa carrière chez l'assureur AGF, n'a en effet jamais travaillé ni au sein des Banques Populaires, ni au sein des Caisses d'Epargne. Il n'a d'ailleurs jamais dirigé de banque de détail. L'évocation de son nom pour remplacer François Pérol, lorsque ce dernier était menacé de condamnation en justice, provoquait une levée de boucliers chez les barons locaux.
 
La situation pourrait donc continuer, au sein de BPCE, comme sous l'ère Pérol, dans une forme de soutien mou, voire de guerre larvée. Les membres du conseil de surveillance, issus des banques régionales préféreront sans doute nommer Laurent Mignon, afin d'éviter une guerre de succession à l'issue incertaine. Sans pour autant que les dirigeants locaux du groupe ne lui accordent une confiance franche et massive.
 
Par Pierre-Henri de Menthon et Grégoire Pinson le 26.04.2018 à 16h40, mis à jour le 26.04.2018 à 18h33 - www.challenges.fr