mercredi 28 février 2018

Banques : des restructurations menées tambour battant

Pour s'adapter aux exigences d'instantanéité de leurs clients, les banques françaises ont accentué leurs efforts de restructuration et leurs investissements dans le digital. Des chantiers longs et coûteux. - Shutterstock
Pour s'adapter aux exigences d'instantanéité de leurs clients, les banques françaises ont accentué leurs efforts de restructuration et leurs investissements dans le digital. Des chantiers longs et coûteux.
 
Coûteuse transformation. D'un côté, les établissements mettent tout en oeuvre pour disposer, en interne, d'offres capables de rivaliser avec celles des Fintechs. En la matière, de nouvelles offres vont continuer de sortir de terre : BPCE prévoit de lancer Fidor en France en 2018 et La Banque Postale a indiqué que sa banque mobile baptisée Ma French Bank sera disponible dans les bureaux de Poste au printemps 2019.
 
De l'autre, les banques ne se contentent pas de créer des offres alternatives : elles rénovent aussi en profondeur leurs services de banque au quotidien. « On ne peut pas proposer une banque digitale qui permet d'ouvrir un compte en quelques minutes et en parallèle offrir des services de bancaires bien moins rapides. Il nous fait faire les deux en même temps », a fait valoir le président du directoire de La Banque Postale, Rémy Weber, lors de la présentation des résultats de la banque.
 
Au sein des réseaux de banque de détail, cela se traduit par des investissements majeurs dans la modernisation des outils de bureautique des chargés de clientèle, et dans la robotisation des taches automatisables. Un exercice qui s'accompagne de restructurations et, dans certains cas, d'une refonte du réseau. 
 
Charge exceptionnelle
 
Société Générale a ainsi fermé plus de 100 agences en France en 2017 et mis en oeuvre un plan de restructuration de ses back-offices qui prévoit la fermeture de six sites et la suppression d'environ 500 postes. BNP Paribas n'est pas en reste : entre 2012 et fin 2017, le groupe indique avoir fermé 301 agences sur un total de moins de 2.000 points de vente en France. Coûteuses ces transformations doivent in fine améliorer la rentabilité des banques de détail françaises. Au quatrième trimestre, Société Générale a pour l'instant fait état d'une charge exceptionnelle de 390 millions d'euros liée à la restructuration de sa banque de détail en France.

Sharon Wajsbrot

vendredi 23 février 2018

Muriel Pénicaud promet "un big bang" de la formation professionnelle

Philippe Wojazer / Reuters
Muriel Pénicaud promet "un big bang" de la formation professionnelle
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a promis jeudi "un big bang" du système de formation professionnelle qu'elle annoncera mardi prochain, estimant que les partenaires sociaux "n'ont pas traité" ce sujet dans leur accord finalisé dans la nuit.  
 
Commentant sur CNews l'issue des négociations patronat-syndicats sur la formation professionnelle, Muriel Pénicaud a exprimé "un avis contrasté". Elle a salué d'un côté "un vrai progrès" pour les droits à la formation des salariés mais a regretté que l'accord ne touche pas à "la complexité du système".
    
Elle a précisé qu'elle "annoncerait mardi le volet formation professionnelle" du projet de loi que le gouvernement entend présenter au printemps et regroupant formation, apprentissage et assurance chômage.
    
Muriel Pénicaud a fait valoir que pour rendre "effectif" le droit à la formation, qui s'apparente aujourd'hui à "un parcours du combattant", il faut "traiter l'architecture du système". "C'est le big bang dont le pays a besoin", a-t-elle estimé, ajoutant: "le système est beaucoup trop compliqué, à nous de le simplifier".
 
"Comme un boomerang"
 
Des propos qui ont refroidi les négociateurs. "Madame la ministre devrait faire attention que son 'big bang' ne lui revienne pas comme un boomerang", a mis en garde Michel Beaugas (FO). "Ne pas reprendre un accord signé par une grande majorité des organisations syndicales et d'employeurs, c'est prendre le risque d'un déni de la démocratie sociale."
 
"Je ne sais pas si elle a eu le temps de lire l'accord avant de parler", a déclaré Florence Poivey (Medef), jugeant le procédé "un tout petit peu irritant". Si le négociateur de la CGT, Djamal Teskouk, n'a pas souhaité réagir, son camarade Denis Gravouil, en charge de l'assurance chômage, a dénoncé le "mépris" du gouvernement.
 
Pour Maxime Dumont (CFTC), qui s'est dit "un peu atterré", la méthode du gouvernement n'est "pas la meilleure façon de respecter les partenaires sociaux". Sur le fond, Yvan Ricordeau, son homologue de la CFDT, s'est dit "assez inquiet sur la question du 'big bang'", s'inquiétant d'un "nivellement par le bas" des droits des salariés.
 
Le patronat et les syndicats avaient quasiment finalisé dans la nuit de mercredi à jeudi un accord sur la formation professionnelle renforçant les droits à la formation et à la reconversion notamment à travers le compte personnel de formation (CPF). Sur la feuille de route du gouvernement, figurait la simplification d'un système aux multiples acteurs réputé illisible.
 
Le texte est "finalisé", ont annoncé Michel Beaugas (FO) et Maxime Dumont (CFTC) à l'issue d'une nouvelle brève réunion jeudi en début d'après-midi. A l'exception de la CGT, tous les partenaires sociaux ont laissé entendre que leurs organisations le signeraient.
 
22/02/2018 09:35 CET | Actualisé il y a 6 heures - www.huffingtonpost.fr

samedi 17 février 2018

Résultats 2017 : l’assurance toujours moteur pour le groupe BPCE

Le groupe BPCE affiche des bénéfices stables pour 2017. Les activités assurances restent dynamiques.
 
Le groupe BPCE a publié les résultats de l’année 2017. Il affiche un résultat net part du groupe de 3,4 Md€, stable par rapport à 2016. Le produit net bancaire s'élève à 23,8 Md€, en progression de 2,1%. Un bon démarrage pour le plan stratégique à horizon 2020, selon François Pérol, président du directoire du Groupe BPCE.
 
Pour la Banque de proximité et Assurance, qui comprend notamment les réseaux Banque populaire, Caisse d’épargne, et l’assurance de Natixis, l’activité a été qualifiée de dynamique. « Les activités d’assurance et de paiements poursuivent leur fort développement et se positionnent comme de véritables relais de croissance de la Banque de proximité et Assurance », a indiqué François Pérol dans un communiqué.  
 
Hausse des encours d’épargne
 
La part d’unités de compte dans la collecte brute gagne 12,4 point sur un an.
 
Le portefeuille de contrats non vie progresse de 8,5% au global. Les contrats dommages enregistrent une hausse de 10,6% et les contrats santé et prévoyance, de 6,8%.
 
Au global, l’activité assurance dégage un produit net bancaire de 734 M€ en hausse de 12%.
 
Dans le réseau Banque populaire, les encours d’épargne se chiffrent à 258 Md€ en croissance de 7%. Ils sont de 412 Md€ pour le réseau des caisses d’épargne, en hausse de 3,2%.

- Publié le   - www.argusdelassurance.com

Laurent Mignon : Le seul risque systémique pour le système bancaire, c'est le risque cyber

Laurent Mignon, president de Natixis - HAMILTON/REA
Le directeur général de Natixis relativise la forte volatilité des marchés. Selon lui, le vrai risque tient à l'exposition croissante des systèmes informatiques des banques dans un monde toujours plus interconnecté. 
 
Faut-il redouter que la correction boursière en cours dégénère en krach comme en 2008 et contamine le reste de l'économie ?
 
Je ne pense pas. D'abord, cet épisode se produit au moment où  la quasi-totalité de la planète est en croissance . Pour la première fois depuis des années, aucune zone économique n'est à la traîne. Les Etats-Unis, la Chine, mais aussi la plupart des émergents et même l'Union européenne affichent des perspectives très encourageantes. 
 
Ensuite, le secteur financier régulé est beaucoup plus solide qu'en 2008. Il n'y a donc pas de risque d'effet domino. Enfin,  la chute actuelle des indices efface une hausse relativement récente. Elle ne vient donc pas annuler un effet richesse, qui se serait déjà diffusé dans l'économie.
 
Pas de raison d'être inquiet, donc ?
 Les marchés ne vont pas retrouver leur calme rapidement. Je suis même convaincu du contraire. La volatilité est de retour et elle ne va pas disparaître de sitôt. En fait, après des années de taux bas et de liquidités abondantes, la plupart des actifs sont chers. Je ne dirais pas surévalués, mais aujourd'hui les marchés valorisent la perfection. Le moindre grain de sable risque donc de les perturber. 
 

Or des grains de sable, il y en a. En particulier, le fait que  les taux d'intérêt aient mis fin à un cycle de trente ans de baisse . Le mouvement de hausse est désormais enclenché et personne ne connaît son rythme et son ampleur. C'est d'autant plus anxiogène pour les marchés que toute une génération d'investisseurs n'a aucune expérience d'un environnement de hausse des taux. Ce qui les rend perplexes. 
 
Dans ces conditions, dès qu'un facteur semble annoncer une hausse accélérée des taux, cela crée un mouvement d'inquiétude. C'est ce qui s'est passé début février lorsque l'accélération de la hausse des salaires aux Etats-Unis a laissé craindre un retour de l'inflation.
 
La Banque de France a estimé récemment que la politique de crédit des banques était trop agressive. La remontée des taux ne risque-t-elle pas de les pénaliser ?
 
C'est assez paradoxal qu'après nous avoir collectivement reproché de ne pas prêter assez, on nous critique aujourd'hui sous prétexte que nous prêterions trop. Dans le groupe BPCE, en tout cas, le reproche n'est pas plus fondé aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque. 
 
Alors, bien sûr, une hausse brutale des taux peut provoquer des incidents de crédit. Mais, de manière plus générale, ce mouvement, s'il est maîtrisé, est plutôt une bonne chose pour les banques.
 
Actuellement, les taux d'intérêt sont tellement bas que le coût de l'intermédiation financière paraît trop élevé.  Nous avons tous engagé des plans d'économies pour le faire baisser. 
 
Mais une remontée des taux, si elle est progressive, serait la bienvenue. C'est vrai aussi pour les assureurs-vie, d'ailleurs, dont les portefeuilles de placement sont désormais à des taux très bas. Ce qui est sûr, c'est que cela va obliger tous les acteurs à se poser des questions sur leur politique de gestion de l'épargne.
 
On dit de plus en plus que le Brexit est une chance pour la place de Paris. Qu'en pensez-vous ?
 
Déjà, c'est clairement un risque pour le Royaume-Uni. On voit bien que de nombreuses entreprises ont tendance en ce moment à annuler ou à reporter des décisions d'investissement sur place. Plus l'incertitude durera sur les conditions d'association future du pays et de l'Union européenne, plus ce phénomène s'accentuera. 
 
Du coup, c'est vrai que  c'est une chance pour la place de Paris et en particulier pour la gestion d'actifs . En France, nous disposons déjà d'une belle expertise dans ce domaine, il faut se donner toutes les chances de jouer notre carte à fond.
 
Les pouvoirs publics sont-ils assez mobilisés pour valoriser la place de Paris ?
 
Tout ce qui a été fait depuis un an va dans le bon sens. L'image de la France s'est transformée très rapidement dans l'esprit des investisseurs. Emmanuel Macron comprend l'entreprise et a une vision de long terme, il n'y a pas mieux pour redonner de la confiance aux investisseurs !
 
Y a-t-il encore des verrous économiques à lever pour amplifier le mouvement ?
 
Il n'y a pas besoin de faire du « dumping », l'essentiel est d'assurer un cadre et une stabilité pour générer un climat de confiance. Les mesures mises en place par le gouvernement me semblent aller dans ce sens.
 
Craignez-vous les risques de secousses liés aux cryptomonnaies ?
 
Ces monnaies se sont développées en réaction à la réglementation et j'ai toujours considéré que notre capacité collective à les contrôler, que ce soit du point de vue de l'origine des fonds ou de l'identité de leurs détenteurs, était faible. Ce ne sont donc pas des devises à conseiller à nos clients : il peut y avoir des drames du fait de  leur volatilité , des gens peuvent perdre leur argent.
 
En revanche, les banques sont peu exposées à ces chocs, et la technologie « blockchain » sous-jacente de ces monnaies pourrait même se révéler un puissant levier de la transformation numérique en cours dans le secteur financier.
 
Le seul risque systémique que je perçois aujourd'hui pour le système bancaire, c'est le risque cyber. Historiquement, la sécurité informatique était assurée sur le modèle du château fort. Aujourd'hui, nous sommes dans un monde interconnecté et ouvert dans lequel on doit envisager la sécurité davantage sur le modèle des aéroports, avec des modules de sécurité qui se renforcent à mesure que l'on s'approche au plus près des systèmes les plus sensibles.
 
Les banques sont-elles prêtes à faire face à ces cyber-risques ?
 
Le système financier est en tout cas davantage sensibilisé à ce risque que d'autres industries.  Les régulateurs veillent en outre à ce qu'il soit bien pris en compte depuis de nombreuses années.
 
Vous évoquez la transformation digitale du secteur financier : les établissements en ont-ils pris réellement la mesure ?
 
La réponse est évidemment oui. Comme les autres banques françaises, nous investissons beaucoup pour mettre à niveau nos systèmes informatiques et assurer leur agilité. Cela ne veut pas dire que nous savons précisément ce qui va se passer dans les prochaines années. Il y a néanmoins une chose dont je suis convaincu : le digital ne va pas se traduire par une disparition du métier de banquier.
 
La banque n'est pas un produit qu'on achète seul depuis son smartphone, le rôle de la confiance est fondamental. S'appuyer sur un conseiller pour juger le niveau de risque encouru par le client et par la banque est donc essentiel à cette confiance. Les banques mutualistes comme le Groupe BPCE, qui ont une proximité forte avec le terrain, sont dans ce contexte particulièrement bien positionnées.
 
Mais à la faveur de la robotisation en cours, les banquiers ne risquent-ils pas d'être moins nombreux ?
 
Il n'y a pas de fatalité à envisager une logique purement malthusienne et statique . Depuis les années 1960, on nous promet un destin comparable à celui de la sidérurgie. Je constate que les banques n'ont cessé de s'informatiser et cela n'a pas supprimé d'emplois. Chez Natixis, par exemple, nous sommes 25 % de plus qu'il y a huit ans. Le digital va améliorer les services que nous apportons à nos clients et l'efficacité du secteur bancaire, mais je ne crois donc pas que nous aurons besoin de moins de banquiers. Leurs métiers vont en revanche profondément se transformer, c'est certain.
 
Ces évolutions auront-elles un impact sur l'organisation des banques ?
 
Bien sûr,  nous allons vers des modes de travail plus transversaux et agiles permettant des prises de décisions plus rapides pour rester compétitifs. La technologie permet déjà à nos collaborateurs une plus grande mobilité dans leurs modes de travail. Pendant longtemps, devenir manager était le seul mode de promotion. Ce référentiel est dépassé. 
 
Chez Natixis, nous avons créé trois typologies de profils qui sont autant valorisés : les « managers », qui encadrent et se concentrent sur l'évaluation et la gestion des ressources humaines ; les « experts leaders » qui excellent dans leur domaine d'expertise et les « projects leaders » qui orchestrent des projets transversaux. C'est une transformation très profonde qui répond aux attentes des nouvelles générations.
 
Le succès du modèle de Natixis tient à sa spécialisation. Le modèle de banque universelle est-il toujours pertinent ?
 
Je crois beaucoup à ce modèle diversifié. Le groupe BPCE est solide et puissant précisément parce qu'il s'appuie sur des modèles de revenus complémentaires.  Aujourd'hui, Natixis est très en forme , alors que la banque de détail est affectée par les taux bas, mais il y a quelques années la situation était plus qu'inversée. Cette diversification et les liens indissociables entre Natixis et le Groupe sont une force, un facteur d'équilibre et nous permet de mieux absorber la volatilité liée au cycle des différents métiers et de pouvoir investir à long terme.
 
Laurent Mignon, son parcours
 
Diplômé d'HEC et du Stanford Executive Program, Laurent Mignon, 54 ans, a exercé pendant plus de dix ans à la Banque Indosuez. En 1997, il rejoint les AGF (rebaptisés « Allianz France ») comme directeur financier. Nommé en 1998 directeur général adjoint, il prend tour à tour la tête de Banque AGF, des activités de gestions d'actifs et d'immobilier avant de diriger le pôle Vie et services financiers et l'assurance crédit du groupe. Nommé en 2006 directeur général et président du comité exécutif des AGF, il rejoint en 2007 Oddo & Cie en tant qu'associé-gérant. Depuis 2009, il est directeur général de Natixis et membre du directoire de BPCE, sa maison mère, depuis 2013.
 
Ninon RenaudSharon WajsbrotFrançois Vidal Le 16/02 à 10:13

www.lesechos.fr

vendredi 16 février 2018

Les banques françaises face au défi complexe et coûteux du numérique

© Myst - Fotolia.com

Après des résultats contrastés en 2017, les banques françaises devraient bénéficier d'un environnement économique plus favorable cette année mais un défi s'impose à elles : l'adaptation complexe et coûteuse aux bouleversements numériques et mobiles.
 
« Les facteurs économiques devraient continuer à s'améliorer pour les banques françaises », résume l'agence de notation SP Global Ratings dans une note annuelle sur le secteur, prenant acte de la reprise économique en Europe comme en France.
 
En attendant la remontée des taux
 
Pour 2017, le bilan est contrasté. Crédit Agricole fait progresser son bénéfice net, BNP Paribas le maintient. Il chute chez Société Générale et BPCE, qui avait certes bénéficié d'un événement exceptionnel l'année précédente. Crédit Mutuel et la Banque postale doivent encore dévoiler leurs chiffres.
 
Le secteur souffle un peu. Le durcissement des contraintes réglementaires après la crise de 2008-2009 se stabilise, avec un accord fin 2017 qui clôture un vaste éventail de réformes au niveau mondial, dites Bâle III. Ces réformes ont contraint les banques à de coûteuses opérations de mise en conformité ces dernières années.
 
Surtout, les observateurs entrevoient une remontée prochaine des taux d'intérêt, attendue depuis longtemps par la banque de détail qui a encore souffert de leur bas niveau l'an dernier. Les taux bas compliquent la tâche de faire fructifier les dépôts des clients qui en profitent aussi pour renégocier leurs prêts.
 
Le numérique, « véritable enjeu »
 
« Les banques (...) ont énormément parlé des enjeux réglementaires (et) des taux bas » résumait en début d'année un observateur haut placé du secteur. « Mais il ne faut pas se tromper : le véritable enjeu, c'est le numérique. » Pour les banques, qui préfèrent le terme anglicisé de « digital », c'est une révolution à tous niveaux.
 
Non seulement elles automatisent massivement leurs procédures internes, mais, surtout, elles sont chamboulées par l'arrivée d'acteurs promettant de moindres frais et une plus grande facilité d'utilisation. Parmi les plus remarqués figure Orange Bank, offre lancée fin 2017 par le géant des télécoms, et de multiples start-up financières comme la banque mobile allemande N26.
 
Les investissements numériques sont au cœur des plans stratégiques à l'horizon 2020 annoncés l'an dernier par BNP Paribas, Société Générale et BPCE - Crédit Agricole avait ouvert la marche en 2016. Corollaire systématique : des suppressions de postes et d'agences. Car « les banques françaises vont devoir essayer de répondre à deux objectifs apparemment opposés » : améliorer leur rentabilité tout en payant cher leur transformation numérique, souligne SP.
 
Pour l'heure, la facture est élevée : BNP Paribas, Société Générale et BPCE ont inscrit des centaines de millions d'euros de coûts de restructuration dans leurs comptes.
 
Des attentes paradoxales
 
« Mais les clients n'en perçoivent pas encore les résultats », juge le cabinet Bain & Company dans une étude réalisée auprès de plusieurs milliers de particuliers. En moyenne, les clients n'ont pas tendance à recommander leur banque, à l'exception de Crédit mutuel. L'étude pointe toutefois un élément plus encourageant pour les banques : à part le service de paiement en ligne PayPal, les personnes interrogées n'ont quasiment jamais utilisé une technologie alternative comme N26.
 
Les grands établissements tentent donc d'occuper vite le terrain. Ils disposent presque tous d'une banque en ligne - dont la rentabilité reste généralement hypothétique -, mais tentent aussi d'adapter leurs agences physiques au numérique, par exemple en automatisant le dépôt des chèques pour concentrer les conseillers sur le crédit et l'épargne. Ce subtil équilibre est désigné par un néologisme de plus en plus affectionné par les banquiers : le « phygital ».
 
« On doit gérer des attentes pas forcément toutes intuitives », se justifiait jeudi Laurent Goutard, responsable de la banque de détail chez Société Générale, lors de la présentation d'un dispositif d'ouverture de compte en ligne via une identification faciale. Paradoxe, certains interlocuteurs d'une vingtaine d'années restent attachés à l'idée d'une agence... sans forcément compter s'y rendre eux-mêmes, constate Laurent Goutard.
 
Un chemin sinueux
 
Dans ce contexte mouvant, la route est parfois sinueuse : après avoir beaucoup mis l'accent sur l'acquisition en 2016 de la banque en ligne allemande Fidor, BPCE a finalement renoncé à la lancer pour l'heure en France comme banque de plein exercice, revendiquant une approche « pragmatique ».
 
« Personne ne sait quel sera le point d'arrivée ultime » du tournant numérique, « la seule chose certaine c'est qu'il faut le faire » et ce, de fond en comble, conclut un dirigeant bancaire français
 
Par Julien DURY - www.cbanque.com
 
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mardi 13 février 2018

Les banques traditionnelles peinent à attirer de nouveaux clients

43 % des 11.000 clients interrogés par Bain & Company déconseillent leur chargé de clientèle contre 40 % qui le conseillent. - Damin Meyer/AFP
Selon une étude du cabinet Bain & Company, les banques traditionnelles n'ont quasiment pas fait croître leur base de clientèle depuis 2015. Une bonne partie d'entre elles perdent des clients au profit des banques en ligne.
 
Dans les banques traditionnelles, le voyant du recrutement de nouveaux clients vire au rouge. Globalement,  la répartition des parts de marché entre les poids lourds du secteur (BNP Paribas, Société Générale, LCL, CIC, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne, Banque Populaire et La Banque Postale) reste stable mais leur capacité à attirer des nouveaux clients réguliers s'enraie, révèle une étude du cabinet Bain & Company.
 
Selon cette étude, seules les banques en ligne ont été en mesure de capter des clients en nombre, sur cette période : entre 2015 et 2017, elles affichent un taux de recrutement net moyen de 10,4 %, soit 194.000 nouveaux clients par an.
 
Perception d'un service dégradé
 
Sur la même période, les acteurs traditionnels ont de leur côté vu leur base de clientèle stagner ou évoluer à la marge pour les mieux loties. Certains établissements mutualistes affichent une hausse nette de leur base de clientèle moyenne de 1,1 % sur trois ans, soit 102.000 nouveaux clients par an, quand, à l'autre bout du spectre, certaines banques dites « commerciales » ont vu leurs portefeuilles de clients se contracter de 2,1 %, en moyenne sur trois ans, soit une perte de 85.000 clients par an.
 
En cause ? La concurrence des  offres de compte quasi gratuite de nouveaux acteurs mais aussi la perception de service dégradée qu'ont les clients dans les banques traditionnelles. « Le prix ne fait pas tout, quand la proposition de valeur est perçue par le client, ce dernier est prêt à payer, le succès du compte Nickel l'a démontré. Mais malgré les transformations engagées par les banques traditionnelles en France, les clients ne perçoivent pas encore cette valeur : en 2017 le taux de recommandation de ces établissements (Net Promoteur Score ®) reste très faible, à -5 %, en moyenne », note Ada Di Marzo, associée chez Bain & Company.
 
Le conseiller est déterminant
 
Sur ce volet, les banques mutualistes et surtout  le Crédit Mutuel s'en sortent mieux : la banque se classe troisième établissement le plus recommandé par ses clients, derrière ING Direct puis Boursorama. Sur l'ensemble des moments décisifs pour les clients (ouverture d'un compte, souscription d'un crédit, réclamation) le Crédit Mutuel obtient une note de recommandation supérieure aux autres acteurs traditionnels.
 
« Dans les banques françaises, le conseiller reste souvent au centre du dispositif, sa capacité à satisfaire les besoins des clients est donc très discriminante. Pour beaucoup de clients, la promesse de base qui consiste à obtenir une réponse à leurs e-mails rapidement, à avoir un conseil en cas de difficulté n'est pas remplie », détaille Ada Di Marzo. De fait, 43 % des 11.000 clients interrogés par Bain & Company déconseillent leur chargé de clientèle contre 40 % qui le conseillent. Globalement, la qualité de la relation des clients avec leurs chargés de clientèle est citée comme la principale raison de satisfaction ou d'insatisfaction.
 
Un client sur quatre est prêt à partir
 
L'inertie des clients reste forte : malgré  le lancement d'Orange Bank et l'entrée en vigueur de la loi Macron qui facilite le changement de banque, seuls 4,5 % de clients ont changé de banque au cours de l'année, contre 4,3 % en 2016. Mais ce sont principalement des clients jeunes et aisés : le taux d'attrition atteint un maximum de 7 % pour les 25-34 ans et de 5 % pour les clients dont le revenu annuel est compris entre 60.000 euros et 79.999 euros.
 
Et le mouvement risque de s'accélérer : selon Bain & Company un client sur quatre se dit prêt à changer de banque dans les douze prochains mois. « Le taux d'attrition du secteur bancaire a doublé en trois ans, c'est le signe que le mouvement est structurel. Reste à voir si les nouveaux entrants parviendront à accélérer leur rythme d'acquisition de clients », fait valoir Ada Di Marzo

Sharon Wajsbrot Le 12/02 à 07:30www.lesechos.fr

samedi 10 février 2018

Elus du personnel : vers la parité

Le taux de féminisation des élus du collège « ouvriers et employés » est de 42 % alors que les femmes représentent 44 % du corps électoral. Il n'est que de 28 % dans le collège « ingénieurs et cadres » alors que les femmes représentent un tiers des électeurs. - Michel GAILLARD/REA
Le poids des femmes parmi les élus titulaires aux comités d'entreprise progresse nettement, selon une étude du ministère du Travail. La CGT et FO sont en retard sur les autres syndicats.
 
C'est une bonne nouvelle qu'a annoncé ce vendredi le ministère du Travail en matière de parité. Sa direction de la recherche (Dares) a étudié la féminisation des fonctions d'élu du personnel entre 2001 et 2012, en se focalisant sur les comités d'entreprise et les délégations uniques. En dix ans, la part des femmes y est passée de 32 % à 40 %. Et 40 %, c'est 3 points de moins que la proportion de femmes parmi les salariés appelés à voter quand l'écart était de 8 points en 2001, l'année où la loi Génisson avait commencé à imposer une négociation annuelle sur l'égalité entre hommes et femmes.
 
Un plafond de verre à la CFTC
 
Mais les syndicats doivent se garder de tout triomphalisme. Il reste encore du chemin à parcourir dans les entreprises. Les femmes « sont proportionnellement plus souvent élues dans les PME sur des listes non syndicales dans des instances qui disposent de moyens plus limités », pointe l'étude du ministère du Travail.
 
Et il existe de grandes différences entre les syndicats. Les plus égalitaires sont les petites CFTC et Solidaires. La proportion de femmes y est même un peu plus élevée que dans leur corps électoral. Concernant le syndicat chrétien, il faut cependant mettre un bémol à ce constat en rappelant que lors de son dernier congrès confédéral, les femmes ont manifesté à la tribune pour dénoncer le peu de place qui leur était faite dans la nouvelle équipe dirigeante.
 
La CFDT, qui a frôlé pour la première fois la parité à sa direction en 2014, est celle sur laquelle le ministère du Travail constate une parité stricte, avec près de 42 % de femmes élues par un corps électoral où elles pèsent 42,3 %. L'Unsa est dans le même cas. Même s'ils ont eux aussi progressé, les deux plus mauvais élèves sont Force ouvrière (36,3 % sur un corps électoral féminisé à 41,2 %) et la CGT. La centrale de Philippe Martinez a pourtant installé la parité dans ses organes de direction confédéraux depuis de nombreuses années. Mais elle reste très en retard sur le terrain, avec 32,6 % d'élues quand 41,3 % de ses électeurs sont des électrices.
 
Depuis la loi Rebsamen en 2015, le pourcentage de candidates aux élections professionnelles doit correspondre à la réalité de l'entreprise. Cela « peut se révéler inefficace, voire engendrer des effets contradictoires », avertit la Dares. Parce qu'elle ne porte que sur les candidatures, elle « n'assure pas des résultats réellement représentatifs », d'autant qu'il est toujours possible d'exclure des candidates en biffant leur nom. En outre, la Dares pointe le risque qu'en cas de difficulté à trouver des candidats d'un des deux sexes se multiplient des « candidatures de pure forme » pour éviter l'invalidation de listes.
 
Elle s'interroge enfin sur les conséquences sur la place faite aux candidatures féminines qu'aura la réduction du nombre d'élus à laquelle va conduire la récente  réforme du Code du travail .
 

mercredi 7 février 2018

Météo : a-t-on le droit de ne pas venir travailler à cause de la neige ?

Un homme pousse son scooter à Paris, le 7 février 2018. (ISABELLE WIRTH / AFP)

De fortes chutes de neige ont touché le nord de la France dans la nuit de mardi à mercredi, provoquant de grosses perturbations sur les routes et dans les transports en commun.
 
"Désolé, je ne peux pas, il y a de la neige." Cette phrase risque d'être prononcée par de nombreux salariés aujourd'hui. Depuis mardi 6 février, le nord de la France est en effet touché par de fortes chutes de neige, qui ont paralysé de nombreux transports en commun et voies de circulation, avec en point d'orgue une immense pagaille en Ile-de-France. 
 
>> Météo : neige, verglas, pagaille dans les transports... Suivez la situation dans notre direct
 
De quoi empêcher les salariés de se rendre sur leur lieu de travail ou même d'exercer leur activité. Mais cette absence peut-elle être justifiée par la météo ?

Est-ce légal ?
 
Tout à fait. "L'absence ou le retard du salarié en cas d'intempéries (tempêtes, fortes chutes de neige...) n'est pas une faute s'il lui est impossible de se rendre au travail", précise le site officiel de l'administration française. Si ces conditions sont réunies, pas de sanction en cas de retard ou d'absence, par exemple si les routes sont impraticables et les transports en commun bloqués.
 
Comment justifier son absence ?
 
Une condition toutefois : prévenir son employeur. "En cas d’absence ou de retard, le salarié doit informer son employeur, c’est une obligation", prévient dans Le Parisien Me Eric Rocheblave, spécialiste du droit du travail. "Une absence injustifiée expose à des sanctions disciplinaires" et à une retenue sur salaire, pointe l'avocat, qui conseille de "rassembler les éléments qui prouvent" l’existence d’un "état de force majeure". Par exemple, "un selfie avec sa voiture bloquée par des congères, des coupures de presse, dans le cas où le phénomène météo est hyperlocalisé". Si l’employeur met en doute la légitimité de l’absence, ces preuves accumulées peuvent être versées au dossier.
 
Quelles conséquences sur le salaire ?
 
L'employeur n'est pas obligé de payer les journées d'absence de ses employés, sauf si la convention collective le prévoit, rappelle BFMTV. Ces journées seront donc retenues sur la rémunération du salarié, mais également sur ses potentielles primes et tickets restaurant. Il est toutefois possible de limiter les dégâts sur la fiche de paie si l'employeur propose des alternatives comme récupérer ses heures d'absence, prendre des congés payés ou des RTT, ou recourir au télétravail. 
 
Dernière possibilité, exercer son droit de retrait, comme le prévoit l’article 4131-1 du Code du travail en cas de danger grave et imminent lors d'un déplacement professionnel. L'employeur est alors tenu de rémunérer son salarié. "S’il estime qu’il est dangereux de prendre l’autoroute verglacée, le salarié peut exercer son droit de retrait, il peut également refuser un déplacement professionnel", détaille Me Eric Rocheblave. Il précise qu'il suffit de passer un coup de téléphone ou d'envoyer un mail à son patron.
 
Par francetvinfoFrance Télévisions MAJ le – publié le

lundi 5 février 2018

Digitalisation : l'écart va-t-il se creuser entre les banques 100% mobiles banques en ligne et acteurs traditionnels ?

L'arrivée des néo-banques, comme N26, C-Zam ou plus récemment Orange Bank, a eu pour effet de pousser les établissements traditionnels à créer des offres pour les smartphones. Toutefois, la différence entre les services proposés demeure importante.


Ne pas rater le train de la digitalisation
 
Depuis plusieurs années, le développement des néo-banques, qui proposent des services uniquement accessibles sur smartphone, a incité les acteurs plus traditionnels à développer leurs propres outils digitaux. Une étude sur les nouveaux standards de la banque mobile menée par D-Rating, une agence spécialisée dans la performance digitale, a notamment pointé que l’arrivée en novembre dernier sur le marché d'Orange Bank, la filiale bancaire de l’opérateur télécom, a accéléré la digitalisation du secteur.
 
Ainsi, entre le 19 septembre et le 10 novembre 2017, Arkéa, Crédit Mutuel, Crédit Agricole et le CIC ont annoncé le lancement de fonctionnalités inspirées de ce que proposent les nouveaux venus dans le secteur, note D-Rating. Une tendance qui ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. « Tous les indicateurs laissent penser que, d’ici à 2020, la banque mobile deviendra le principal média d’interaction des Français avec leurs banques avant les services bancaires en ligne et le conseil dans les agences », pointe l’étude réalisée auprès de 21 banques, dont 12 traditionnelles, six en ligne et trois néo-banques (N26, C-Zam, Compte Nickel).
 
Services bancaires en ligne : des actions simples
 
Pour le moment, les applications mobiles sont sollicitées pour des démarches relativement simples : vérification de l’état de ses comptes (93%), virement d’un compte à un autre (58%) ou encore virement vers un compte extérieur (30%). Aujourd’hui, l’ensemble de ces services sont proposés par la majorité des acteurs du secteur.
 
Ce qui n’est pas le cas pour des procédures plus complexes comme l’ouverture d’un compte bancaire en ligne. D’après D-Ranting, seules cinq banques la proposent via une application mobile : Crédit Agricole, Hello Bank ! (BNP-Paribas), Monabanq (Crédit Mutuel), N26 et C-Zam (Carrefour). Un résultat faible qui s’explique par le nombre important d’actions à digitaliser : saisie des données personnelles, photo, e-signature, téléchargement de documents.
 
Peu de services complémentaires pour les services bancaires à distance
 
Si les acteurs traditionnels cherchent à ne pas accumuler trop de retard dans la digitalisation, ils restent distancés en matière de nouveaux services comme le transfert d’argent par SMS, seulement mis en place par Compte Nickel (BNP-Paribas), Hello Bank !, N26 et la Société Générale.
 
Autre exemple : la majorité des néo-banques et quelques banques en ligne offrent la possibilité de désactiver temporairement sa carte de paiement via son smartphone au lieu de faire opposition. Une option qui permet de ne pas avoir à renouveler sa carte si vous la retrouvez. Des services qui sont loin d’être négligeables et qui pourraient inciter de plus en plus les clients à se tourner vers les nouveaux acteurs.
 
Rédigé par Stéphane Lormeau  Editeur d'actualités et d'expertises de la banque en ligne
Publié le

Les banques françaises occupent une place importante sur le net

La présence sur internet pour les banques est incontournable pour communiquer comme pour délivrer offres, produits et services. Instantanéité, mobilité, autonomie : l'ère du digital chamboule tout. Quelles sont leurs performances en termes de trafic et d'image ? L'étude BrandWatch nous en dit plus.


La Banque Postale, leader des banques françaises sur internet en 2017
 
Pour décortiquer la place tenue par les banques françaises sur la toile, le leader mondial en social intelligence, Brandwatch, et l’expert en marketing digital, SEMrush, ont croisé plusieurs critères : le trafic organique et payant (popularité), le volume de recherche (intérêt), le nombre de mentions positives ou négatives (réputation) et la présence sur les réseaux sociaux (engagement). Les instigateurs de cette étude ont ajouté deux autres facteurs : la sécurité du site web et la présence à l’international. Les seize établissements retenus se répartissent en deux catégories : les banques classiques de réseau et les banques en ligne.
 
En termes de trafic, l’année 2017 couronne La Banque Postale avec 15,4 millions de visiteurs, qui devance la Caisse d’Épargne (11,3 millions de visiteurs) et la Société Générale (8,5 millions de visiteurs). Mais les deux établissements qui ont vu leur trafic exploser sur une année sont le Crédit Mutuel (+18%) et la Banque Populaire (+17%), respectivement 4e et 5e du classement. Chez les banques en ligne, les chiffres sont moins élevés mais un trio se détache : ING Direct (631 000 visiteurs), Boursorama Banque (497 000 visiteurs) et Fortuneo (370 000 visiteurs). Ajoutons une mention spéciale pour BforBank, qui voit bondir son affluence de 65 % en un an, et pour Orange Bank, lancée en novembre 2017, qui a attiré en un mois 20 700 visiteurs.
 
Boursorama la plus recherchée, Fortuneo la plus mentionnée
 
Si on s’intéresse uniquement aux scores des banques en ligne, le volume de recherche le plus dynamique est à mettre à l’actif de Boursorama. La filiale de la Société Générale écrase ce classement avec 3 millions de recherches effectuées par les internautes (contre 4,5 millions pour Banque Populaire). Les requêtes portent en premier lieu sur l’assurance, une thématique qui n’apparaît pas dans le TOP 5 des mots clés ciblés dans les campagnes de référencement payantes AdWords. Ces portes d'entrée sont plutôt axées sur des requêtes comme « offre spéciale » (critère d'attractivité), « crédit/prêt immobilier » (critère de produits) ou « meilleure banque en ligne » (critère de comparaison). ING Direct arrive en deuxième position avec 800 000 recherches et une requête clé « carte ». Fortuneo complète le podium avec 361 000 recherches et une requête clé « compte ».
 
Leviers majeurs d'un point de vue marketing et de communication, les réseaux sociaux montrent que Fortuneo est la plus mentionnée entre septembre et novembre 2017. Toutefois, l’analyse de mots clés en lien avec cette banque en ligne révèle l'impact de son activité de sponsoring dans le « cyclisme », l’item de « banque en ligne » arrivant en deuxième place. L’étude montre également la présence d’un concurrent dans ce nuage de mots clés : BforBank. Notez qu'en un mois Orange Bank se hisse en troisième place des banques en ligne les plus citées, portée par le buzz de son lancement. En revanche, sur le critère de la sécurisation du site, seule monabanq est en tête (92 %), reléguant loin derrière ses poursuivantes Boursorama Banque (19 %) et Orange Bank (18 %).
 
Article rédigé par Olivier B. Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr
 
Publié le

vendredi 2 février 2018

BPCE se lancera crescendo dans la banque mobile

Conférence de presse de Francois Perol, PDG du groupe BPCE, pour annoncer le lancement de son plan stratégique pour la période 2018-2020 baptise 'TEC 2020'. - Photo SIPA
A l'occasion du Paris Fintech Forum, le patron du groupe BPCE, François Pérol, a indiqué que sa banque mobile Fidor ne sera pas, dans un premier temps, une banque de plein exercice dans l'Hexagone.
 
L'ouverture du marché bancaire souhaitée par Bruxelles ne facilite pas seulement la vie des start-up bien décidée à concurrencer les acteurs traditionnels. Ce mercredi, à l'occasion du « Paris Fintech Forum », le président du directoire du groupe BPCE, François Pérol, a fait savoir que la version française de la banque mobile allemande Fidor - récemment rachetée par le groupe mutualiste - n'opérerait pas sous un statut d'établissement de crédit dans l'Hexagone.
 
« Dans un premier temps, Fidor ne sera pas une banque en France, nous allons développer un modèle d'entreprise qui proposera des services basés sur la DSP2 », a indiqué François Pérol. Autrement dit, il envisage d'opérer sous l'ombrelle réglementaire de la nouvelle directive de paiement européenne (DSP2). Introduite en début d'année, celle-ci permet à des acteurs non bancaires d'adopter un statut intermédiaire pour proposer des services dits d'« information sur les comptes » et/ou d'« initiation de paiement » aux clients des banques.
 
 Orange Bank revendique 50.000 comptes ouverts

 « La communauté Fidor est en test depuis plusieurs mois en France et il est apparu que l'on n'a pas besoin d'être une banque de plein exercice pour répondre aux demandes des clients », détaille le groupe BPCE qui prévoit d'ouvrir tout prochainement l'accès à la communauté Fidor en France. Pour BPCE, il s'agit aussi d'éviter de perdre un temps précieux avant d'entrer sur le marché de la banque mobile.
 
Il faut dire que le marché bouillonne : en 2017, plusieurs acteurs ont déjà commencé à prendre leurs marques. Ce mercredi Stéphane Richard a ainsi annoncé qu'Orange Bank avait ouvert plus de 50.000 comptes entre novembre et fin décembre 2017... D'autres concurrents se placent aussi dans les starting-blocks : la fintech britannique Starling Bank a indiqué en début de semaine son ambition de lancer ses services en France cette année. Début février, la filiale de Travelex, Ditto doit encore lancer une offre de compte bancaire multidevises sur abonnement.

 
Sharon Wajsbrot Le 31/01 à 18:44 - www.lesechos.fr/