jeudi 30 novembre 2017

BPCE pousse les feux dans le numérique

Dans sa nouvelle feuille de route baptisée « TECH 2020 », BPCE a fait du numérique sa priorité.
AFP PHOTO/ERIC PIERMONT - AFP
Le groupe mutualiste va investir 600 millions d'euros par an dans le digital d'ici à 2020, pour combler l'écart avec les fintechs. Il veut lancer sa banque mobile, Fidor, en 2018, en France.
 
« Le digital bouleverse nos modes de production et de distribution. C'est une révolution industrielle et c'est la grande affaire du secteur bancaire pour de nombreuses années encore. » Ce mercredi, François Pérol, le président du directoire du groupe BPCE, a pris soin de planter le décor avant d'expliquer comment la banque mutualiste qu'il pilote veut combler l'écart avec  les « pure players » du numérique d'ici à 2020. Car dans sa nouvelle feuille de route baptisée « TEC 2020 », BPCE a fait de ce chantier sa priorité.
 
Son plan de bataille se traduit d'abord par de nouveaux investissements : « Nous allons redéployer notre budget informatique pour en allouer au moins la moitié à des investissements. Ces derniers concerneront des projets numériques qui représenteront à la fin du plan 600 millions d'euros par an », précise François Pérol. L'objectif ? Doter les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne d'outils capables de rivaliser avec ceux des fintechs, du crédit immobilier en ligne en passant par des systèmes d'analyse des données des clients pour optimiser les systèmes de notation de crédit ou personnaliser des offres commerciales.
 
Ces outils devront aider les deux réseaux de BPCE à avoir plus d'interactions à distance avec leurs clients tout en continuant de doper leur fonds de commerce : d'ici à 2020, BPCE espère convaincre 90 % des clients de ses banques régionales d'utiliser régulièrement l'application ou le site de leur banque. En parallèle, le groupe veut que 630.000 personnes la choisissent comme banque principale. Au total, BPCE vise un produit net bancaire de plus de 25 milliards d'euros en 2020. Pour capter aussi les clients les plus numériques, BPCE va lancer sa banque mobile, Fidor, en France, en 2018. Acquise par le groupe à l'été 2016, cette fintech travaille actuellement à constituer  une communauté d'adeptes français autour de son réseau social actuellement en test.
 
Mais BPCE veut aussi faire évoluer ses méthodes de production : nous voulons mettre l'accent sur « des plates-formes communes pour la gestion de produits financiers pour l'ensemble de nos marques », a indiqué François Pérol. Les crédits immobiliers des Caisses d'Epargne, Banque Populaires et du Crédit Foncier vont ainsi être gérés sur une même plate-forme et les synergies entre les marques du groupe renforcées pour atteindre 750 millions d'euros en trois ans.
 
Enfin, pour gagner en efficacité, BPCE mise sur  son plan d'économies de coûts déjà présenté en février dernier : 1 milliard d'euros doivent être économisés d'ici à 2020 avec la fermeture d'un peu plus de 400 points de vente et la suppression de 4.000 postes. Pas encore à mi-chemin, François Pérol veut s'en ternir à ce plan de marche : « 950 postes ont été supprimés cette année et 160 agences fermées, c'est conforme à nos prévisions, il n'y a pas de raison de faire évoluer cette orientation ». Dans le groupe, le cap est mis sur la formation car, si 850 recrutements sont prévus dans les métiers du numérique, BPCE devra aussi spécialiser ses salariés dont la fonction disparaîtra.
 
Sharon Wajsbrot Le 29/11 à 17:57   - www.lesechos.fr

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